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Les pays du 
Maghreb appartiennent aux mêmes origines, à la même civilisation et ont connu un processus culturel similaire. Plusieurs variantes de leur patrimoine artistique commun sont issues de la même source, celle que l'on désigne communément par musique arabo-andalouse. Ainsi le Malouf est répandu en Tunisie, le Gharnati est enraciné principalement en Algérie, alors que la musique dite « al-âla » ou globalement andalouse est accolée exclusivement au Maroc. En effet, l'association de la musique andalouse au Maroc émane d'une vérité historique incontestable, découlant de sa situation au nord-ouest du continent africain, et de sa proximité du pays andalou. Par conséquent, notre pays était naturellement enclin de voir sa musique étroitement influencée par l'apport artistique de la masse des Andalous qui y avaient pris refuge. Au fil des temps, la culture andalouse de ses différentes composantes s'était propagée par le biais de la tradition orale et s'était implantée particulièrement dans les principales villes historiques comme TétouanFès, pendant que les villes de Rabat et Oujda avaient adopté un genre spécial du répertoire andalou célèbre en Algérie, à Tlemcen et Alger, et qu'on avait convenu de qualifier de Gharnati. Les musiques andalouse et gharnatie sont enseignées dans chaque complexe culturel ou établissement scolaire dans les principales villes israéliennes. Les artistes juifs n'ont pas seulement apporté leur contribution à la culture populaire au niveau de l'interprétation musicale. Au cours des siècles ils ont composé de nombreuses chansons en darija comme ya biadi ana.

Dans son ouvrage " les Juifs d'Andalousie et du Maghreb " concernant les traditions musicales dans les sociétés judéo-maghrébines, Haïm Zafani écrit : " Au Maghreb et plus particulièrement au Maroc, les populations musulmanes et juives ont pieusement conservé la musique hispano-arabe.....En Espagne comme au Maroc, les juifs ont été les ardents mainteneurs de la musique andalouse et les gardiens zélés de ses vielles traditions....". Au sujet du Maroc, dans ce même ouvrage, l'auteur précise avoir réussi à mettre la main sur une copie du répertoire des musiques andalouses écrit en 1786 par le tétouanais Al Hayk qui circulait en milieu musulman fermé et que les initiés juifs (de Meknès, Mogador-Essaouira, Mazagan-El Jadida....) recopiaient parcimonieusement. Il dit également avoir réussi à mettre la main sur un rarissime répertoire de chansons maures de Grenade et de Cordoue imprimé en 1886-1887.

Les musiques judéo-maghrébine sont souvent des dérivés populaires de la nouba, commencent souvent de la même façon : en longues vocalises à la nostalgie poignante sur fond de très légères cordes et percussions. Puis le tout s'emballe en une formidable d'arabesques ornementées aux voix de miel. Parmi les voix que j'ai retenu citons Mouzino, cheikh ZouzouBlond Blond, Sami el Maghribi, Salim Hallali, Raoul Jouno parmi les hommes. Leïla Sfez, Habbiba Msika, Louisa Tounsia, Saliha, parmi les femmes. La musique judéo-andalouse a non seulement enrichi le judaïsme marocain dans sa particularité, mais a également contribué à l'essor des valeurs substantielles de la culture marocaine. Ceci est visiblement présent au coeur de la musique andalouse dans toute l'étendue de son répertoire.

 vanessa paloma

Vanessa Paloma


Les emprunts des juifs du Maghreb sur la musique andalouse et sur la qasida ?

Les styles musicaux des communautés arabes, musulmanes et juives apparaissent comme très colorés et s'influencent mutuellement prouvant l'harmonie de leur cohabitation et une cohésion sociale. Les chanteurs judéo-maghrébins auront été les acteurs-témoins d'une musique partagée depuis des siècles avec leurs «compatriotes» musulmans, cultivant ensemble les fleurs de la rhétorique qui tirent leur essence et leur fragrance des temps bénis de l'Andalousie, qui fut sans conteste le carrefour d'un bouillonnement culturel méditerranéen où juifschrétiens et musulmans se respectaient et fraternisaient. Parmi les belles voix du Maghreb, retenons : parmi ces hommes : Mouzinocheikh ZouzouBlond BlondSami El MaghribiSalim HallaliRaoul JounoCheikh Mwijo parmi les hommes et parmi les voix féminines Leïla SfezHabbiba MsikaSaliha,...La musique maroco-andalouse, a dépassé les frontières du Maroc et du Maghreb pour s'implanter dans d'autres horizons grâce notamment à la mobilité de la communauté juive marocaine immigrée et à son attachement farouche à sa culture malgré tous les effets apparents des contraintes de l'immigration avec notamment la création de l'Orchestre Andalou d'Israël fondé par Avi Eilam Amzalag.

Bien souvent dans les orchestres se retrouvaient côte à côte musiciens et chanteurs musulmans et juifs. Seules les paroles des chants permettaient de différencier les origines des structures musicales distincte. Les musiques dites judéo-arabes sont des dérivés populaires de la nouba andalouse et offrent à l'écoute les mêmes similitudes. Elles préludent de la même façon : longues vocalises qui expriment le sentiment de la nostalgie sur un fond instrumental à cordes pincées ou frottées et percussions. Puis, le miracle ! Le tout s'emballe en une formidable suite instrumentale composant arabesques ornementaux aux voix de velours de ces chanteurs.

