
L'origine de ce nom berbère Taroudant est énigmatique. Certaines légendes associent ce nom à une princesse syrienne qui s'est installée dans la région et qui portait le nom de «la Reine Roudana», tant que d'autres l'expliquent par la phrase berbère «Taroua ddante» qui veut dire «Les enfants ont été emportés par l'eau» que cria une femme berbère qui faisait sa lessive au bord du fleuve quand les crues emportèrent ses enfants. Taroudant est une ville très calme. Objet de convoitises de divers pouvoirs, Taroudant connaît une période de prospérité au cours du XVIème siècle.

Elle devient en effet une capitale de la dynastie des Saadiens, dirigée alors par Mohammed ech-Cheikh qui donne à cette ville la fonction stratégique de point de départ des attaques en direction des Portugais, alors en place à Agadir.
Connue dès l'Antiquité, l'Histoire est là pour témoigner du passé de la ville avec ses murailles de pisé et ses cinq portes surmontées de tours cassées qui remontent au XVIIIème siècle. Au début du 20ème siècle, la ville fut un bastion de l'anti-colonialisme, se rebellant contre les colonisateurs français.
Une mention particulière revient à ses habitants, doués eux d'urbanité. Promenez-vous dans les rues et vous n'aurez jamais le sentiment d'être seul ou étranger. Chacun aura à cœur de vous saluer et de vous proposer un verre de thé. Vous vous sentirez même enfant du pays. Hassan El Wazzan, plus connu sous nos latitudes sous le nom de Léon l'Africain avait remarqué lors de ses voyages que les habitants de Taroudant, sont « gens pacifiques qui n'offensent jamais leurs voisins ».

Taroudant se transforme alors un site d'importance où l'on échange des produits de première nécessité comme le coton, le riz ou le sucre. Capitale agricole, champs et vergers rivalisent malgré une terre aride et pour laquelle tous les soins sont apportés. L'on y trouve le citron, (La verdoyante vallée du Souss abrite également de vastes cultures de primeurs et d'agrumes) l'olivier ; Taroudant est surtout connue pour ses arganiers et son huile fameuse, (en effet un peu partout ont fleuri des coopératives d'argane qui ne pousse que dans le sud-ouest du Maroc). En saison sèche, vous pouvez admirer le tableau pittoresque des chèvres grimpant aux arbres pour en dévorer les fruits. Une huile d'une grande qualité nutritive et cosmétique est dérivée de ces noix. l'huile d'amande douce, le miel. C'est que, avant d'être connue pour son agriculture, cette cité était signalée comme un centre urbain d'une grande civilisation. Après avoir admiré les couleurs des épices, des vêtements et des fleurs du marché berbère, vous serez frappé par le bleu indigo des vêtements des femmes rappelant celui des hommes du désert qui fréquentèrent longtemps Taroudant au temps des caravanes.
Une atmosphère singulière y règne à telle enseigne que l'on croirait la Nature faite par un peintre. Elle est le point de ralliement du Sahara, du Souss et de Marrakech. Une ville piétonne de 60 000 âmes (tout de même). Des rues étroites empêchent la circulation auto. Beaucoup de vélos, des calèches (ville surnommée "Petite Marrakech"). Un spectacle permanent dès 18 heures dans les rues. Une ville calme et religieuse assez fière.
Cette ville encore a donné au pays tout entier, une pléthore de gens lettrés, médecins, savants, tous gens de bien assurant ainsi la pérennité de la ville.
Pour le visiteur de la ville qui aime découvrir l'énigme de ses secrets, il sera parmi les chanceux, pour voir à ces cinq portes principales, ses autres portes crées par la municipalité, ses deux principales places, ses boulevards et ses rues, comment le mouvement de la femme ouvrière active la circulation dans la ville avant le levé du jour. Les hommes retournent à la maison après la prière du bon matin. Après le petit déjeuner l'activité règne dans toute la ville, cafés, hôtels, boutiques et ateliers artisanaux. Le visiteur découvre Taroudant en plein jour où l'activité des passagers en mouvement partout dans la ville.
