La musique
arménienne est un mélange de musique folklorique, avec l'emblématique duduk, et de musique sacrée. Elle a de plus subi les influences des pays
voisins, avec les musiques arabe, turque, iranienne, azérie et kurde.
L'Arménie s'étendait autrefois par-delà ses frontières actuelles jusque sur les territoires
turcs[1]Comme tous les peuples de Turquie, ceux-ci ont créé une musique aux influences multiples, fondée sur la
tradition des asug, des bardes qui sillonnaient les régions et se rendaient de village en village[2]. Ce pays est l'un des
berceaux de l'humanité au carrefour de l'Orient et de l'Occident[3]. Ararat, mont neigeux,
biblique, d'où s'envole une colombe porteuse de paix, est, dans l'Histoire mythique, le sommet du nouveau monde purifié par le Déluge. C'est en Arménie que l'Arche se pose. Hayk, descendant de
Japhet, patriarche biblique, fils de Noé, sera l'ancêtre légendaire des Arméniens. L'une des traditions de la musique arménienne est sa transmission orale depuis des siècles.
Moïse de Khorène signale des chants historiques et héroïques datant de plusieurs siècles. Faust de Byzance et
Yéghiché font allusion à des fêtes païennes où la musique est présente et prisée. Par ailleurs, certains fragments de musique folklorique recèlent des traces de cet art lointain. Les auteurs en
étaient les goussan (chanteurs professionnels et poètes), les vipassan (poètes et auteurs de poèmes épiques), les tsaynargou (pleureuses professionnelles), les vartsag (chanteuses et
danseuses).
Parmi les meilleurs représentants actuels de la musique traditionnelle arménienne d'Anatolie on peut citer Knar
qui est produit aussi chez Kalan Müzik.
Histoire
Musique chrétienne
Le chant arménien, composé de huit modes, est la plus commune des musiques
religieuses en Arménie. Ceci est écrit dans le khaz, un livre de notation musicale arménienne. Beaucoup de ces chants ont des origines antiques, s'étendant depuis les temps préchrétiens, tandis
que d'autres sont relativement modernes, y compris plusieurs composés par le moine Mesrop Mashtots, l'inventeur l'alphabet arménien. Parmi les interprètes les plus reconnus - ou
shakarans - Citon la soprano Lusine Zakaryan de la cathédrale d'Etchmiadzin.
La musique religieuse arménienne est restée liturgique jusqu'à ce que Vertapet Komitas présente la
polyphonie à la fin du XIXe s siècle. Sauf sa contribution à la musique religieuse, nous pouvons considérer Komitas comme le fondateur de la musique arménienne classique moderne. Entre 1899 et
1910, il voyage dans les régions montagneuses d'Arménie et y collecte plus de 3 000 airs de chansons populaires, qu'il harmonise et transforme en lieds.
Musique folklorique
La musique folklorique arménienne s'est enrichie au fil des temps d'une grande
diversité d'instruments. Ceux-ci incluent le kanun, le davul, l'oud (lute), le tar, le zurna et surtout le doudouk. Les
« stars » de cet instrument sont Margar Margarian, Levon Madoyan, Vatché Hovsepian, Gevorg Dabaghyan, Yeghish Manoukian, mais aussi le plus célèbre, Djivan Gasparyan.
La période allant du XIV au XVIII siècles constitue une époque charnière dans le
développement de la musique traditionnelle arménienne. Elle voit naître un riche répertoire de ballades et de chants traitant de thèmes philosophiques, spirituels, lyriques et comiques
accompagnés d'instruments surtout à cordes tels que le kamancha, le saz et le santhour. A l'instar des troubadours
et des ménestrels du Moyen Age cette tradition est représentée par les ashoughs et les goussans qui sont des musiciens, chanteurs et poètes itinérants qui parcourent la Transcaucasie. Les ashoughs développent un répertoire savant essentiellement destiné aux cours princières. Sayat Nova est l'un des plus illustres
représentant de cette lignée d'ashoughs au XVIIIe s siècle. Quant aux goussans, qui cultivent une poésie plus immédiate, ils sont surtout appréciés par un public plus rural ou citadin. Parmi les
goussans, Chèram et Djivani ont eu une grande influence sur le chant populaire arménien contemporain. Leurs
compositions sont aujourd'hui jouées dans la plupart des fêtes arméniennes, en particulier lors des mariages. Parmi les interprètes plus modernes qui perpétuent cette tradition musicale on trouve
Armenak Shahmuradian, Vagharshak Sahakian, Noraïr Mnatsakanian, Rouben Matevosian, Haïrik Muradian, Hovhannes Badalian, Raffi Hovhannisian, Papin Poghosian ou Hamlet Gevorgian.
