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Musique albanaise

Musique albanaise

La musique albanaise est celle pratiquée en Albanie, mais aussi par les nombreuses communauté émigrées en Italie, au Kosovo et en Macédoine.

Elle présente des caractéristiques tout autant archaïques, préservées par le relief et le régime, que métissées, par l'influence byzantine, ottomane, persane, arabe, grecque ou des Balkans.

L'Albanie, pays des Balkans est un pays relativement récent. Son indépendance est  proclamée le 28 novembre 1912, par l'Assemblée de Vlorëne[1]. En raison de son isolement politique et économique après une longue période de communisme[2], la musique populaire de ce pays est mal connue à l'étranger. Peu de musiciens se sont produits ces dernières années en France et dans le monde et rares sont les enregistrements pouvant donner ainsi un aperçu de la richesse de la musique vocale et instrumentale de l'Albanie. L'instrument traditionnel le plus commun dans ce pays est le lahuta (ancien instrument de musique cordophone apparenté au oud).


La musique traditionnelle du Patrimoine

La musique traditionnelle produite en Albanie est classifiée en deux grands genres musicaux distincts d'une part la musique produite par la tradition orale des Ghegs établis dans le nord du pays et d'autre part les Tosks et Labs dans le sud.

Dans la région méridionale sont présente différentes formes de polyvocalité, avec ou sans bourdon qui diffère aussi selon le sexe et de la tranche d'âge des exécutants.

Issue de la musique sacrée byzantine, l'isopolyphonie albanaise est une forme élaborée de chant choral, principalement interprétée par des hommes. L'essor du tourisme culturel et l'intérêt croissant des chercheurs contribuent à la revitalisation de cette tradition folklorique unique.

 

L'isopolyphonie pratiquée par les Tosks et les Labs dans le sud albanais. Le terme iso désigne le bourdon qui accompagne le chant polyphonique et s'apparente à l'ison de la musique liturgique byzantine. Le bourdon est obtenu de deux manières. Chez les Tosks, il est toujours continu et utilise la voyelle ‘e', les chanteurs reprenant leur souffle en alternance. Chez les Labs, il est parfois rythmique est corroboré par le texte du chant.

Une distinction est établie entre la polyphonie à deux, 3 ou 4 voix. Répandue dans tout le sud du pays, l'isopolyphonie à deux voix est la forme simplifiée polyphonique principalement chantée par les hommes, à quelques exceptions, on retrouve quelques chanteuses de renom. Cette musique fait l'objet d'interprétation lors des fêtes et rassemblements sociaux tels les mariages, les funérailles, la fête des moissons. Aussi dans le sud, les saze (petits orchestres) composés de 4 ou 5 instruments jouent de la musique accompagner la danse folklorique lors d'occasions festives ou lors. Le festival de musique populaire le plus remarquable est celui organisé à Gjirokastra.

La structure verticale et horizontale de l'isopolyphonie albanaise présente les caractéristiques suivantes : les chansons comprennent le plus souvent trois parties (deux parties solos - le chant et le contre-chant - et un bourdon tenu par le chœur). Le chant à quatre voix est plus rare. On le trouve seulement chez les Labs. Il comprend également deux parties solos, mais s'accompagne d'un double bourdon : l'un chanté par le chœur, l'autre par un soliste. La structure des solos diffère selon la manière d'exécuter le bourdon, dont les deux types présentent aussi une grande variété de structures, notamment dans le style de pédale très répandu dans tous les groupes ethniques.

La tradition subit les conséquences de la pauvreté, du manque de protection légale et de l'absence de soutien financier aux praticiens, ce qui compromet la transmission du vaste répertoire de chansons et de techniques. D'autres dangers viennent de l'exode rural des jeunes vers les grandes villes mais aussi à l'étranger pour trouver du travail. Aujourd'hui, la transmission du savoir est davantage assurée par des artistes populaires professionnels que par la structure familiale.

Depuis quelques décennies, la progression modeste du tourisme culturel ainsi que l'intérêt croissant de la communauté scientifique pour cette tradition populaire unique ont contribué à la renaissance de l'isopolyphonie albanaise.

