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Route de l'encens : Patrimoine mondial

Route de l'encens : Patrimoine mondial

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« On entend par patrimoine culturel immatériel les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme, ainsi qu'à l'exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d'un développement durable. » 

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La Route de l'encens, telle une belle histoire tirée d'un livre de contes, est la chronique d'une réussite commerciale vieille de près de 5000 ans.  En effet, 3000 ans avant la naissance du Christ, l'encens était plus précieux que l'or. Son odeur a autant envouté les pharaons que les empereurs romains. C'est pour répondre à leurs demandes qu'une route commerciale entre la côte sud de l'Oman et la Terre Sainte a été créée. La route de l'encens est mentionnée dans l'Ancien Testament, IIe Livre des Chroniques 9, Premier livre des Rois 10, où la « Reine du Sud » voyagea sur la « route de l'or et de l'encens » pour aller voir le roi Salomon à Jérusalem. Elle est aussi mentionnée dans le Coran, dans les sourates Saba (34) et an-Naml. On notera surtout un passage de l'Exode (XXX: 34-37) dans lequel Yahvé précise à Moïse la composition du mélange qu'il faut faire brûler pour lui (storax, onyx, galbanum, aromates et pur encens), tout en lui indiquant que ce mélange ne doit pas être utilisé de façon profane :

« Le parfum que tu fais là, vous n'en ferez pas pour vous-mêmes de même composition. Il sera saint pour toi, réservé à Yahvé. Quiconque fera le même pour en humer l'odeur sera retranché de son peuple. »

Les Égyptiens, considérés comme les plus grands parfumeurs de l'Antiquité, firent eux aussi un grand usage de l'encens, qui entrait notamment dans la composition du kyphi. Le nom même de l'encens dans l'ancienne langue égyptienne est évocateur.

Le mot "netcher" désignait ce qui relevait des dieux ou du divin et c'est le causatif de ce mot qui était utilisé pour dénommer l'encens : "sénetecher" dont une traduction pourrait être : "Ce qui rend divin". Même chose chez les Grecs et les Romains. La nature divine de l'encens est évoquée par Ovide dans ses Métamorphoses, puisque selon lui le premier arbre à encens aurait poussé sur la tombe de Leucothoé, maîtresse d'Hélios châtiée par son père Orchamos.

Le christianisme, dans la continuité de l'Ancien Testament, perpétue l'utilisation de l'encens, puisqu'il fait partie des cadeaux apportés au Christ par les mages. L'encens est brûlé dans un encensoir, tenu par un thuriféraire qui le fait osciller pour mieux diffuser le parfum de l'encens. La fumée de l'encens montant vers le ciel symbolise également la prière qui monte vers Dieu.

La route de l'encens liait autrefois l'Égypte à l'Arabie et l'Inde. Elle fut probablement créée aux environs de

1800 av. J.-C., quand les Indiens commencèrent à envoyer de l'encens aux ports d'Arabie et d'Égypte : Cane, Aden et Muza dans le sud et Bérénice, Philotera, Myos Hormos, Leuce Kome et Aila dans le nord. L'encens qui arrivait aux ports d'Arabie était ensuite envoyé par caravane dans le désert jusqu’à Pétra, et de là, à Gaza et à Damas. Celui transitant par les ports d'Égypte était transporté à Alexandrie, en passant par Coptos.

Les Nabatéens d'Arabie devinrent très riches parce qu'ils servaient d'intermédiaires et contrôlaient les secrets de cette route difficile. Plusieurs villes furent fondées dans les oasis le long de la route, dont Iram et Saba. Dans le désert du Néguev, les villes nabatéennes d’Avdat, Haluza, Mamshit et Shivta, les forteresses et les vestiges des systèmes d’irrigation extrêmement perfectionnés qui furent construits sur cette route sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 2005.

 

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Les résines de myrrhe et d'oliban sont utilisées pour le culte ou l'usage quotidien dans toute la partie orientale de la Méditerranée, issues des régions de production situées dans le sud de la péninsule arabique, le Yémen, ces résines précieuses et prisées ont été, dès le premier millénaire avant notre ère, l'objet d'un commerce florissant et dynamique, une des références les plus anciennes concerne le Yemen et le commerce de la myrrhe avec le Yémen plus de siècles avant JC. Gros consommateurs de myrrhe, élément essentiel pour embaumer les morts, les yéménites ont été à l'origine du commerce de l'encens. (source)

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La route changeait souvent d'itinéraires pour contourner les régions qui faisaient payer de lourdes taxes aux marchands. Les Romains utilisait la route maritime autour de la péninsule arabique en passant par la mer Rouge, pour éviter de payer les Bédouins en or et argent en échange des épices et de l'encens. Ils contrôlèrent finalement la route et l'améliorèrent en construisant des puits et des forts sur le parcours, mais à partir de l'an 42 la plus grande partie du commerce de l'encens se faisait par voie maritime car plus sûre.

En 2005, l'UNESCO a déclaré la Route de l'encens patrimoine mondial.

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Dossier thématique : Routes d'Arabie

La route des esclaves