Le Malhoun est un art spécifique à la tradition
marocaine depuis la période de la dynastie almohade (1147-1269) dérivant de la muwashah et le zéjal et qui s'est ancré dans les villes de Fès, Meknès, Marrakech, Rabat mais surtout à Tafilalt. Le
malhoun de Taroudant est surtout connu sous l'appellation dakka Roudania...Le malhoun est une forme ancestrale de poésie chantée. C'est une des formes les plus élaborées de versification en
arabe dialectal marocain qu'on appelle darija. Le centre premier du malhoun est selon l'avis des spécialistes, la région de Tafilalet. De là sont issus les grands poètes qui en émigrant vers les
grandes villes du Maroc, permirent à cet art de rayoner et se développer avec le soutien d'un corps d'artisans et de métiers d'art. Les poètes anciens avaient puisés dans une riche civilisation,
elle même fruit des multiples liens entre le terroir et le patrimoine arabo-musulman.
Hadj Omar Bouri الحاج عمر بوري (né en 1940 à Taroudant) est un brillant homme de culture marocain, poète et musicien vivant et travaillant à Taroudant. Autodidacte, il devient l'une des figures de proue du malhoun au Maroc depuis les années 80. Sa réputation n'est plus à faire, il a d'ailleurs été récompensé par les plus grandes instances académiques et artistiques de son pays. L'appel du Printemps est l'un des textes le plus aimé de cet homme. Mais l'homme brasse tous les styles, ce qui lui a permis de découvrir la nature humaine.
Avec le chanteur Driss ben Saïd et ses musiciens
Biographie
Né à Taroudant, il y grandit au sein d'une famille de
musiciens et fut bercée dans le malhoun, depuis sa plus tendre enfance (son père et son oncle, amis et avant eux, son grand père qui fut aussi un brillant chanteur de malhoun qui
appartenait à la troupe soufie Dar Dmana).
C'est auprès du soufi Moulay Ahmed Jilani El Kadiri (fils de Moulay Abdelkader
Jilani qu'il apprend cet art ancestral. Mais les maîtres qui l'ont influencé sont très nombreux.
Il exerce dans sa ville natale différents métiers dont celui de boucher, et c'est dans les années 60, qu'il émigre en France (1962-1963) et en Belgique (Genk et Winterslag entre 1963
et 1967) où il travaille dans les mines de charbon en Campine. Dès son retour en France, il fréquente les orchestres et chante le malhoun. Rien ne disposait ce fils de boucher et boucher
lui même allait devenir un poète qu'on étudie dans les universités. Les poésie de Haj Omar Bouri parlent d'amour, du roi, mais aussi de politique, et de sport. C'est la vie et les gens qu'il
chante. Le malhoun est l'expression par excellence qui a toujours reflété les différents aspects de la vie quotidienne.
Peu de gens savent que Monsieur Bouri fut dès 1956, un brillant coureur cycliste au Maroc et actif au sein de la Fédération marocaine du cyclisme) ce qui l'amène a composer une qasida en hommage au sport. Cet homme fut un membre du Parti de l'Istiqlal (en arabe حزب الإستقلال, en français, « Parti de l'indépendance ») qui est l'un des partis politiques marocains ayant joué un rôle prépondérant dans le paysage politique marocain et qui constitue le soutien principal bien que remuant du premier gouvernement marocain post-colonial.est complètement investi dans le travail de l'agriculture et de la boucherie. C'est lui qui approvisionne les étals de la ville. Mais il demeure un Poète du Melhoun qui figure parmi les plus connus du genre.
Othman Sassi et Younes El Abbadi en compagnie de leur maître (deux jeunes musiciens de la dakka Roudania)
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