Dans l'imaginaire des anciens, le territoire actuel du Maroc est à la fois rêve et mystère. N'est-il pas le pays du supplice d'Atlas, des jardins d'Hespéris, le seuil de l'Atlantide ? Ce pays de contraste, comme plaisent à appeler les géographes, est effectivement un mystère, une mozaïque unie et multiples de peuples et de cultures divers, un pays qui assume sa fatalité géographique en faisant face à la convoitise des Phéniciens, des Romains, des Vandales et des Byzantins avant les Arabes, d'abord repoussés puis adoptés par les autochtones, n'apportent le ciment spirituel de l'Islam au pays du couchant devenu par la suite Al-Maghrib Al Aqsa .
Le Maroc, qualifié de pays de contrastes, l’est certainement par la diversité et la richesse au niveau de sa
culture et de sa musique du fait de sa position géographique est une sorte de carrefour entre l’occident, l’orient et l’Afrique saharienne; ce pays a su tirer profit de ce profond avantage, et
a puisé chez tous afin de développer son caractère propre. Comme l'expose le musicologue marocain Ahmed Aydoun : poser
la question de la musique marocaine, c'est compter sans les difficultés sans les difficultés de l'analyse, car la réalité musicale complexe du pays résiste à l'exposé facile et se prête peu à
la typologie. C'est pourquoi, pour éluder le problème de la synthèse, on parle plus aisément des musiques du Maroc.
Au Maroc, on confère aux musiciens des pouvoirs quasi magiques. Les maîtres musiciens font d'ailleurs partie d'une caste dans les villages marocains et sont exemptés des travaux agricoles. Les connaissances musicales sont transmises par la tradition orale.
La musique afro-marocaine, connue sous le nom de Gnaoua est une musique propre à la région de Marrakech, Essaouira ainsi que du Sud du Maroc, les paroles sont soit en arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.
Il convient de préciser qu'il n'y a pas, en Afrique du Nord, de distinction nette entre la musique urbaine populaire et celle de l'élite. Ni l'emploi d'un arabe vernaculaire par opposition à la langue littéraire ni des genres déterminés ne sont des repères sûrs. Là encore, on trouve une situation analogue au sud du Sahara, où la chanson populaire est aussi devenue la musique de l'élite, indépendamment des autres divisions entre les classes sociales.[2]
La chanson marocaine prend son essor avec l’indépendance du pays. Deux grandes tendances se sont d’emblée révélées : l’une adoptant l’arabe classique et l’autre adoptant la langue dialectale, la première essaya de rester classique, respectant un style très conventionnel alors que la seconde tendance introduit un répertoire plus léger, plus proches d'un public populaire.
Avec le début de l'émigration massive des marocains vers l'Europe dans les années 60, le thème du licite et de l'illicite chanté par les premiers rais Chleuhs laissera la place à la chanson marocaine aux thèmes de l'immigration, et particulièrement à ceux sur les conditions difficiles du recrutement, les tracasseries administratives afin d'obtenir le passeport vert dans l'espoir de construire une vie meilleure...

En plus de la région du Souss, la chanson marocaine sur l'immigration s'étendra à d'autres régions du pays, comme la région du Maroc oriental avec les Chioukhs de Berkane et de Oujda : dans ce cadre on peut citer : Cheikh Ahmed Liou, Cheikh Ali Tinissani (1921-2006) ou encore Cheikh Mohamed El Younsi qui ont tous chanté des versions différentes d'une même chanson intitulée le "Passeport Lakhdar".
Plus tard, à partir des années 1970, l’apparition de formations musicale telles que Nass El Ghiwane, Jil Jilala, Lem Chaheb, Tagada et les frères Bouchenak qui marquent un renouveau dans la musique marocaine.
La musique arabo-andalouse
Connue comme la musique savante de référence, c'est à dire une forme de musiques classiques ou musiques d’art, ou une musique codifiée qui se transmet de maître à élève et demandant le respect d’un ensemble de règles musicales fixées. Il s’agit dans ce cas d'une musique modale, c’est-à-dire organisée sur base d’un ensemble de modes dont chacun impose une échelle, une hiérarchie de notes ce que le musicologue Henri Lecomte désigne comme un ensemble de connotations sociales et émotives, ce qui signifie qu’à chaque mode correspond un sentiment ou une humeur particulière. Ces musiques sont les héritières de la riche histoire de l’Andalousie musulmane. C’est pourquoi on évoque le terme de musique arabo-andalouse.
