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Raymond Leyris

Raymond Leyris



Cheikh Raymond Leyris (27 juillet 1912 - 22 juin 1961 à Constantine) fut un musicien et chanteur algérien de confession juive de musique arabo-andalouse.

Ses interprétations du hawzi étaient appréciées dans son pays pendant l'époque coloniale. Sa fin fut tragique. Il s'est surtout fait connaître à travers le chanteur Enrico Macias. 

Au XXe siècle, des Arabes, des Juifs et des Kabyles portent haut ce genre musical qu'on appelle le Malouf : Mohamed Sfindja de l'école d'Alger, le chef d'orchestre Abderrezzak FakhardjiMahieddine Bachtarzi, ...Le malouf est la musique arabo-andalouse (Séville) de Tunisie. mais on parle également de malouf pour désigner la musique arabo-andalouse de Constantine et de Libye.

Les juifs ont contribué à cette musique à l'image de Cheikh Raymond de Constantine qui était pour eux l'équivalent de  Cheikh Larbi Ben Sari.
Cette tradition permet aussi à des femmes comme Cheikha Yamna, une diva du hawzi, Reinette dite l'Oranaise, Fadela Dziria ou Meriem Fekkaï de s'illustrer dans cet art musical. Ces femmes animaient les soirées algéroises et les fêtes juives et musulmanes de jadis en chantant l'espoir, l'amour et les beautés de la nature.


 

Biographie et évolution musicale

Initié dans les fondouks, désignant ces sociétés secrètes transmettant le patrimoine de la musique arabo-andalouse, Raymond Leyris, né d'une mère chrétienne d'origine bretonne et d'un père juif issus de la bourgeoisie. Il fut adopté par une famille juive de Constantine.

Il est initié à la musique notamment par  le Cheikh Ahmed Bestandji l’un des monuments du malouf constantinois et se diversifie vers d'autres registres musicaux dérivé de cette musique et se fait reconnaître pour sa capacité à diriger un orchestre. à l'âge de 23 ans (1935).

Dans son orchestre, le futur Enrico Macias (son père était violoniste dans l’orchestre, notons également que ce "chanteur légendaire" n’a jamais achevé son istikhbar comme lui avait enseigné le regretté cheikh  Abdelkrim Bestandji pour apprendre le repertoire Malouf) fait ses débuts et épouse sa fille Suzy (décédée en 2008 : le couple s'était unis en 1962 et de leur amour étaient nés Jean-Claude et Jocya et étaient grands-parents de 4 petits-enfants.). Il a également un fils Jacques Leyris).

Bercé par une musique aux confins de la musique savante et de la musique populaire, le chantre s'éveille au mysticisme et à la poésie. Très vite il maïtrise le  oud arbi (luth arabe) et devient un chanteur aux multiples nuances.

Ses capacités vocales  et sa virtuosité instrumentale, lui attirent, dès son vivant, une reconnaissance de ses contemporains juifs ou musulmans. Le maître Cheikh Raymond est né !  Peu le connaissaient, sa popularité rapportée pendant des années par Enrico Macias dans les médias et des juifs algériens assez vantards qui vont jusqu'à dire que lorsqu'il chantait à la télévision ou à la radio, ...les rues de la ville se vidaient....

Une mort tragique qui suscite encore des débats controversés

Cheikh Raymond est assassiné, à l'âge de 48 ans le 22 juin 1961 par une balle de MAB 7,65,  alors qu'il se rendait au Palais de justice de Constantine sur la Place Négrier au milieu du marché juif qui était organisé à l'époque.

Cet évènement tragique s'inscrit dans un climat politique hostile aussi bien pour les musulmans, les français et les juifs contraints à fuir le Pays. Les juifs s'organisent et quittent Constantine pour s'exiler dans le nouvel état sioniste. Nombreux, rejoignent également la métropole française.

La disparition de Raymond Leyris suscite toujours aujourd'hui une vive polémique et des débats aussi bien en France, qu' en Algérie ou  dans le monde arabe. Aucune avancée en l'état permet de dire qu'il s'agit d'un assassinat commandité ou d'un acte isolé d'un fou. Tout témoignage est le bienvenu en zone de commentaires pour éclaircir sa mort.

Quelques éléments de réflexion

Les français avaient adopté le Code de l'indigénat le 28 juin 1881 : ce code distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, dont les Algériens, etc. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques. Les colons français parvinrent à faire perdurer un état discriminatoire en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962). L’Allemagne a reconnu sa responsabilité dans la Shoah et, tout comme la France a reconnu la sienne dans les arrestations et les déportions de juifs français durant le second conflit mondial, elle doit reconnaître ses crimes de guerre perpétrés par son armée durant la guerre d’Algérie et une colonisation dévastatrice durant 132 ans.  

Les Juifs Algériens ont aussi à cette époque été fermement pris en mains par le sionisme. Et l'évolution neutraliste de la communauté était aussi dictée par les impératifs du sionisme : ce dernier était en effet à la fois l'allié de la France qui était à l'époque un de ses premiers soutiens mais avait aussi intérêt à récupérer les Juifs d'Algérie pour peupler la Palestine. La prise en main des juifs Algériens par le sionisme est évoquée par cet article d'un quotidien sioniste qui parle de l'organisation de milices juives par le Mossad en 1956.

 

Discographie

Cheïk Raymond Leyris, Concert public de malouf à l'Université Populaire de Constantine  - 3 volumes (1954) :

1 Istikhbar Iraq -2 Qadriat’ghazali hâfi (J’ai tant couru derrière ma gazelle) -3 hawzi mal hbibi malouh (Qu’a-t-elle donc à bouder?) La nouba maya - Essbouhi (La nouba du matin) - 4 Les m’cedder: Layali sûrour (Mes nuits joyeuses) - 5 Ya nadim entabih (Ô compagnon, écoute la bonne nouvelle) - 6 Darj: Nour essabah (L’éclat du matin) -7 Insraf: Ya saki waski habibi (Ô échanson, sers ma bien-aimée) - 8 Khlaçat’(Finals): Kam wa kam (Ô combien tu m’emprisonnes dans l’amour - 9 Allah yehenik (Que Dieu te donne le bonheur !) - 10 Qadriat - Bkaw aala khir (Les adieux)

 

Intervenants
Raymond Leyris (voix), Oud, Sylvain Ghrenassia Alto, Gaston Ghrenassia, Guitare, Abdelhmid Benkartoussa Flûte, Nathan Bentaris Darbouka, Haïm Benlala Târ, Larbi Belamri Nahrat, Abdelhak Benabes Nahrat'.

 

Autres chansons connues

Nor el Ma Hiba (les feux de l'amour).  (1950)

Chanson du Salah Bey.  (1955)

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Voir aussi

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