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Tahar Haddad, tunisien et féministe

Tahar Haddad, tunisien et féministe

http://natureculture.org/wiki/images/5/53/Timbre-de-tahar-haddad-eakpg.jpg

Tahar Haddad (الطاهر الحداد), né le 4 décembre 1899 à El Hamma de Gabès et décédé le 7 décembre 1935, est un intellectuel, syndicaliste et homme politique tunisien connu pour avoir avoir été un précurseur pour la militance pour l'évolution de la société tunisienne au début du xxe siècle. Il est également connu pour avoir lutté activement en faveur des droits syndicaux des travailleurs tunisiens, de l'émancipation de la femme tunisienne et de l'abolition de la polygamie dans le monde arabo-musulman.

A ce titre, il occupe une place importante dans l'histoire des idées sociales et politiques en Tunisie. Ses propositions en faveur de la condition féminine en Tunisie qui furent condamnées, alors, par les éléments conservateurs furent prises en considération lors de la promulgation du Code du statut personnel, en août 1956. Tahar Haddad est un contemporain et ami du poète Abou el Kacem Chebbi et du syndicaliste Mohamed Ali El Hammi.

Biographie

Tahar Haddad est né en 1899 dans le sud tunisien dans un milieu social modeste, est diplômé de la Zitouna de Tunis et avait étudié le droit pendant deux ans.

Depuis sa jeunesse, il a adhéré au mouvement national pour l'indépendance et a été membre actif au parti Libéral Constitutionnel. Il a fondé, en juin 1924, avec Mohamed Ali El Hammi, pionnier du mouvement syndicaliste en Tunisie, «l'association de coopération économique» et a participé à la mise en place de la Confédération Générale des Travailleurs Tunisiens en décembre 1924.

Les idées de Tahar Haddad sont le prolongement du courant réformiste initié par Kheireddine Tounsi, Mahmoud Kabadou, Ahmed Ibn Abi Dhiaf, Mohamd Snoussi, et d'autres penseurs qui ont vécu à la même époque et qui ont tous défendu l'idée de modernisme.

Ses propositions en faveur de la condition féminine et de la réforme sociale en Tunisie, se démarquent de la simple manière de reproduire le modèle européen, mais de puiser ce qui s'accorde avec la Charia islamique. Cette nouvelle vision, dont les assises se sont posées avec le mouvement des jeunes tunisiens, appelle à l'adhésion à une modernité qui respecte les spécificités culturelles, les valeurs et l'identité de la société tunisienne, facteurs indispensables selon Tahar Haddad pour le développement et le progrès de la société tunisienne.

L'œuvre de Tahar Haddad « La femme tunisienne devant la loi et la société », parue en 1930, a concrétisé les idées de l'auteur sur l'émancipation de la femme et de la famille et a tracé le chemin du progrès de la société toute entière. À une époque où la Tunisie est soumise à la répression coloniale qui pesait fort sur la société, les idées de Haddad furent condamnées par des éléments conservateurs et étaient à l'origine d'une polémique entre modernistes et conservateurs et ont été à la base de multiples critiques prônées par les Fekihs tels que Mohamed Salah Ben Mrad et Amor Berri Medani qui ont respectivement rédigé des textes contre-disant et réfutant la pensée de Haddad ; il s'agit de « Al hidad à la imraatou Al Haddad » (Deuil sur la femme de Haddad), et « Sayfou alhak ala man layara alhak » (Epée de la justice sur celui qui ignore la justice).

Plus tard, avec l'indépendance de la Tunisie, les réflexions de Tahar Haddad furent prises en considération lors de la promulgation du Code du Statut Personnel. L'institution de l'Etat moderne par  Habib Bourguiba a permis de réaliser une grande partie des aspirations de Tahar Hadda. 

En exil, et déjà affaibli par une crise cardiaque, il meurt des conséquences de la tuberculose le 7 décembre 1935 dans l'isolement le plus complet.

Publications

  • L'éducation islamique et le mouvement de réforme à la Zitouna ;
  • Les travailleurs tunisiens et la naissance du mouvement syndical publié en 1927 et réédité en 1966 par la Maison tunisienne de l'édition ;
  • Notre femme dans la charia et la société publié en 1930 et réédité sous le titre Notre femme, la législation islamique et la société, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1978 ;
  • Œuvres complètes, éd. Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, Tunis, 1999 (trois volumes présentés et établis sous la direction d'Ahmed Khaled) ;
  • Pensées, éd. La Presse, Tunis, 1993;
  • Recueil de poèmes.

Source

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