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Tragédie marocaine : Perseverare diabolicum est

Tragédie marocaine : Perseverare diabolicum est

Il y a plus fort que les fables de Jean de La Fontaine et leur morale assassine.

Il y a le cas marocain, où une minorité s’est arrogée le pouvoir et s’en sert pour confisquer le pays, le saucissonner et le privatiser sous forme de principautés.

Hassan II avait l’habitude de s’extasier, devant les prétendus progrès, accomplis par le pays.

Il n’hésitait pas à y aller de déclarations surprenantes, sinon irréelles, comme celle que les marocains vivraient en démocratie et que le pays ne serait pas, loin s’en faut, un pays du tiers-monde.

Sans doute, son entourage direct, l’en avait-il convaincu, à force de le lui répéter.

Normal, pour quelqu’un qui s’était entouré de prédateurs applaudisseurs et qui avait des habitudes empreintes de paresse et de sédentarité, limitant ses sorties à des circuits balisés, routes refaites, trottoirs reconstitués, bordures et lignes blanches rafraîchies et immeubles  repeints.

Après avoir pillé sans vergogne et dans une impunité absolue, tout ce que le Maroc comptait comme niche économique, il clamait aux journalistes étrangers qui l’interrogeaient sur l’avenir de la monarchie, qu’il laissait à ses enfants cinquante années de tranquillité.

Sauf que, si les tyrans en oublient de relire les livres d’histoire, celle-ci se rappelle bien souvent,  à leur souvenir, longtemps après leur propre disparition.

C’est peut-être cela, la justice immanente.

Hassan II aura échappé à la reddition des comptes pour près de quarante ans de crimes, mais son enfer  doit probablement ressembler à cela: voir sa progéniture amplifier ses crimes et continuer de se fourvoyer d’errements en turpitudes et d’égarements en  perditions, jusqu’à ce que chute s’ensuive.

Tant va la cruche à l'eau !

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/a/a8/Moroccomall.JPG

L’inauguration de ce monstrueux supermarché, pompeusement baptisé « Morocco Mall », histoire de lui conférer une consonance et un caractère d’extraterritorialité,  est, à lui seul, l’illustration  parfaite que quelque chose s’est définitivement détraqué, au pays du couchant.

Magnifique parcelle de terrain de dix hectares, sur le domaine maritime et dont il serait intéressant de creuser les mécanismes et la convention de cession, architectes, décorateurs et entreprises étrangères, mystère soigneusement entretenu sur les identités des franchisés,  le reste à l’avenant...

Cerise sur le gâteau, cette inauguration en grande pompe, avec coupure de cordon par Meriem,  la sœur du roi, qui en dit long, sur les ramifications et les appuis, dont a bénéficié le projet et la rapidité d’obtention des autorisations de construire.

Le plus scandaleux dans cette affaire est le traitement subi par la presse marocaine invitée au gala d’ouverture et qui s’est vue refuser l’accès, pour...erreur  d’invitation.

Ce qui fait s’indigner  Samira Othmani, journaliste au quotidien Al massae, en ces termes :

-  « Votre Mall vous l'avez ouvert au Maroc ou sur Mars ? Si vous ne voulez pas de Marocains, ne l'ouvrez pas ici »

L’autre affaire est cette confiscation des terres collectives dans la banlieue de Guelmim, au profit de l’Emir du Qatar, trop heureux d’y venir taquiner l’Outarde marocaine et peut-être plus, si affinités, tant notre pays commence à ressembler à l’arrière-cour de tout ce que compte l’humanité comme prédateurs, en tous genres.

Encore une fois, les marocains éloignés de ces terres, on s’active à les clôturer, histoire d’en interdire définitivement l’accès. Etrange parallèle entre ce régime qui se comporte à ce point en territoire conquis qu’il nous renvoie aux heures les plus sombres du colonialisme, lorsque les autorités du protectorat, interdisaient l’accès à la « ville européenne », à nos parents et grands-parents qu’ils confinaient dans les médinas ou les douars.

Que penser de ces comportements, aux origines de la détestation croissante du système politique marocain et de ses thuriféraires ?

Si le régime pense s’être affranchi  de se réformer, sous prétexte d’avoir singé une réforme de la constitution et organisé des élections qui n’auront concerné qu’une infime minorité d’entre nous, il commet là, une lourde erreur.

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Ce dimanche dans plusieurs villes marocaines, les marches semblent avoir pris la  tournure d’un niveau ultime, avant confrontation, une sorte de « Defcon 4 », sur une échelle qui en compte cinq.

La détermination sans faille, les rictus de colère, les rires sarcastiques, le vocabulaire fleuri, les slogans appuyés et les revendications récurrentes, sont sans appel et sonnent comme le tocsin à qui sait les entendre.

Toutes les couches d'âge sont, à présent, dans la rue !

Les parents, autrefois prudents et craignant pour leurs enfants, n'hésitent plus à battre le pavé avec eux, allant jusqu'à les haranguer, lorsque la fatigue les étreint.

Le roi, aura beau imiter, une fois de plus, son géniteur en regardant ailleurs, en écoutant les encenseurs, ou en feignant de ne rien entendre.

Il sera bien obligé de se soumettre, bon gré mal gré, quand l’heure sera venue !

Nous serons alors, plus proche du dénouement de la tragédie marocaine, que d'une quelconque fable !

Par Salah Elayoubi.