Connue autrefois sous le nom de moussiqua al-âla, il s'agit d'une musique de cour d'une civilisation très raffinée jouée et chantée dans les grandes villes du Nord du Maroc : Fès, Tétouan, Oujda, et Tanger. Elle est surtout présente dans ces régions du fait des origines de leurs habitants (arabes chassés de l'Andalousie). De nombreuses communautés marocaines s’identifient encore comme andalouses. Des noms de famille telles que Diaz, Andalouss, Torres, Toledano, Kortobi, Molina, Nigno....résonnent encore d’un tel héritage.
L'orchestre est composé du plusieurs instruments à cordes. Les poèmes sont en arabe littéral ou dialectal. Les membres de l'orchestre sont tous vêtus de djellabas blanches. La musique andalouse marocaine est donc une synthèse des traditions musicales arabes, berbères et espagnoles. Elle est nettement différente de la musique orientale: elle ne comporte pas de quarts de tons (quelques exceptions sont cependant à signaler); elle suit généralement le système de la gamme tempérée occidentale, la gamme est souvent exécutée comme une seule succession mélodique, alors qu'en musique orientale, elle est subdivisée en tricordes, tétracordes et pentacordes; sa ligne mélodique est simple et claire, les modulations y sont rares.
Au cours des siècles, des pratiques musicales locales distinctes se développèrent, en se forgeant un une identité culturelle particulière à chaque société. Il existe ainsi, dans des villes du Maghreb telles que Fez, Tétouan, Tlemcen et Tunis, des versions distinctes du noubas, qui font partie intégrante de la culture musicale locale. Sur la plan de la pratique musicale, al-Jâm'î publie en 1886 un ouvrage qui s'appuie uniquement sur le répertoire pratiqué à Fès. Cette compilation est connue sous le titre : Précis du kunnâsh de al-Hâ'ik. (lien téléchargement word).
Une nouba est une composition musicale construite sur un mode dont elle prend le nom (par exemple Nouba Mâya). Des pièces instrumentales et vocales s’y enchaînent selon un ordre déterminé et selon une progression musicale allant du non mesuré au mesuré. Un prélude libre, laissant une large place à l’improvisation ouvre la suite où se succèdent diverses pièces, notamment des poèmes dont les thèmes sont souvent l’amour, la nature, le vin... La nouba se termine par une phase plus vive, plus rythmée[3].
La culture populaire au Maghreb est très riche, elle a été surtout transmise oralement.
Depuis l'ouverture à l'université de Tlemcen (Algérie), d'un troisième cycle spécialisé en "culture populaire", des écrits qui sont surtout des thèses de Magister ou doctorat, sont venus enrichir
la connaissance de ce patrimoine d'une valeur inestimable du Malhoun. Saïd El Meftahi est l'un des éminents spécialistes de
l'étude de ce patrimoine.
L'origine du mot Malhoune ou Melhoun ou Malhun en arabe الملحون désigne un poème mélodique qu'on appelle aussi qasida, issu d'une culture authentiquement marocaine qui remonte au XIIe siècle, en empruntant de manière simplifiée ses modes à la musique arabo-andalouse. Il s'est développé sous une forme littéraire qui ne respecte pas la structure grammaticale classique. Il est un imposant corpus de poèmes et de chants véhiculés par une double tradition orale et manuscrite, représentant un art plus élaboré des formes de versification notamment en arabe dialectal.
Le poème écrit en zajal (زجل) est enrichi de mélodies populaires, cette création donne naissance au Malhoun.
La chanson populaire arabe au Maroc emprunte régulièrement ses modes à la musique arabo-andalouse. Il est connu depuis l'époque almohade où de nombreuses productions marocaines et andalouses du zajal ont vu le jour. La forme première du malhoun était véhiculée par les maddahin, s'accommodait en effet très bien avec la mission de diffusion d'informations que s'étaient assigné ces premiers Almohades.
Parmi les premiers auteurs de malhoun, il convient de citer Abdelaziz El-Maghraoui (1578-1602) et Sidi Abderrahmane El-Majdoub qui ont vécu à la même période et qui se sont fait connaître avec leur quatrains mystiques. Au cours du XVIII et XIX ème siècle, le Maroc à connu de très nombreux poètes qui ont adoptés ce genre artistique. Le doyen de cette musique Malhoun est Haj Houcine Toulali (1924-1998) qui avait créé une école qui a contribué à préserver cette expression musicale typique reflétant les différents aspects de la vie quotidienne, comme par exemple le titre intitulé Bain Zarda qui présente l´histoire d´un homme qui s'invite chez son voisin pour lui demander de préparer toute sortes de mets marocains avec une poésie toute remarquable.
