Crédit photo Dafina.net
Hajja Ghita El Oufir (née en 1932 à Rabat - décédée le 7 septembre 2009) est une musicienne marocaine. Pianiste de grand talent, elle jouait également de la harpe et de l'accordéon.
Biographie et évolution musicale
Elle intègre l'orchestre national de musique andalouse de la Radio-Télévision marocaine notamment, sous la direction de feu Moulay Ahmed Loukili.
Elle est arrivée à rejoindre un monde, jusqu'alors, exclusivement réservé aux hommes, où elle a excellé, tout au long de ses 40 années de carrière donnant ainsi une
image positive de la femme marocaine. Hajja Ghita compte à son actif quelque 267 enregistrements radiophoniques, plus de cent cinquante
programmes télévisés et festivals de musique andalouse tant au au Maroc qu' à l'étranger. Grâce à cette figure de proue, des femmes ont pu intégrer le champ
artistique, en particulier celui de la musique arabo-andalouse, a déclaré Mohamed Birou,
à la MAP. Pour ma part, je tiens à modérer ses propos si je me tiens aux travaux
de l'académicien marocain Abdelaziz Benabdeljalil qui mettent en évidence la participation de la femme musulmane dans la création musicale depuis l'avènement des Omeyyades à
Cordoue au VIIIème siècle jusqu'à la fin du XVème siècle, date de la chute de Grenade. Pour étayer cette réalité, l'académicien s'appuie sur les écrits de Tifachi Sfaqsi, un
savant du VIIIème siècle, qui précise que la pratique de la musique par des femmes était l'apanage de la seule ville de Séville, où des vieilles femmes enseignaient le chant à
leurs captives. L'Andalousie a aussi connu des femmes de la grande société qui pratiquaient le chant et la poésie avec beaucoup d'adresse pour ne citer que Ouallada Fiffe à l'époque du
Calife Al Mustakfi. Au Maroc, rappelons que l'orchestre de femmes de Tétouan dirigé par Rahima avait ouvert le genre au femmes, alors qu'en Algérie les formations
masculines accueillent volontiers des dames musiciennes. Dans un genre musical voisin, le melhoun, les femmes pionnières
tenaient également un grand rôle pour ne citer que Zohra El-Fassiya.
La dépouille mortelle de l'artiste a été inhumée après la prière d'Al Asr, au cimetière Chouhada à Rabat.
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