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Lila dans le contexte de la musique des gnawa

Lila dans le contexte de la musique des gnawa

 

Les styles de musique surgissent du plus profond de nos êtres, là où le legs ancestral de l'expression collective se mélange aux effluves de l'expérience individuelle et de sa perception environnementale externe résonnante sur les cordes sensibles de notre entité interne. En cette matière, la musique nord-africaine constitue un échantillonnage culturel très riche, ayant survécu à la colonisation et à l'appauvrissement en se ressourçant, paradoxalement, dans la force réactionnaire des opprimés. (source : " L'Hâl " ou La transe cabalistique du phénomène " El ghiwan " par Khalid Benslimane). Les Gnawa offrent les pulsions d’une musique ancestrale savamment tintée d’accents africains. 


Lila (ou derdeba): littéralement "nuit", désigne une cérémonie des gnaouas au cours de laquelle sont appelée les esprits qui ont chacun leur couleurs, leur rythmes et leurs chants. Le rituel qui est déployé ressemble étrangement aux rituels animistes d'Afrique noire, que la traite a disséminés de Cuba au Brésil, de Haïti à Harlem.

La lila débute à la tombée de la nuit et se déroule selon des rites thérapeutiques bien précis « ces rites sont des cérémonies religieuses aux cours desquelles les adeptes se trouvent en état de transe. Il incarnent une ou des entités surnaturelles » écrit Abdelhafid Chlyeh dans l'univers des gnaouas.

Le rituel de transe est une cérémonie domestique nocturne appelé lila. Le terme de lîla est commun à différents groupes confrériques maghrébins (tels que les Gnawa, les Hamadcha ou les Jîlala).

La Lila commence d'abord par le rythme des qraqebs et des tambours, ensuite place aux notes du guembri accompagnés des chants, enchaîné par des danses de transe et de possession jusqu'à l'aube.

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Bnat gnawa

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http://www.natureculture.org/wiki/images/8/82/Lapassade.jpg

Impressionné par cette musique véritable moyen d' expression de gens deshérités, opprimés, exclus, Georges Lapassade s’intéresse d'abord à la musique, qu’il veut transporter partout. Mais très vite, il se rend compte que cette musique débouche sur des états de transe, qu'il met immédiatement en correspondance avec les pratiques de groupe. Il se penche plus particulièrement sur les phénomènes de la transe. Il s'intéressait, enquêtait et écrivait sur la culture marocaine dans toute sa diversité. Les rituels des confréries (Hamadcha, Aissawa, Gnawa, Ganga, Regraga...), les musiques profanes ou religieuses (amerg, awach, rzoun, aita, malhoun...), les fêtes locales (achoura, daour des Regraga et autres moussems, notamment chez les Izinghen…)

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Bibliographie en Français

  • Bennani Jalil, La psychanalyse au pays des Saints, Casablanca, Ed.Le Fennec, 1996
  • Jamous Raymond, Individu, cosmos et société, approche anthropologique de la vie d'un saint marocain, dans la revue Gradhiva, n°15, 1994, p.43-57
  • Doutté Edmond, Magie et Religion dans l'Afrique du Nord, Paris, Maisonneuve / Geuthner, 1908, rééd.1994
  • Ageron Charles-Robert, Confréries musulmanes, Encyclopaedia Universalis
  • Aouattah Ali, Ethnopsychiatrie magrébine, Paris, L'Harmattan, 1993
  • Arnaldez Roger, Maraboutisme, Encyclopaedia Universalis
  • Brunel René, Essais sur la confrérie religieuse des Aissouas, Casablanca, Ed. Afrique Orient, coll.Archives - retour
  • Claisse-Dauchy Renée, Médecine traditionnelle au Maghreb, Rituels d'envoûtement et de guérison au Maroc, Paris, L'Harmattan, 1996
  • Cuoq Joseph, Shadiliyya, Encyclopaedia Universalis
  • Dermenghem Emile, Le culte des saints dans l'islam maghrébin, Paris, Gallimard, coll.TEL, 1954
  • Lapassade Georges, les gnaoua, un vaudou maghébin, Revue Zellige n°3, Service Culturel, Scientifique et de Coopération de l'Ambassade de France au Maroc, Octobre 1996.

Voir aussi