Selon des musicologues, il fut chanté par les artisans des villes. Chaque corps de métier et chaque quartier ont leur répertoire et leurs poèmes. Pour eux, le malhoun était un moyen d'atténuer les rigueurs du travail et de rompre sa monotonie. Tant et si bien qu'il est devenu pour eux synonyme de calme et de sérénité, calme par sa musicalité douce et détendue, et serein par la noblesse et la chasteté des paroles. Accompagné par les percussions, le oud, le guembri et le violon, les chanteurs de melhoun racontent, au travers de poèmes parfois très anciens, la vie des vieux quartiers de la medina, les voluptés ou les déceptions de l'amour. Apprécié, voire même soutenu, par des Sultans, des juges et des hommes de lettres pour unifier le peuple, il englobe la richesse de toute une nation.
Ce genre tente toutefois aujourd'hui de se renouveler. Après le travail de Nass El Ghiwane qui a révolutionné la musique marocaine et dans le paysage culturel du pays, puis de Jil Jilala et plus récemment à travers le rap (Fnaïre). Toutes ces formation ont tenté de le rendre plus accessible, mais si peu authentique. Les femmes s'en sont également emparées, l'adaptant avec bonheur à la tessiture de leurs voix. Pensons à la jeune génération de voix comme Asmae Lazrak, Majda El Yehyaoui (qui a dépoussiéré l'image vieillotte du style musical). Actuellement, il y a des jeunes qui apprennent par cœur les « qsaïd ». Toutefois, des craintes font croire que si jamais ils ne trouvent pas l'appui nécessaire et l'encouragement qu'ils méritent, ils pourront abandonner ce genre musical.
Les villes réputées pour le représenter le malhoun sont Meknès, Tafilalt, Taroudant, Marrakech, Fès. Le Malhoun de Marrakech accorde une grande importance à la parole, celui de Fès à la distribution musicale et celui de Meknès à l'interprétation selon Jamal Eddine Benhaddou. Jamal Eddine Ben Haddou, professeur de musicologie à l'université Hassan II à Mohammédia, chanteur et poète, tient à faire prendre au malhoun un nouveau virage, sans toutefois mettre au placard l'habit ancien : «Ce que j'essaie de mettre en place, c'est un malhoun ouvert aux jeunes avec une nouvelle distribution musicale, une composition inédite, des sujets inspirés de la réalité et des paroles limpides».

Citadine, elle se développe principalement à l'intérieur des corporations artisanales. Il s'agit d'une poésie chantée
en arabe dialectal, à sujet aussi bien religieux que profane, caractérisé par un langage sophistiqué et par une mélodie en style déclamatoire.
Les femmes ont été toujours présentes et influentes durant les différentes étapes historiques du Malhoun. Elles ont fortement contribué à son édification et sa préservation (citons à titre d'exemple la grande Cheikha Brika de Fès). Elles étaient poètes, musiciennes et chanteuses, mais faute de moeurs sociales, de coutumes et de médiatisation, elles n'ont pas eu la même chance que la gente masculine devant cet art musical.
La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique andalouse, en les simplifiant. Le doyen de la musique Melhoun est feu Haj Houcine Toulali (avec notamment el Harraz, Khlakhal Ouicha...)
Le Maroc a connu, tout au long de son histoire, des confréries soufies fondées par des maîtres éducateurs reconnus pour leur mansuétude et leur clairvoyant discernement et considérés comme des modèles de conduite morale à suivre. Ces confréries furent des écoles spirituelles et éducatives ayant servi l'Islam en contribuant à la consécration de ses préceptes, à l'approfondissement de la connaissance de ses règles et à son adaptation aux lieux et aux conjonctures. Leur encadrement de la population s'exerçait par le biais de zaouias implantées dans les villes et dans les campagnes, et dont certaines continuent d'exister aujourd'hui.
Selon le monarque chérifien : Cœur de l'islam, le soufisme a vocation à parfaire l'épanouissement spirituel des individus. Il conduit intérieurement à l'Unité et à l'expérience de la Proximité divine . Extérieurement, il favorise l'enracinement des vertus et des comportements nobles des individus et contribue ainsi à influencer l'harmonie du corps social.
