Jeudi 11 avril 2013
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Durant la première moitié du XXème siècle, entre les deux guerres, la Tunisie connaissait une activité culturelle et littéraire intense. Peut être même l'une des plus riches et des plus
enrichissantes de son histoire. C'était l'époque où artistes, humoristes, chanteurs, écrivains et journalistes se retrouvaient dans des cafés littéraires pour s’adonner à des discussions
interminable à propos de l'actualité, de la littérature et la société tunisienne.
La culture
tunisienne du siècle dernier doit une fière chandelle au café Taht essour, lieu de rencontre, d'enrichissement et d'échange, et source d'inspiration des plus grands hommes de lettres et artistes. D'ailleurs, dans l'esprit de beaucoup de gens,
ce café passait pour être un établissement culturel qui a assumé, durant l'ère coloniale, un rôle historique.

Le groupe "Taht Essour" (جماعة تحت السور), signifiant « sous les remparts » en français, est un groupe
d'intellectuels tunisiens de l'entre-deux-guerres, provenant de toutes disciplines, qui se réunissaient dans un café homonyme situé dans le quartier populaire de Bab Souika (contre les remparts
de la médina de Tunis).
Le poète Tahar Bekri le décrit en ses termes :
« Chansonniers, journalistes, libres-penseurs, anticonformistes, désargentés, pessimistes et désespérés de leur état
mais qui se vengeaient de l'adversité par l'ironie et l'humour noir [...], rien n'échappait à leur regard satirique, déjouant par le rire la déchéance sociale et l'injustice de
l'histoire. »

Il comprenait notamment Moustapha Amine, Habib Cheikhrouhou, Mohamed Arbi, Abou el Kacem Chebbi, Tahar Haddad, Abdelaziz El Aroui, Abderrazek Karbaka, Mustapha Khraïef, Hédi Jouini, Hédi Laâbidi, Zine el-Abidine Snoussi et Khemaïs Tarnane ainsi qu'Ali Douagi qui raconta la vie du groupe dans l'une de ses œuvres.

Abdelaziz El Aroui, né le 17 décembre 1898 à Monastir et décédé en 1971 à Monastir, fut un dramaturge, journaliste et chroniqueur tunisien rattaché
au Jamaât taht essour.
Les connaissances et le savoir de Abou el Kacem Chebbi se sont développés grâce au contact avec les milieux universitaires et
les artistes du groupe Taht Essour (« sous les remparts »)
Le groupe permet aux Tunisiens de surpasser leur « nature byzantine de communication » : on y trouve ainsi
l'écrivain, le poète, le musicien, l'artiste, le dramatique, le mélancolique ainsi que le comique. C'est un mélange complètement hétérogène qui se dissout pour devenir parfaitement
homogène.
Dans ce microcosme de la société tunisienne des années 1930, on a du mal à tracer les limites entre les divers genres d’écriture
ou d’activités en rapport avec la production littéraire, journalistique, poétique aussi bien en langue « Fosha » que dialectale. Le ton de la dérision prenait et de la satire
devenait une arme de combat de l’état colonial, de ses symboles et des ses alliés. C’est à partir des sources d’une certaine culture populaire irrévérencieuse que la presse de l’époque puisait
ses ressources, pour vilipender toutes les formes d’injustice et d’humiliation dont était victime le peuple tunisien, Ezzahou de Haj Othman el Gharbi en est l’illustration, avec les poèmes
d’un Abderrahman El
Kefi un poète engagé, d’abord dans la mouvance communiste avant de rejoindre les rangs du Neo-Destour.
Ainsi la production littéraire de cette époque était fortement marqué le souffle de la révolte, l’engagement social avec les
plus démunis, ce qui a favorisé l’éclosion d’un romain et d’une nouvelle qui traduit des aspirations populaires par la voix d’écrivains qui vivaient dans une certaine errance et
marginalité.
Bibliographie
Pour aller plus loin, consulter le livre du Pr. Rachid Dhaouadi sur les habitués du café Taht Assour, et celui
de Mohamed Fadhel Ben Achour «الحركة الفكرية والأدبية بتونس» («Le mouvement culturel et littéraire en Tunisie»).
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Rab’aa ben Achour : « l’évolution culturelle » p. 217 in Histoire générale de la Tunisie, époque
contemporaine, Tome 4.
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