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Touria Hadraoui

Touria Hadraoui

Les femmes ont toujours été présentes et influentes durant les différentes étapes historiques du Malhoun. Avec cœur et âme, elle s’imprègne de cette musique et adapte les chants à sa propre personnalité. Sa voix assurée, mature donne à ces airs immémoriaux une couleur inédite. Elles ont fortement contribué à son édification et sa préservation (citons à titre d'exemple la grande Cheikha Brika de Fès). Elles étaient poètesmusiciennes et chanteuses, mais faute de moeurs sociales, de coutumes et de médiatisation, elles n'ont pas eu la même chance que les hommes devant cet art musical. Les femmes s’en sont également emparées, l’adaptant avec bonheur à la tessiture de leurs voix. Pensons à la jeune génération de voix comme Asmae Lazrak, Touria HadraouiMajda El Yahyaoui, (décrite pour avoir dépoussiéré l'image vieillotte du style musical). Son chant est une quête à la fois personnelle et artistique. Les vers qu’elle déclame viennent de ces temps oubliés où les poètes étaient aussi musiciens...Touria Hadraoui ressuscite les textes anciens à sa façon, avec son timbre si profond. Le résultat est émouvant...Femme de caractère qui a fait plusieurs chemins, le militantisme, la presse, la philospophie, l'écriture du roman et le chant, l'artiste parcourt des chemins qui se croisent pour devenir en fin de compte dans un seul chemin qui s'accomplit dans une oeuvre qui rappelle celle d'un miniaturiste. Chaque travail qu'elle aborde est faite comme s'il s'agissait du dernier. Elle approche et touche comme un artisan passionné.

 

A l'âge de 29 ans, elle quitte l’enseignement pour lancer le journal controversé ‘Kalima’ (La Parole), un magazine de reportages fait par et pour les femmes. Les sujets abordés dans ‘Kalima’ sont pour le moins audacieux: A l’Université Mohammed V Souissi de Rabat, l’étudiante en philosophie organisait des petites soirées où elle chantait avec ses amis. Mais son instinct de militante l'a vite conduit, après l’obtention de son diplôme, au journalisme d’investigation où elle a osé aborder des sujets aussi tabous que ceux de la prostitution masculine au Maroc, la vie des prostituées à Casablanca ou encore à propos de la très douteuse liberté de la presse au Maroc.

Originaire de CasablancaTouria Hadraoui est une des pionnière à interpréter ce genre poético-musical Elle avait mené une carrière d'enseignantejournaliste et écrivain. Cette femme de culture marocaine a consacré sa vie universitaire aux grands philosophes arabes, ma sa première découverte qui l'a marqué fut d'écouter, à l'âge de 9 ans, la voix d'Oum Kalthoum, car elle ne comprenait pas tout ce qu'elle chantait, mais elle lui a ouvert les oreilles, le cœur et l'esprit. Elle a enregistré deux albums "Chemâa" en 1991 et "Arabesques sur rythmes africains" en 2003 où le chant andalou rencontre les rythmes de la mère terre. Elle est également l’auteur d’un roman autobiographique "Une enfance marocaine" paru en 1998 aux éditions Fennec.

Quand Touria à intéressé le monde du Malhoun, ce n'était pas par pure coïncidence, car le malhoun demande en plus du talent un anéantissemement, d'une endurance d'un vrai mystique qui ne se contente pas d'un amour absolu mais d'accéder au paradis du savoir. Elle a excellé au malhoun après avoir accédé au chant arabe et au chant classique occidental, fait du solfège,...et s'est informée sur l'histoire du malhoun, les arts qui le croisent et l'hagiographie de ses auteurs. Elle a voulu absolument s'identifier à ceux qui ont vécu l'âge d'or du malhoun entre le 14ème et le 19ème siècle. Elle est allé jusqu'à demander aux musiciens traditionnels qui se contentent de ce qu'ils ont. Pour elle, le malhoun est un chant qui aspire à ce qui est haut et transcendental, un chant qu'il faut faire sortir de sa coquille locale et sectaire et surtout libérer de sa mentalité rétrograde des villes traditionnelle où il a évolué et le dépoussiérér pour qu'il voit la lumière du monde. Elle a essayé de ne pas le dire ou le clamer, mais de le chanter.

Touria Hadraoui a été choisie pour l’ouverture de la biennale du filmmuseum à Amsterdam en 2007. Corrie Van Binsbergen (musicienne hollandaise) avait composé une musique pour le film français l'Atlantide qui lui avait demandé de la chanter. Une voix, forte, inimitable et, pour l'abriter, il fallait une musique à sa hauteur, c’est-à-dire une musique qui sort de la terre.

Elle a également enregistré un album avec des instrumentistes et chœurs guinéens enregistré dans un studio à Conakry. Pour effectuer une fusion originale avec des rythmes de l'Afrique sub-saharienne, en faisant appel à “Bote percussion“, un groupe de musiciens et de danseurs enracinés dans les traditions culturelles et artistiques des populations de la Basse Côte guinéenne. (source)

"Kahouat al maani" est le titre de l'album CD, qui propose des textes des grands bardes de la tradition, tels Assaki et Mezzine ossoulek de Sidi Kaddour El AlamiJad azzaman et Safi lahbib de Ahmed Al-Harrak et Al-mahboub de Jilali Lahkiki et quelques mawawil recueillis auprès des mounchidine de la zaouia harrakiya, composés notamment par Al-Harrak, Ibnou Al-Faredh et Ashushtari.

En février 2010, elle vient de sortir un nouvel album, épuré avec un piano pour seul accompagnement. Elle rompt avec la tradition, réduit l'orchestre et introduit de nouveaux instruments. Sa voix a raisonné à l'ouverture du Festival de la biennale de filmmuseum à Amsterdam.

 

Bibliographie

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