L'encyclopédie de l'Islam les définit comme « une méthode de psychologie morale pour guider pratiquement les vocations individuelles ». Les turuq (pluriel de tarîqa, voie en arabe) inscrivent, alors, leur action dans le cadre du vaste mouvement ou école de pensée musulmane connue sous le nom de soufisme. Ce dernier serait une manière de se désintéresser des choses terrestres pour se consacrer à Dieu malgré les multiples divergences concernant sa définition et ses caractéristiques. C'est, en quelque sorte, un vaste « programme de vie » spirituelle dont la dimension mystique trouverait son fondement dans le Coran et les traditions prophétiques et va, parfois, au-delà du cadre islamique par sa quête universelle du divin.
Chaque confrérie est reliée par une chaîne mystique (silsila) du fondateur de l'ordre jusqu'au Prophète. Chaque soufi croit que la foi professée par son ordre est l'essence ésotérique de l'islam et que le rituel de son ordre possède le même degré d'efficacité que la prière canonique (salât). L'affiliation de chaque soufi à son ordre s'effectue au moyen d'un pacte consistant en une profession de foi religieuse et des vœux qui varient selon les différentes confréries qui comprennent toujours le vœu de pauvreté.
Le Samaâ, "l'audition en arabe" est un art de chants polyphoniques a capella sacrés, hymnes dédié au culte du Prophète Mohammed et à Allah. Désigne également les séances musicales des confréries soufies. Cette mystique musicale va, petit à petit, se
ritualiser et devenir séance ou cérémonie sacrée englobant d'autres rites. Le dhikr, par
exemple, peut être un point culminant du Samaâ dans la plupart des confréries, point culminant qui, selon les lieux et les croyances, s'appelle parfois aussi hadra (assistance), imara (plénitude) ou halqa (cercle).
Le mawwâl est un genre poétique relevant à la fois des traditions populaires et savantes. Chantée en arabe dialectal dans un style non mesuré, cette forme relève de l’improvisation vocale individuelle. Accompagnée par un ou plusieurs instruments, elle est construite sur des variations mélodiques et des répétitions. Si le mawwâl chante généralement l’amour, il se fait aussi parfois l’expression d’une morale ou d’un sentiment religieux voire mystique. Au Maroc, le mawwâl trouverait l'origine de son expression dans la tradition soufie. Ce sont les nombreuses confréries soufies qui, au cours de leurs échanges entre l’Orient et le Maghreb, auraient élargi le cadre de son interprétation, du chant religieux (inshâd) pratiqué lors de leurs cérémonies à la musique arabo-andalouse.
Aïssaoua (الطريقة
العيساوية)
Fondée au XVIe siècle par Sidi Mohamed Ben Aïssa, cette confrérie religieuse se rattache au soufisme. Son centre spirituel (zaouia) principal se trouve à Meknès où son fondateur est enterré. Les Aïssâwas sont célèbres dans le monde arabe pour produire une musique spirituelle au son du hautbois ghaita (syn. mizmar, zurna), de chants collectifs religieux accompagnés par un orchestre de percussions utilisant des éléments de polyrythmie.
Deux pratiques fondamentales sont propres à cette confrérie :
Taktouka Jabalia ou Aïta Jabalia est un art
populaire traditionnel dit "chamali" qui puise ses racine dans les montagnes du nord-ouest du Maroc. C'est dans les plaines bordant l'océan Atlantique que ce genre musical est le plus
apprécié et fait partie intégrale de la société. Elle apparait parfois sous le son d' un cri de ralliement, un soupir d'amour ou encore une complainte. Par maints aspects, elle s'apparente à la
geste Hilalienne (des tribus des Béni Hilal). La pratique de la aïta au Maroc est une coutume ancestrale qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie la faculté de décrire
par le chant et la parole, la vie quotidienne, les problèmes et entraves de leurs semblables. Mais il y a autre chose encore qui assure la réputation de la ville de Ouezzane, c'est le soufisme.
ambiant qui y baigne. Une confrérie appelée Tariqa El Ouazzania du nom de la ville s'est implantée donnant par ailleurs naissance à d'autres écoles religieuses, d'autres tariqa formant « Ahel
el touat ».
La musique des gnawas
La tradition musulmane a toujours associé étroitement la musique et la transe, plus particulièrement dans les confréries soufies. Pour eux la transe tient une grande place dans la quête spirituelle et met en communication directe avec Dieu ; la transe s’obtient souvent par la musique.
