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"Tunis chante et danse 1900-1950". Avec CD par Hamadi Abassi

"Tunis chante et danse 1900-1950". Avec CD par Hamadi Abassi

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Autrefois, à Tunis ce n'était pas le bon temps pour tout le monde : heureusement, il y avait les artistes, musiciens et chanteurs pour entretenir la flamme d'une culture, par ailleurs ignorée ou violentée. Le patrimoine, riche t varié, d'un pays qui a toujours su se montrer ouvert aux apports étrangers, de par sa position au cœur de la Méditerranée, a été entretenu et protégé en gardant toute sa singularité. La Rachidiya fut le creuset d'où surgirent plusieurs générations de mélomanes au talent exceptionnel. Mais la musique populaire, issue des communautés différentes, innova pour sa part avec un dynamisme et une gaieté dont le " Kafichanta " fut le fer de lance. La frontière entre les deux genres n'était pas stricte et la plupart des artistes savaient passer d'une musique à une autre avec une faculté d'assimilation propose à la Tunisie. Ce n'était évidemment pas seulement pour gagner leur vie qu'ils répondaient ainsi aux attentes du public. Bien que jugés folkloriques ou frivoles, les chansons de cette époque faisaient battre le cœur d'un pays ou la libre parole était bâillonnée. C'est pour cela aussi que ces musiques sont si belles ; elles expriment l'âme du peuple et se sont imprimées dans sa mémoire à tel point qu'on a le cœur serré de nostalgie à chaque fois qu'on a la chance de les réécouter. Habiba Msika et Cheikh El Afrit, Salîha, Hassîba Rochdi et Raoul Journo et puis tant et tant d'autres. c'était avant la télévision, au temps de la radio - créée par le grand poète Philippe Soupault, dont la Tunisie était le pays d'adoption - que l'on apprit les refrains. D'autant mieux que les postes à galène coûtaient fort chers et qu'il valait mieux savoir les chansons par cœur puisqu'on ne pouvait vraiment les entendre qu'aux soirs de fêtes. Le charme contre la force, le chant contre le silence, la transmission contre la menace de l'oubli : Tunis chante et danse durant toute cette période pour affirmer que si les occasions de se réjouir sont rares, tout espoir n'est pas perdu et que la musique est toujours libre comme l'air qu'on respire.