Les juifs maghrébins qui ont excellé et innové dans le domaine se distinguent par l'assiduité, l'esprit d'opiniâtreté et d'investigation profonde. Ils ont sauvegardé, restauré et enrichi cet art et l'ont propagé au-delà de son aire le Rabbin David Bou Zaglou, le Rabbin David Ben Barukh connu sous le nom de David Iflah, David Kaïm El Fassi, Josèph Banon, Melloul, Haroun El Mesfioui, sont considérés comme les pionniers en matière d'art andalou. La musique gharnati qui constitue à côté de la musique andalouse l'un des piliers du patrimoine musical classique du Maroc a connu une grande participation des juifs qui l'ont enrichie. On trouve à leur tête Youssef Eni Bel Kherraia, Madame Marie Soussan, Lebradi dite Sassi, Fifiné, Edmond Yafil dit chbab, Reinette l'Oranaise

Répertoires

La musique judéo-arabo-andalouse a non seulement enrichi le judaïsme marocain dans sa particularité, mais a également contribué à l'essor des valeurs substantielles de la culture marocaine. Ceci est visiblement présent au coeur de la musique arabo-andalouse dans toute l'étendue de son répertoire. Pour cela, le Festival de musique judéo-andalouse a été créé à Casablanca en 2008, cet événement a bel et bien témoigné de la richesse de cette musique.

Quelques titres dans des styles musicaux différents

  • Hawzi : Youm El Khemis - Ya Taleb- Ya Dew Aâyani - Nar Houakoum Lahhab - A Bouya Kirani - Ya El Wahed Kheleq Laâbad Soultani - Mal Hbibi Malou - Tkhil Hasbek Ya Weld Ettir…
  • Malhoun : El Kawi - Tal Tihanek – Erraâd- Sir Ya Naker Lahsene – Saâdet El Qalb El Hani- Erfaq Ya Melki B’aâbdek…
  • Chansonnettes (compositions) : Omri ma nensak ya mama- Qaftanek Mahloul Ya Lalla- Khayef Lechmissa Techreq Aâlina- Khallini Maâk- Aâla Ouhida- Loukane Lemlayen- Ya Rabbi Sahha w’Oumr Touil- La Zine Illa Zine Lefaâl- Essaâ Li N’ta Fiha- Ma Tebkich Yel Ghrib…
  • Sanaâ : Nouba Ghrib, Nouba Hsine...

L'époque du Coq d'Or

Les piyoutim des juifs marocains

Les piyoutim des juifs marocains font généralement un choix libre et varié de la musique arabo-andalouse, de manière à obtenir une suite bien ordonnées obéissant au principe de l'accélération progressive empruntées par des rabbins séfarades qui ont composé des textes expliquant chacun un verset de la Torah. On les chante dans les cérémonies religieuses tout comme les psaumes du Roi David. Andalouses aussi, et reprenant parfois les mêmes mélodies, sont les Samaâ-s (les poètes juifs écrivant en langue hébraïque prenaient souvent leurs modèles dans la poésie arabe dont ils adoptaient le mode de penser; aussi le chant juif était-il très proche du chant arabe et du courant philosophique de l'Islam. Les deux communautés écoutaient avec le même engouement les noubas qu'elles avaient emportées en quittant leur première patrie: l'Andalousie. Elles appréciaient de même les oeuvres de leur culture nouvelle en arabe dialectal, langue parlée couramment dans les deux communautés qui ont produit un malhoun riche et varié. (source)

En mai 2003, Sami El Maghribi fêtait sur scène ses 60 ans de carrière. Une carrière riche, exceptionnelle et remarquable.

Émile Zrihan

Séfarade et Marocain, immigré en IsraëlÉmile Zrihan s'est surtout fait connaître d'un large public comme chanteur vedette au sein de l'orchestre andalou d'Israël. Méconnu en France, il possède pourtant toutes les qualités de séduction pour l'amateur de musique de variété orientale. Fin connaisseur de musique arabo-andalouse et l'art du mawwâl (avec son splendide Ma Yafou Dadaich) qui fut son école comme pour beaucoup d'artistes juifs a été pour lui un vecteur de tolérance.

Jo Amar, chanteur marocain en Israël

 

Contributions

Zohra El-Fassiya

La musique judéo-maghrébine, vestiges d'une autre époque

Zohra El-Fassiya, la pionnière du malhoun

Connue sous son pseudonyme Zohra El-Fassiya (née en 1905 à Sefrou près de Fès - décédée en 1994 à Ashkelon), elle fut l'une des figures emblématiques et pionnière du malhoun, un genre musical authentique marocain. Elle a débuté sa carriére artistique en chantant du malhoun marocain dans les années 20. Dans les années 60 elle habitait à Casablanca précisément à la rue Sarah Bernard où de nombreux témoins entendaient la voix de Zohra el Fassia dans tout le quartier. Aprés avoir remporté un grand succés, elle quitte son pays natal du Maroc pour aller s'instaler à Ashkelon jusqu'à sa mort en 1994.

Cheikh Raymond Leyris

Cheikh Raymond Leyris (27 juillet 1912 - 22 juin 1961 à Constantine) fut un musicien et chanteur algérien de confession juive de musique arabo-andalouse. On ne sait pas grand choses de lui, et ce qu'à travers son genre Enrico Macias qui vante que ses interprétations du hawzi et malouf auraient été appréciées dans son pays pendant l'époque coloniale. Ils subsiste quelques enregistrements pas très convaincants.

Chanson judéo-arabe : Cuando el rey Nimrod (Avram Avinu)


Voir aussi

Tag(s) : #Musique arabo-andalouse