Les Gnawa sont des descendants d'Africains de l'Ouest, qui furent emmenés comme esclaves par le fleuve Niger jusqu'au Maroc au XVIe siècle. Une fois arrivés au Maroc, Ils se sont ensuite métissés à la population locale et se sont formés en confrérie pour créer un culte original mélangeant des apports africains et arabo-berbères qui se convertirent à l'islam, bien qu'ils aient été attachés à leurs propres cultes et croyances. Pour eux, la musique et la religion sont étroitement liées : de nombreux rituels locaux utilisent la musique et la danse afin de provoquer un état de transe qui, selon eux, permet aux dieux ancestraux de pénétrer leur corps et leur moi profond. La danse et le chant gnawa ont un aspect mystico-religieux. Les danseurs sont parfois capables d'exécuter de très belles acrobaties. Avec leur crakeb (crotales en métal), les chanteurs et danseurs peuvent parfois se mettre en transe. Le style est envoûtant, folklorique et remarquable.
La musique berbère
La musique amazigh (berbère) est elle aussi divisée en sous groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhit, tarifit, soussie etc. Cette musique est aussi divisée en "moderne" et "traditionnelle". Elle est "inspirée par la beauté saisissante du paysage rural marocain et la résonance du bendir", qui régit la rythmique des chansons, des chants et des danses festives, le soir autour d'un grand feu de bois. Les hommes et femmes membres de groupes musicaux sont toujours vêtus d'habits traditionnels. L'expression la plus profonde de l'âme berbère réside par les chants et la musique qui se transmettent de génération en génération. La rythmique constitue la base fondamentale de cette musique. La danse accompagne toujours les chants. Ainsi, les trois styles de danse et de chants berbères correspondent à différentes zones linguistiques.
Gharnati
La musique gharnati est un style d'influence clairement identifié comme algérien mais égalment populaire à Rabat,et à Oujda au Maroc. l'orchestration met en primauté des instruments de musique comme le kouitra, le mandole, le banjo, le oud et le Kamanja. Ces musiques se sont répandues sur une partie du Maroc suite à des déplacements de populations judéo-marocaines et à l’installation d’Algériens au Maroc au début du XXe siècle. Les Marocains désignent indistinctement par le qualificatif de « gharnati », la musique pratiquée à Tanger, à Tétouan comme dans certaines communautés juives du Maroc. Cette musique s'inscrit dans la mouvance des écoles algériennes, qu'elles soient d'obédience tlemcénienne (Sami el Maghribi) ou Algéroise (Ahmed Pirou).
le Raï est un genre musical issu des terroirs de l'Ouest Algérien. Il plonge ses racines dans la poésie traditionnelle chantée, aux marges de laquelle il a fleuri dans des lieux de plaisirs. Ce mouvement musical devient dans les années 1970, la musique populaire dominante parmi les jeunes du Maghreb. Il s'inspire de diverses sources : le rock, les musiques orientales et rurales. Son développement est indissociable de l'apparition de la cassette audio. En France, on a coutume de désigner par le vocable raï (qui signifie, en arabe, « l'opinion » ou « point de vue ») l'ensemble des musiques algériennes populaires et électriques(...)
Comme le flamenco, le fado, la chanson napolitaine, la rebetika, le raï, avant d'être un genre musical est une manière de sentir la musique. C'est une expressivité vocale particulière au caractère fortement ethnique, avant d'être un type de musique ou un rythme caractérisé par des contours changeants. Son foyer, Oran, un port méditerranéen où vécurent ensemble Nords-Africains, Espagnols, Italiens. Par ses contenus transgressifs par rapport aux codes de la culture traditionnelle maghrébine, il est comparable par certains aspects à la Rébétika[4]..., même si les artistes ne sont pas des marginaux comme les rebetes du Pirée dans les années 30.
Cette musique est la dernière, et la plus jeune des musiques urbaines de la Méditerranée. Son espace créatif est construit sur une tension dialectique des contradictions qui caractérisent le rapport entre l'Europe et le monde arabe, entre modernité et tradition, entre pratique musicale pré-industrielle de la fête familiale, divertissement et consommation du spectacle musical.

Vers la modernité et les styles de musique de l'Occident
Enfin il existe une nouvelle génération de jeunes pour ne citer que Mazagan, qui compose une musique synthétisant l'esprit marocain aux influences venues du monde
entier (blues, rock, metal, reggae …).
Un des évènements les plus importants de cette scène "underground", est le Boulevard des Jeunes Musiciens qui a lieu tous les ans à Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même évènement de contre culture que l'on décrit souvent comme provenant de la Nayda. Sur fond de rap ou de fusion, la jeunesse marocaine réclame le droit à la parole. Pour les groupes marocains, le festival organisé dans un stade de Casablanca, est une des rares occasions de se produire sur scène. La variante (ou plutôt les variantes) locale de l'arabe joue d'ailleurs un rôle considérable dans un mouvement musical et culturel qui, tout en assumant sa filiation avec les courants mondiaux, revendique son originalité et son authenticité notamment par le biais de la langue.