 


La musique populaire

Pour des raisons idéologiques, le régime communiste a valorisé à l'extrême le folklore albanais jusqu'à la caricature. La musique, qui avait pour fonction d'affirmer l'identité nationale et communiste, devait porter le sceau de l'authenticité, hors de toute influence étrangère, bourgeoise et révisionniste [3] . Chacun des trente-sept arrondissements du pays avait alors son groupe officiel chargé de le représenter lors des diverses manifestations et le régime organisait tous les cinq ans un célèbre festival à Gjirokastër, ville de naissance d'Enver Hoxha. La valorisation du folklore par le régime communiste peut-elle expliquer que les traditions musicales de l'Albanie soient restées extrêmement vivantes jusqu'à nos jours ?

Musiciens albanais

  • Nexhmije Pagarusha, chanteuse et actrice albanaise, vivant au Kosovo.
  • Elsa Lila, chanteuse albanaise, elle a participé au Festival de la Chanson Italienne à Sanremo pour les années 2001 (Valeria) et 2007 (Il senso della vita).
  • Vaçe Zela, chanteuse albanaise, vivant en Albanie.
  • Compositeur albanais : Cesk Zadeja, Kujtim Laro, Limoz Dizdari, Xhevahir Spahiu.


Le çiftelia est un instrument de musique plus fortement joué dans les territoires albanais du nord, tel que le Kosovo mais on peut aussi le trouver dans d'autres régions du pays.

Cet instrument de musique est aussi connu sous le nom de "dyzen", "karadyzen","tamrre", "tamburrase".

Il a une forme piriforme profonde sculptée hors d'une seule pièce de bois.

L'instrument comprend 3 parties: la caisse de résonnance (creuse et arrondie), le dessus et le manche.

Le manche est divisé en 13 parties par des barres de cuivre accordées en 4ème et est touché une echelle diatonique avec des éventés partials que produisent naturellement les sons albanais:(do-re-mi (partial flat)-fa-sol-la (partial flat)-si (flat)-do).

La taille et la profondeur varient selon les régions; la forme commune est d'un type avec 2 cordes;mais il y a des variations (3 ou 4 cordes). Il est fabriqué le plus souvent avec  de l'écorce de cerisier.

La première corde est utilisée pour jouer les notes pendant que la seconde agit comme un renfort de tons harmonieux. Un joueur expérimenté peut aussi utiliser de la seconde corde pour jouer des mélodies complexes. L'instrument est utilisé pour jouer une variété de chansons illyriennes et des danses par couple (shota). Les chanteurs solo l'utilisent comme accompagnement en racontant les histoires traditionnelles. Il peut aussi être accompagné dans un ensemble avec d'autres instruments de musique tels que "zumarja","bishnica","fyelli","bilbili","sharkija".

Notes et références

  1. fut reconnue à Londres, par les grandes puissances, que le 29 juillet 1913 qui décidèrent d'amputer l'Albanie de la moitié de son territoire ethnique, annexée à la Serbie, à la Grèce et au Monténégro.
  2. Parmi les musulmans, on compte deux grandes obédiences: des musulmans sunnites et des bektashis (courant mystique qui se rattache à la tradition chiite et est marqué par une très grande tolérance religieuse et culturelle). Les bektashis ont joué un rôle déterminant dans la lutte des Albanais pour une autonomie au sein de l'empire Ottoman. Pendant la deuxième guerre mondiale, de nombreux dignitaires bektashi ont pris part à la résistance armée aux côtés du Parti Communiste. Ils n'en furent pas moins impitoyablement éliminés par le nouveau régime. L'Albanie ayant subi un isolement complet durant 45 ans, elle doit aujourd'hui encore poursuivre sa reconstruction et son intégration sur la scène internationale.
  3. Benjamin Kruta, Rapport entre l'authentique et le caractère de spectacle dans le folklore contemporain, Studia Albanica, 1977, p.

Bibliographie

  • Arbatsky, Yuri (1953). Beating the Tupan in the Central Balkans. The Newbery Library.
  • Koco, Eno (2004). Albanian Urban Lyric Song in the 1930s. Scarecrow Press. ISBN 0-8108-4890-2.
  • Sugarman, Jane C. (1997). Engendering Song: Singing and Subjectivity at Prespa Albanian Weddings. University of Chicago Press. ISBN 0-226-77973-4.


Liens internet