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Arts de l'Islam du 6 octobre 2009 au 14 mars 2010 à l'IMA

Arts de l'Islam du 6 octobre 2009 au 14 mars 2010 à l'IMA

Comprendre et apprécier l’art islamique, telle est l’ambition de la grande exposition que propose l’IMA en octobre prochain.

Le vocable «islamique» pourrait faire croire que cet art n’a de finalité que religieuse ; or une large partie de sa production est profane. Il est islamique parce que son vocabulaire est partiellement ancré dans la pensée philosophique de l’Islam qu’a partagé un groupe de nations adhérant à cette foi ; il ne s’agit pas de l’art d’un seul pays ou d’une seule civilisation.

Une sélection de 471 pièces – manuscrits, tentures et tapis, céramiques et verres, métaux et orfèvrerie, bijoux et laques, boiseries et pierres dures –, issues de la fabuleuse collection d’art islamique de Nasser D. Khalili, montrera et expliquera ce qu’est l’art islamique, selon un parcours original, organisé en trois entités distinctes :
– «Foi, sagesse et destinée», qui témoigne de la relation entre l’art et le sacré 
– «L’atelier des mécènes : califes, émirs, khans et sultans», qui rend compte du développement des arts de cour, lesquels élaborent les modes du paraître et accessoirement servent de modèles à la société civile ;
– «Un univers de formes et de couleurs», qui explore le foisonnement de la création pour la satisfaction des sens, comme un avant-goût du paradis…

Après l’Australie et les Émirats Arabes Unis, l’Institut du monde arabe accueille, pour la première fois en Europe, cet ensemble d’objets exceptionnel, qui témoigne du raffinement artistique des cultures d’islam.

 


L'art islamique présente une certaine unité stylistique due aux déplacement des artistes, des commerçants, des commanditaires et des œuvres. L'emploi d'une écriture commune dans tout la civilisation islamique et la mise en valeur particulière de la calligraphierenforcent cette idée d'unité. D'autre éléments ont été mis en valeur, comme l'attention portée au décoratif et l'importance de la géométrie et des décors tapissants. Toutefois, la grande diversité des formes et des décors, selon les pays et les époques, amène souvent à parler plus d'« arts de l'Islam » que d'un « art islamique ». Pour Oleg Grabar, l'art d'Islam ne peut d'ailleurs se définir que par « une série d'attitudes vis à vis du processus même de la création artistique ».

Le vocable «islamique» pourrait faire croire que cet art n’a de finalité que religieuse ; or une large partie de sa production est profane. Il est islamique parce que son vocabulaire est partiellement ancré dans la pensée philosophique de l’Islam qu’a partagé un groupe de nations adhérant à cette foi ; il ne s’agit pas de l’art d’un seul pays ou d’une seule civilisation. Peut-on dès lors parler d'un art islamique, alors que la civilisation née de l'islam s'étend sur quatorze siècles et sur un espace qui va de l'Atlantique auPacifique, du Maroc jusqu'à l'Indonésie, et que cette civilisation a poussé des ramifications un peu partout dans le monde, aussi bien en Chine qu'au Brésil ? Il ne viendrait à l'idée de personne de mettre sur le même plan et de traiter dans un seul chapitre tout l'art issu de la religion chrétienne.

Cette terminologie abusivement unificatrice vient non seulement de notre européocentrisme, mais aussi du fait que l'islam n'a jamais vraiment séparé monde spirituel et monde temporel ; dès sa genèse, il s'imposa comme religion triomphante, dans la cité comme dans les âmes. Cela explique que la notion d'« art islamique » n'est pas réservée aux seules expressions artistiques liées à la religion - comme l'architecture des mosquées et leur mobilier ou encore les objets de dévotion privée -, mais qu'elle couvre l'ensemble des créations émanant du monde musulman : palais, caravansérails, ponts ou objets décoratifs, comme des lustres ou de la vaisselle. On devrait donc parler de l'« art des musulmans » plutôt que de l'« art islamique ».

