Les artisans marocains sont toujours heureux d'arriver sur leur lieu de travail, d'exercer le métier de leur choix, et de présenter leur créations. Même si la journée peut paraître plus ou moins longue et rude
en fonction du climat saisonnier. C'est d'abord une question de rythmiques au quotidien.
A une époque, bien avant l'apparition de la radio et de la télévision, bénéficier d'un moyen de distraction ou d'un loisir, était
une nécessité. Pour se faire, le chant, la narration, le conte, la poésie ont été
le moyen de distraction pour ces artisans et paysans après leur labeur. Comme je l'ai déjà expliqué, le chant malhoun a par ailleurs été conçus en fonction
des rythmiques du labeur, parfaitement rendus par les rythmes des claquements des mains et des pieds mais aussi imités sur les pas des animaux domestiques de champs, autour du mouvement d'un
moulin à l'huile ou à blé.
Cette rythmique musicale était d'abord un mouvement naturel avant la création des mouvements artificiels rendus par les
instruments de musique. Au début du malhoun, il n'y avait que la voix chantée chez ces artisans qui
n'avaient pas les moyens de posséder des instruments de musique. Les premiers instruments de musique étaient de facture locale et en céramique produite à moindre coût. La "Tarija" remplit ce besoin.
La tarijaest un petit instrument de musique à percussion digitale en forme de petit tambourin en sablier recouvert d'une peau en
intestin de chèvre dont la casse est une poterie vernissée, souvent de mauvaise facture. Le
diamètre de la poterie est de 15 centimètres. L'instrument est équipé d’une membrane qui produit un timbre résonateur interne. Les débutant dans l'art du malhoun apprennent pour leur éducation musicale cette percussion, qui ne produit qu'un son unique. Instrument privilégié de
plusieurs confréries soufies dans la musique traditionnelle marocaine.
Petite anecdote : à Essaouira, lors de la fête des 10 jours, chaque homme, femme et enfant possède une tarija dont à la fin d'une longue procession
clôturant cette fête et dont chaque instrument est jeté dans le feu !
La Taktouka est un art
populaire ancestral venu des montagnes du nord-ouest du Maroc. Cette musique est produite par des
instruments de musique traditionnels comme le guembri et la tarija auxquels sont venus de greffer des instruments plus modernes comme le banjo. A Tanger comme
à Tétouan, Ouazzane et Asilah, les belles
chansons de l'Aïta Jabalia résonnent toujours dans les cafés des quartiers populaires.
Aïta Jabalia connu plus couramment sous le nom de Taktouka Jabalia qui est un folklore chamali. cette musique évoque souvent le marabout Moulay Abdeslam Ben Mchich Alami. Les Jbala comme leur nom l’indique, sont les « montagnards » ou « les
habitants des montagnes ». Ce nom qui se réfère plutôt à la géographie qu’à un aspect ethnique donné, est passé pourtant pour une identité culturelle parce qu’il n y a aucune autre
population appelée « Montagnards » au Maroc.
Le terme Jbala peut posséder une connotation péjorative (paysans, blédards...) d'où une certaine
récalcitrance à dévoiler ses origines chez ces autochtones. Cependant, ils sont souvent trahis par leur accent particulier. Cet aspect péjoratif a été véhiculé par les habitants des villes
(bourgeoisie arabo-andalouse). La réhabilitation politique des zones nord après la disparition de Hassan II a toutefois contribué à réhabiliter cette culture.
Comme la plupart des traditions musicales populaires du Maroc, la Taqtuqa el-Jabalya ne semble pas avoir d'origine précise
historiquement attestée, sa vague actuelle apparaît à l'époque moderne liée à la diffusion radiophonique lorsqu'elle fait l'objet de certaines émissions par la station régionale, peu avant la
Seconde Guerre mondiale. On peut compter Haj Mohamed el
Ghayyati parmi les célébrités de l'époque.
Une chanson en hommage à la ville de M'hamid El Ghizlane et à son Festival Taragalte des Musiques du désert et du Monde, dont Oum
a été la marraine de la quatrième édition.
Cette vidéo rapporte tous les moments forts de ce
séjour au Sahara. Des moments partagés avec les habitants de M'hamid, mais aussi avec des artistes venus du Mali (Tartit), de Mauritanie (Noura Mint Seymali), de France (Nico Wayne
Toussaint).
L'édition 2012 du Festival Taragalte avait pour thème: Femmes du désert.
C'est à Taragalte que Oum a choisi de présenter Soul Of Morocco accompagnée de son nouveau quartet:
Alain Debiossat: Baryton, saxo alto, soprano, flûte (+guitare) Patrick Marie-Magdelaine: Guitares Patrick Goraguer: Batterie, percussions Damian Nueva: Contrebasse
Paroles, mélodies et arrangements: Oum
Direction Artistique: Sir Ali Alizadeh Production: Laurent Foulon pour LOF Music Assistante production: Hind Elbouab
Derniers Commentaires