Si j'ai intitulé l'article Taroudant, don de Dieu, c'est que le musicien que je suis, épris de Taroudant, connaît le tribut de la ville à la Musique. Cette cité regorge de grands noms dans des registres différents et ce ... malgré l'absence de Conservatoire de
musique !
A chaque fois que vous pénétrez dans l'enceinte de la ville, vous sentez l'âme d'un festival régner et pourtant il s'agit le plus souvent de groupes répétant dans un esprit d'émulation très fort, que l'on appelle communément « Deka roudania ». La Dakka Roudania est une discipline traditionnelle pratiquée par les corporations de tanneurs. Originaire de la région de Taroudant, la Dakka, qui signifie "frappe" repose essentiellement sur le rythme (percussions claquements de main). Elle laisse aussi sa part à la danse et au chant, dont les paroles sont un magnifique ensemble de vers réunis en un poème l'"Ayte" (le cri). Fusionnée avec de nouveaux rythmes, ce genre musical a pris aujourd'hui des formes modernes.
Aujourd'hui, des groupes musicaux, « dekas », sillonnent nombre de pays, arborant ainsi l'étendard de
Taroudant. Signalons parmi eux, le rôle prédominant de Smaïl Askaro. Il y a Hmadcha, le Malhoun qui a laissé à
Taroudant, une empreinte particulière unique appelée « El Greha El Beldia ».
La première édition du Festival de "Dekka Roudania et rythmes soussi" s'est déroulé lieu du 12 au 14 mai 2005 à Taroudant, à l'initiative de la délégation du ministère de la Culture. Organisée en collaboration avec les conseils municipal et provincial de la ville, cette manifestation culturelle connaît depuis lors la participation de plusieurs troupes de l'art de Dekka représentant les villes de Marrakech, Essaouira et Demnat. Ces troupes interprètent une panoplie de genres artistiques rythmiques similaires à l'art de Dekka à Taroudant, berceau de ce genre musical traditionnel ancré dans la culture de la région.
Il ne s'agit plus ici de parler simplement de chanson mais de la poésie écrite du Melhoun. Des poètes, il y en eut beaucoup avec une pensée particulière pour El Hadj Omar Bouri.
J'ai voulu écrire cet article pour tous ceux qui ne la connaissent pas encore (Marocains hors du Maroc et étrangers) afin de vous faire partager et vivre les sentiments que Taroudant procure, afin de vous sentir
Citoyen du Monde.
El Hadj Omar Bouri (né en 1940 à Taroudant) est un brillant homme de culture marocain vivant et travaillant à Taroudant. Il est complètement investi dans le travail de l'agriculture et de la boucherie. C'est lui qui approvisionne les étals de la ville. Mais c'est aussi et surtout un Poète du Melhoun qui figure parmi les plus connus dans ce genre. L'homme encourage tous les jeunes de la ville à s'intéresser à tous les registres musicaux, à la musique en général.
Ammouri M'Barek ou Ammouri Mbark, né en 1951 à Irguiten, au pied du Haut-Atlas, près de Taroudant est un compositeur, chanteur et musicien marocain d'origine amazigh qui connu la gloire dans les années 70 pour avoir innové la musique amazigh.
Chanteur et compositeur marocain d'origine berbère qui représente la nouvelle scène marocaine tout droit issu du mouvement Nayda. Il est capable de passer de la groovy à la musique arabe urbaine, hip-hop, rap, raï et de soul. Au sens large on peut dire que c'est de l'afrobian soul music lié à l'africanité du chanteur.
Othman SassiOriginaire de Ouled Teima, Fatéma Chelhala première femme chauffeur de taxi blanc dans la région de Taroudant. Cette vedette d'Ahwach de Houara sait concilier entre sa passionet son devoir de femme au foyer. Présidente de l'Association des arts populaires à Taroudant, elle a accompagné sa troupe composée de 17 membres lors de multiples tournées à l'étranger. Des voyages qui l'ont menée en France, en Italie, en Belgique - Portrait d'une artiste dévouée.
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