En architecture, des bâtiments aux fonctions spécifiques, comme des mosquées et des madrasas, sont créés dans des formes très variées mais suivant souvent un même schéma de base. S'il n'existe quasiment pas d'art de la sculpture, le travail des objets de métal, d'ivoire ou de céramique atteint fréquemment une grande perfection technique. Il faut aussi souligner la présence d'une peinture et d'une enluminure présentes dans les livres sacrés et profanes.

L'art islamique n'est pas un art proprement religieux : l'Islam est ici considéré avec une majuscule, comme une civilisation et non comme une religion. Contrairement à une idée reçue, il y existe des représentations humaines, animales et même du Prophète : celles-ci ne sont bannies que dans les lieux ou ouvrages religieux (mosquées, madrasas, Corans), en dépit de quelques exceptions.

L’art de l’islam apparaît en 622 — l’an 1 de l’hégire, dans le calendrier musulman —, lorsque le prophète Mahomet s’expatrie à Yathrib (aujourd’hui Médine, en Arabie saoudite). Si les premiers disciples de Mahomet, originaires de la péninsule Arabique, ont légué à l’islam un héritage littéraire oral, leur culture matérielle disparue n’avait rien de comparable à celle des empires conquis. Aussi, les traditions locales ont-elles servi de base à l’art de l’islam ; absorbées et adaptées, elles sont devenues communes au monde musulman.

L’art de l’islam se développe ainsi à partir des styles romain, chrétien et byzantin ; de même, l’architecture et l’art décoratif sassanides jouent un rôle primordial dans le développement de l’art musulman. Les styles d’Asie centrale se transmettent lors des incursions turques et mongoles ; le contact avec l’art chinois influence pour sa part la peinture, la poterie et le textile.

L’histoire de l’art de l’islam classique compte trois grandes périodes : le califat omeyyade (661-750), période de formation pendant laquelle le territoire s’étend de la Syrie à l’Espagne ; le califat abbasside (750-1258), avec pour capitale Bagdad, illustre pour son goût des sciences et des arts (c’est au milieu de cette époque que l’influence persane est prédominante) ; enfin, la période turco-mongole qui dure jusqu’au XVIIIe siècle, dernière phase de l’islam classique.

Des styles distincts sont associés à la période turco-mongole en fonction des dynasties et des régions qui la caractérisent : le style des Turcs seldjoukides qui dominent l’Iran ( Perse), l’Irak, la Syrie et l’Anatolie jusqu’au XIIIe siècle ; celui des Ilkhans en Iran oriental (1256-1349) ; celui des Timurides, protecteurs de la culture iranienne en Iran occidental (1378-1502) ; enfin, celui des Safavides, qui contrôlent l’Iran de 1502 à 1736. L’art connaît une période particulièrement riche sous les Ottomans, maîtres de la Turquie du XIIIe siècle à 1923 et qui, au XVIe siècle, étendent leur empire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des styles distincts se développent encore en Égypte, sous le règne des Fatimides (909-1171) et des Mamelouks (1250-1517).

 


Le rituel de la foi a donné naissance à deux édifices architecturaux spécifiques : la mosquée (masjid), lieu de rassemblement communautaire, et l’école coranique (medersa). L’architecture profane comprend les palais, les caravansérails et les villes, dont les plans compliqués intègrent le nécessaire accès à l’eau et aux abris contre la chaleur. Le mausolée est à la fois le tombeau d’un dirigeant ou d’un saint et le symbole du pouvoir. Tous ces édifices ont en commun de nombreux éléments structurels et décoratifs.

