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Une pièce de théâtre fait l'éloge de la tolérance au Festival d'Hammamet

Une pièce de théâtre fait l'éloge de la tolérance au Festival d'Hammamet

Une nouvelle pièce mettant en scène un philosophe du Maghreb grand défenseur de la tolérance fait sensation au Festival de Musique et de Théâtre d'Hammamet.

Son auteur, Ezzedine Madani, définit ainsi son oeuvre à Magharebia : "Ibn Rushd" est un "message transmis à une communauté qui doit faire face à de [graves] problèmes en n'acceptant pas les autres".

La pièce aborde le sujet de la tolérance "dans une société dominée par l'intolérance et le dogmatisme aveugle", ajoute Madani.

Le 46ème Festival International d'Hammamet s'est ouvert le 13 juillet 2010 et s'achèvera le 21, réunissant une pléiade de stars de la musique tunisienne et internationale, dont les rappeurs français IAM, les tunisiens Anouar Brahem et Leila Hejaiej, le chanteur canadien Garou et le libanais Marwan Khoury. Douze pièces de théâtres produites par des troupes locales, palestiniennes, françaises et irakiennes figurent également au programme.

Les représentations théâtrales ont débuté le 13 juillet par la pièce de Madani, qui retrace le règne du calife Mouahidi Abu Yusuf, aka Mansur, qui régnait sur le Maghreb Islamique entier, depuis la frontière égyptienne à l'extrémité du Maroc, ainsi que sur l'Andalousie.

Mansur avait suivi une ligne extrémiste, persécutant les juifs et les chrétiens. Le philosophe Ibn Rushd avait défendu ces derniers, car ils étaient membres de la communauté andalouse et qu'ils jouissaient des mêmes droits et devoirs que les musulmans, qui constituaient la majorité.

De nombreux jeunes ont participé à la production à l'occasion de l'Année Internationale de la Jeunesse.

Le jeune acteur Chakib Ramadani déclare à Magharebia que pour les jeunes, participer à cette production a été perçu comme "un signe de reconnaissance de ceux qui sont différents, et d'une coexistence fructueuse entre toutes les générations".

"Aucune personne raisonnable pourrait ne pas renoncer à l'extrémisme et à l'intolérance, parce que ces deux fléaux sont la cause essentielle de tous les problèmes rencontrés par l'humanité, comme les guerres, les assassinats, la déportation d'innocents, et tout cela au nom d'intérêts personnels", dit-il.

La jeune actrice Yousr Trabelsi déclare :"La socialisation des jeunes dans de telles oeuvres, leur implication aux côtés de professionnels qui comptent plus de 50 ans d'expérience, tout cela développera la scène théâtrale tunisienne et permettra de faire émerger une génération interessée par les planches".

Yousr dit que la pièce fait l'éloge du principe énonçant "pas d'obligation en religion", comme cela nous est dit dans l'Islam, et qu"il est urgent et nécessaire "de répandre les valeurs de tolérance et de coexistence avec l'ensemble des religions pour pouvoir renoncer à toutes les formes de violences, en particulier les guerres qui ont causé la mort de millions d'innocents à travers le monde".

Moncef Souissi, qui joue le rôle d'Ibn Rushd, dit : "Les sujet de la tolérance et de la non-violence sont importants, et ils remontent aux temps les plus anciens ; nous devions donc nous y intéresser, en particulier dans les oeuvres de l'Art".

"Ibn Rushd est l'une des plus célèbres figures historiques ayant lutté contre l'intolérance et l'extrémisme religieux ; c'est ce qui l'a obligé à se cacher après une altercation avec le Calife Mansur, et c'est ainsi que [Ibn Rushd] est devenu une référence de l'école andalouse de philosophie, pour la propagation de la science et des valeurs de tolérance", ajoute-t-il.

De tels sentiments ont marqué de nombreux membres du public qui se sont entretenus avec Magharebia après la pièce.

"Même si ces événements théâtraux sont anciens, le message peut être considéré comme intemporel et universel, parce que la question de l'extrémisme religieux est devenu l'essence même des guerres anciennes, modernes et contemporaines, et des crimes commis contre l'Humanité", dit Moez Ben Mahmoud.

"L'extrémisme religieux n'est pas seulement une inquiétude musulmane, il concerne toutes les religions de la terre, et la seule solution est donc d'accepter l'Autre dans un esprit de coexistence pacifique afin de vivre en paix ", dit Abir Ben Naser.

 

Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 20/07/10