À l'époque de la domination soviétique, l'enseignement de la musique folklorique arménienne fut
très contrôlée dans les conservatoires.
Même si les danses traditionnelles arméniennes d'aujourd'hui sont associées aux interprètes comme
Tata Simonyan, les vraies chansons traditionnelles sont transmises par des interprètes comme Rouben Matevosian, Ophelia Hambardzumyan, Varduhi Khachatrian ou Papin Poghosian.
Plus récemment, Arto Tuncboyaciyan et son groupe Armenian Navy Band ont élargi les frontières de la
musique traditionnelle folklorique arménienne en la fusionnant avec d'autres courants de la world music et le jazz.
La diaspora
arménienne
En 1915, le génocide arménien perpétré en Anatolie (Arménie
occidentale) par le parti Jeunes-Turcs (en turc : Itthiad ve Terakki) met à mal la culture arménienne et
mène à une émigration de masse, qui donne naissance à la diaspora arménienne. Ces émigrants se sont principalement installés en France, Syrie, Liban, Iran, Irak, Canada et États-Unis. Dans la
vallée centrale californienne, la deuxième et la troisième génération d'arméniens ont su préserver leurs traditions populaires, à l'image du joueur d'oud Richard Hakopian ou de John
Berberian,connu pour ses fusions de la musique traditionnelle arménienne avec le jazz et le rock dans les années 60. Au Proche Orient, George Tutunjian, Nersik Ispirian, Karnig Sarkissian et
d'autres artistes de la « Chanson Révolutionnaire Arménienne » sont rapidement devenues populaires dans la jeunesse de la diaspora, notamment au sein l'ARF (Armenian Revolutionary
Federation). Certains musiciens, dont le joueur de kanoun, Ara Topouzian ou le groupe VANArmenya, se font les promoteurs de la musique de « l'autre Komitas », Grikor Mirzaian, en
intéerprétant aussi bien des chansons pour enfants que patriotiques.
Musique classique
Le compositeur Aram Khatchaturian, internationalement connu pour ses
ballets et surtout sa Danse du Sabrecompositeurs classiques de la fin du XIXe siècle, Kemani Tatyos Ekserciyan
est l'un des plus représentatifs de la musique classique ottomane. Ces dernières années, Avet Terterian, Tigran Mansurian et, plus récemmennt, Khachatur Avetissian, dont beaucoup de ses
compositions sont basées sur des thèmes folkloriques et traditionnels, ont tous connu un succès mondial. Le compositeur arméno-américain Alan Hovhaness (1911-2000) utlise souvent des thèmes
arméniens dans ses compositions. issue de son œuvre immortelle, le ballet Gayané, est le plus célebre des musiciens
arméniens. Arno Babadjanyan est un autre compositeur de l'ère soviétique. Parmi les
Dans la musique classique, beaucoup de chanteurs arméniens ont gagné une
reconnaissance mondiale : les sopranos Haykanush Danielian, Gohar Gasparian, Gohar Galachian, Tatevik Sazandarian, Anna Nshanian, Arpine Pehlivanian, Melania Abovian, Arax Mansourian, Lucine
Amara, Cathy Berberian, Ellada Chakhoyan, Barsegh Toumanian. et plus récemment, Isabel Bayrakdarian,
les ténors Tigran Levonyan, Gegam Grigoryan et Vahan Mirakyan, les basses Shara Talian, Avag Petrosian et Henrik Alaverdian.
Variété, chanson et musique
Rock&Pop
Dans la musique populaire, Suzan Yakar Rutkay et Udi Hrant Kenkulian, tous les deux nés en Turquie,
étaient des artistes célèbres dans les années 1920 et 1930 et ont enregistrés pour des labels tels que RCA Victor, HMV et Columbia Records.