Les éléments caractéristiques de la mosquée sont apparus dès l’aube de l’islam. En 622, Mahomet s’expatrie à Yathrib (l’actuelle Médine, en Arabie saoudite) où, dans l’enceinte de sa modeste maison, ses compagnons se rassemblent pour prier. La forme simple de ce lieu est à l’origine de celle de la mosquée. C’était une cour fermée, rectangulaire, dotée d’un portique rudimentaire (zulla, utilisé à l’origine pour donner de l’ombre). Les premières mosquées, constituées d’une cour fermée (sahn) bordée de galeries ouvertes voûtées (iwan), et d’un bâtiment pour la prière, rappellent la structure de celle de Médine. Trois autres éléments de la mosquée sont bientôt caractéristiques de cet édifice : le minaret, tour du haut de laquelle le muezzin (le crieur) lance son appel cinq fois par jour ; la midha (latrines et salle d’ablutions) où les fidèles se purifient avant d’entrer dans la mosquée ; enfin la qibla, mur indiquant la direction vers laquelle s’oriente la prière. Le mihrab, une niche creusée dans la qibla, détermine l’organisation et l’orientation de l’espace de toutes les mosquées du monde.

Autre caractéristique de l’architecture musulmane, le dôme provient des traditions sassanides et chrétiennes. Datant de la fin du VIIe siècle, le dôme du Rocher, à Jérusalem, est l’un des dômes les plus anciens et les plus imposants ; il indique l’endroit d’où Sidna Mohamed a fait de nuit le voyage céleste (Mi’raj). Lorsque l’influence turco-ottomane s’accroît, les mosquées de type ottoman — qui reflètent l’héritage byzantin — sont construites dans tout l’empire. Celle de Sélim II (sultan de 1566 à 1574), conçue par l’architecte turc Sinan à Edirne, possède unecoupole précédée d’une cour à arcades et entourée de dômes. Cette disposition rappelle la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, bel exemple d’édifice religieux byzantin transformé en mosquée. Cette forme, utilisée pour la mosquée de Soliman le Magnifique (la mosquée Süleymaniye, 1550-1557), influence la conception des mosquées en Turquie, en Syrie, en Égypte, en Arabie et en Afrique du Nord.

Probablement d’origine syrienne, adapté par les Omeyyades, utilisé dans les mosquées abbassides, puis en Égypte aux ixe et xe siècles, l’arc en ogive apparaît dans les mosquées mameloukes à partir du XIIIe siècle.

Durant la période omeyyade, le monde musulman produit ses plus beaux exemples de civilisation urbaine. Cependant, avec l’arrivée des Mongols, les villes sont détruites (et réduites à de simples villages), de même que le système d’adduction d’eau dont dépend leur survie.

Les fondements de la grande cité administrative sont posés à Samarra (en Irak) par les Abbassides. Au sein d’une énorme enceinte de murs de 175 hectares, la ville comprend des jardins, des bureaux, une mosquée, des bains et des quartiers résidentiels. Certaines des demeures sont décorées de peintures figuratives, mais le travail le plus remarquable consiste en dessculptures sur plâtre de motifs géométriques empruntés à l’Asie centrale. Les plans de villes, comme Samarra, sont remarquables par la conception des aqueducs et des égouts ; toutes les maisons sont équipées de bains et de latrines.

D’origine sassanide, l’organisation intérieure de « la Ville ronde », Bagdad (également en Irak, fondée en 762), se distingue du type précédent de villes. Elle est composée de deux cerclesconcentriques ouverts sur quatre avenues et au milieu desquels se dressent le palais du calife et la mosquée. Entre les deux cercles se trouvent les logements des gardes et des fonctionnaires. Le commerce et l’artisanat, d’abord tolérés à l’intérieur du premier cercle, sont ensuite repoussés à l’extérieur.

En Iran, les Safavides, derniers grands bâtisseurs, sont célèbres pour les ponts, les terrains de sport et les palais dotés de kiosques en bois d’où l’on voit fontaines et matchs de polo. Des bains publics, bazars, jardins, pavillons de jardin, ribats (murailles) et postes de frontière, il ne reste que quelques exemples en Tunisie.


Organisateur : Institut du Monde Arabe (Paris) / Arab World Institute (Paris)
Type : Musique/Arts - Ouverture
Réseau : Mondial
Heure de début : mardi 6 octobre 2009, à 10:00
Heure de fin : dimanche 10 janvier 2010, à 18:00
Lieu : IMA/WAI
Adresse : 1, rue des Fossés Saint-Bernard
Ville : Paris, France