Le jazz, le blues, la musique rock et le reggae ont été pendant longtemps des moyens d'expression de la culture d'origine africaine. Ces genres musicaux se sont répandus sans égard au sexe, à la couleur de la peau ou à la texture de cheveux des adeptes.
Bien que ces genres musicaux ne constituent pas une culture distincte, le hip-hop, quant à lui, a toujours été considéré comme une culture particulière, dont découlent différentes formes d'expression artistique. La culture hip-hop est avant tout urbaine mais son rayonnement n'a pas de frontières. C'est ainsi qu'elle se reflète dans la poésie, la musique, les arts visuels, la danse et la mode vestimentaire; elle se manifeste également dans l'attitude des jeunes d'aujourd'hui vivant en milieu urbain. Le rap marocain est un style musical apparenté au rap et à la culture hip-hop du Maroc qui devient un moyen d’expression par excellence pour une partie de la jeunesse.
Pendant plusieurs années, ce rap n’a pu évoluer qu'en se mêlant à d'autres genres musicaux locaux comme le chaâbi, le raï et d'autres styles plus occidentaux comme la soul, funk, reggae, hard rock, folk, jazz...Il persiste encore une grande résistance culturelle à ce mouvement.[6] Le rap marocain confirme progressivement sa propre personnalité, oscillant d'une part entre revendications ou sociopolitiques pour les uns et messages positifs ou festifs et certainement une tentation commerciale pour les autres. Un phénomène qui prend de l'ampleur depuis quelques années est celui du concours de Studio 2M au Maroc.
Il n'existe pas encore au Maroc, à ce jour, de spectacles musicaux du type Starmania (Québec-France, années 70), Hair (USA, années 70), West Side Story (USA, années 60), Notre Dame de Paris(France, années 2000), Le roi Soleil (France, années 2000).....Dans le monde arabe, aujourd'hui seul le Liban produit des spectacles de ce type.
Ces spectacles liant musiques et danses sont soit des fictions soit des reprises de livres ou de contes et connaissent en Occident un énorme succès.
Au Maroc, les spectacles musicaux existant, sont sous forme de pièces de théâtre musicale.
Si la danse du ventre dont des textes bibliques font déjà état à l'époque du prophète Moïse (dont les cinéastes égyptiens se sont emparés), est très connue et appréciée dans le monde entier, les danses et musiques marocaines ne sont pas moins connues dans le monde arabe et occidental. Les danses du Maroc sont nombreuses et diverses ; Toutefois, depuis quelques années , la troupe de la danseuse et chorégraphe marocaine Nawal Benabdellah (la Compagnie Nawal) les présente au public du monde arabe avec un très net succès.
Depuis peu, il existe les Folie's de Marrakech : Cet établissement propose des spectacles dansants et musicaux sur le modèle des "Folies Bergères" de Paris.
Conservatoires et écoles de musique au Maroc
La Propriété intellectuelle de la musique au Maroc
Au Maroc, comme dans la plupart des pays du monde arabe, la réglementation de la propriété intellectuelle est une règlementation encore récente et peu appliquée. Depuis toujours et jusqu’au XX ème siècle, les droits d’auteur et créateur étaient inconnus. Un auteur pouvait confier la reproduction de son oeuvre à plusieurs copistes en même temps et le possesseur d'une oeuvre pouvait en disposer comme bon lui semblait. Il pouvait y incorporer des ajouts et même en modifier le contenu et proposer la nouvelle version à la vente pour son propre compte. (Source)
Encore aujourd'hui, dans le domaine de la musique, un produit piraté est vendu en toute légitimité au magasin de musique ou dans le souk ce qui cause de grands torts à la qualité musicale et
aux artistes marocains et est responsable de la perte de vitesse de l'industrie discographique nationale. Le cauchemar des artistes reste le piratage qui sape sérieusement la carrière des
musiciens.
Remarquons aussi que l'effondrement des prix des techologies modernes (disques et graveurs, internet) qui donne la possibilité aux particuliers par exemple de télécharger directement en MP3 ce dont ils ont besoin. Les réseaux existent et les logiciels ou sites de téléchargement sont connus par tous les internautes.
Bibliographie
Notes et références de l'article
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