Les représenations féminines les plus en vue de la musique pop arménienne moderne sont Bella Darbinyan, Raisa
Mkrtchyan et les interprètes vocales plus contemporaines telles Elvina Makaryan, Erna Yuzbashian, Nadezhda Sargsian, Zara Tonikyan, Suzan Margaryan ou Tatevik Hovhannisyan. Chez les hommes, Adiss
Harmandian., Rouben Hakhverdian, ont des poètes lyriques et des auteurs-interprètes. Les plus conventionnels dans le genre pop-vocal ont été Georgi Minassian, Artahes Avetyan et Levon
Sevan.
En France, Charles Aznavour (de son vrai nom, Aznavourian) ou Sylvie Vartan sont des stars de la chanson depuis
des décennies. Rosy Armen a connu un réél succès en France, en Espagne, au Canada et en URSS dans les années 1960 et 1970. Plus récemment, Patrick Fiori, Liane Foly ou Hélène Ségara reprennent le
flambeau.
Aux États-Unis, Cher (de son vrai nom Cherylin Sarkissian) et le groupe de rock heavy metal System of a Down sont
des stars internationales. Par ailleurs, bien que l'auditoire reste limité pour des rock groupes locaux, l'intérêt porté pour de jeunes groupes rock comme Sard et Bambir 2 croît, particulièrement
depuis la diffusion des clips de leurs nouvelles chansons sur des chaînes de télévision locale.
Depuis 2002, le compositeur américain Daniel Decker fut acclamé pour ses collaborations avec le compositeur
arménien Ara Gevorgian. La Prière de Noé, chanson racontant le voyage de Noé jusqu'au mont Ararat a été créée en 2002 et interprétée lors d'un concert à Sardarapat pour célébrer l'anniversaire de
l'indépendance du pays en présence de président Robert Kotcharian et du catholicos Garéguine II. S'en suit une deuxième collaboration : Adana raconte l'histoire du génocide arménien, et
notamment les premiers massacres dans la ville d'Adana. Comme pour leur première collaboration, Decker a écrit les textes sur la musique d'Ara Gevorgian.
Musique Rap
Le rap arménien est apparu en Arménie il n'y a pas longtemps. Le
premier groupe de rap est Hay Tgheq qui veut dire "Mecs Arméniens".
Quelques
rappeurs arméniens
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En Arménie
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H.A.Y.Q
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Erevanski
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Apostels
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Garo
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Super Sako
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Aux USA
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Capital Z
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Kro
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Mobster
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R-Mean
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Twinz
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Scrappy
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Shakro
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Profit
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Minor
Instruments de
musique
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Daf
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Davoul
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Dhol
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Doudouk
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Doumbeg
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Kanoun
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Kaval
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Kemenche
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Oud
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Peloul
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Santour
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Saz
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Shvi
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Srink
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Soulich
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Tar
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Touloum
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Zurna
Références
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Hagopian, Harold. "The Sorrowful Sound". 2000. In Broughton, Simon and
Ellingham, Mark with McConnachie, James and Duane, Orla (Ed.), World Music, Vol. 1: Africa, Europe and the Middle East, pp 332-337. Rough Guides Ltd, Penguin Books. ISBN 1-85828-636-0
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↑ Le pays s'étend à 1.000 mètres d'altitude, de la plaine de Transcaucasie au Plateau d'Anatolie, et de la mer Noire à la
Mésopotamie. Elle est entourée de chaînes de montagnes dont l'altitude varie entre 3 000 et 4.000 mètres. De ces hauteurs émergent le mont Ararat (5 136 m) et le mont Arakadz (4 095 m). Le
plateau arménien est riche en lacs et en cours d'eau, nourrissant les quatre grands fleuves du Proche-Orient : le Tigre, Euphrate, l'Araxe et la Koura.
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↑ Les origines de la civilisation arménienne se perdent dans la nuit des temps. Grâce à des découvertes archéologiques et des
centaines d'inscriptions hiéroglyphiques, nous savons que cette civilisation est l'une des plus anciennes, déjà florissante au troisième millénaire avant notre ère.
Texte basé sur le texte de Mario Scolas Scolas
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