Raoul Journo, (né le 18 janvier 1911, à Tunis - décédé le 22 novembre 2001 à Paris) est un chanteur tunisien et compositeur de musique arabo-andalouse.
Biographie et
évolution musicale
De confession juive,
Journo est surtout connu pour ses talils, des compliments et vœux adressés aux invités lors des fêtes familiales (mariage, Bar Mitsvah, circoncision, pèlerinage, etc.), à tel point qu'aujourd'hui encore, ses textes
et musiques sont repris entièrement par les orchestres lors de ce type de soirées.
Il commença à chanter en 1936, au lendemain de
l'avènement du Front populaire. Lors de sa première audition à Radio Tunis, il interpréta « Ya ness
amalte » de Acher Mizzrahi.
Après son départ pour la France en 1965, il retournera en Tunisie à plusieurs
reprises.
Journo a marqué la culture juive aussi bien en Tunisie, qu'en Israël ou en France où les airs de ses chansons sont, avec ceux de Farid El Atrache, parmi les plus utilisés pour les prières
liturgiques juives.
Il sortit au cours des dernières années sa célèbre chanson Sallamet fik ana ya bladi dans laquelle il rend hommage à la Tunisie en chantant son amour pour le pays. La chanson a été
appaludie par tous pour son esprit nostalgique et sa beauté artistique.
En avril 1986, Journo se produisit à Tel-Aviv, devant plus de cinq cents personnes, à l'occasion de l'ouverture de l'exposition « Carthage à Jérusalem », organisée au musée
de la Diaspora, en présence du Premier ministre israélien de l'époque, monsieur Shimon Pérès.
Jack Lang, ministre français de la Culture, l'avait consacré chevalier des Arts et des Lettres, bien après que le président Habib Bourguiba lui eut décerné la plus haute distinction
tunisienne.
À sa mort, Raoul Journo est inhumé à Jérusalem.
Les chanteurs judéo-maghrébins auront été acteurs-témoins d’une musique partagée depuis des siècles avec leurs compatriotes musulmans, cultivant des fleurs de rhétorique qui tirent leur
essence et leur fragrance des temps bénis de l’Andalousie. [1]
Bibliographie
↑ Ayant quitté le Maghreb après les indépendances, les Juifs ont poursuivi leur pratique
musicale en France, majoritairement pour un public communautaire, jusqu’à ce que l’explosion des sons orientaux des années 1990 leur permette d’accéder à une plus large audience, avec
notamment le lancement de la collection Trésors de la chanson judéo-arabe.
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