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Steve Reich - Piano Phase dance

Steve Reich - Piano Phase dance

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/eb/Steve_Reich2.jpg

 

Dans l'Amérique du XIXème Siècle construite par les immigrés de toutes nationalités, une musique nouvelle naît à l'image d'un nouveau monde. A la fois puritaine et rebelle, la société se construit sur les bases artistiques, philosophiques, culturelles de la vieille Europe, mais crée aussi ses dissidents idéalistes. Henry David Thoreau, philosophe transcendantaliste, admiré par John Cage, écrit « La désobéissance civile » qui inspira aussi Martin Luther King. A partir des années 1950 et 1960, dans un contexte social explosif, la musique « noire » et la musique « blanche » se démarquent, l'une vers l'expressionnisme, l'autre vers le minimalisme, d'autres brouillent l'écoute, réfutent le sérialisme européen. Cage introduit la notion de hasard dans ses partitions, Charles Ives expérimente des spatialisations d'orchestres. Steve Reich et George Crumb, dénoncent ou s'appuient sur les conflits fédéraux et internationaux. Les courants de la contre-culture américaine comme le rock, le folk, la pop, s'opposent au contexte politique et idéologique des années 1970... Musique et politique sont ainsi indissociables et liés étroitement pour forger l'identité culturelle américaine. (voir : L'identité américaine dans sa musique : de Aaron Copland à Steve Reich)

Steve Reich, (né Stephen Michael Reich, le 3 octobre 1936 à New York), est un musicien et compositeur américain. Il est considéré comme l'un des pionniers de la musique minimaliste, un courant de la musique contemporaine jouant un rôle central dans la musique classique des États-Unis.

Dans le sillage de La Monte Young, il a créé, avec Terry Riley et Philip Glass, une alternative à l'avant-garde européenne en développant un style particulier qui favorise la continuité de la musique tonale.

Tout autant passionné par la musique de Pérotin que par celle de Bach, Stravinsky, Coltrane ou Charlie Parker, il s’initie également au jeu des percussions du Ghana, au gamelan balinais et à la cantillation hébraïque.

De loin le plus « classique » des répétitifs, ses compositions abstraites sont d'un raffinement extrême. Ses expérimentations, parfois réalisées grâce à des artifices technologiques (bande magnétique, travail de studio, sampling...) sont toujours profondément pensées. Elles excluent toute facilité et toute démagogie de son discours. Néanmoins, sa musique reste d'une écoute et d'une efficacité immédiates, facilitées par un sens de l'émotion doublé d'une sensualité trop souvent absente de l'« autre » musique contemporaine, la musique atonale.

Steve Reich étudie la philosophie à Cornell University en 1953 tout en apprenant la batterie et le piano. Il entre en 1958 à la Juilliard School où il reste trois ans. Il travaillera ensuite la composition pendant un an et demi au Mills College (Oakland) à partir de 1963, et ce avec Darius Milhaud et surtout Luciano Berio. Ce dernier lui fait découvrir la composition pour bande magnétique - à laquelle s'intéressait déjà Steve Reich - ainsi que la musique sérielle intégrale à travers - entre autres - l'analyse des Structures pour deux pianos de Pierre Boulez.

Pour caractériser son œuvre, et spécialement ses compositions de la période 1965-1976, il préfère utiliser l'expression « musique de phases » (traduite de l'américain Phasing), qui fait référence à son invention de la technique musicale du déphasage. À partir de 1976, il développe une écriture musicale basée sur le rythme et la pulsation avec l'une de ses œuvres les plus importantes, Music for 18 Musicians, qui marque le début de son large succès international. Dès lors reconnu comme un compositeur contemporain essentiel, il oriente son travail de composition autour de la mise en musique du discours, notamment dans des œuvres multimédia associant la vidéo créées en collaboration avec son épouse Beryl Korot.

Bien qu'ayant joué un rôle central dans l'évolution de la musique contemporaine, et, par ses œuvres, influencé des artistes au-delà de son champ de création, comme en musique électronique et en danse contemporaine, Steve Reich reste toutefois un compositeur peu prolifique qui n'a écrit, durant l'ensemble de sa carrière, qu'une cinquantaine de pièces distinctes. Celles-ci lui ont cependant valu de nombreux prix et distinctions internationaux et font l'objet d'une très importante discographie.

 

Piano Phase est une œuvre de musique minimaliste du compositeur américain Steve Reich écrite en 1967. Elle fait partie des premières œuvres importantes du compositeur et constitue une avancée technique majeure dans sa carrière. Écrite pour deux pianos (ou une bande magnétique et un piano) et également transcrite pour deux marimbas, elle constitue la toute première œuvre purement instrumentale de musique de phase de Reich qui jusqu'alors n'avait utilisé que des bandes magnétiques pour réaliser les processus de phasing qu'il venait de mettre en application.

Donnée en création le 17 mars 1967, cette œuvre constitue la base théorique de sa période dite de « minimalisme de jeunesse » basé uniquement sur le déphasage et le rythme qui nourriront ses créations jusqu'en 1971 avec la pièce Drumming.

En 1982, la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker crée le premier mouvement de Fase sur Piano Phase en dansant avec Michèle Anne De Mey un pas de deux mythique qui pose sur cette musique les prémices les bases de son langage chorégraphique propre. L'ensemble Fase constituant depuis une pièce majeure de la danse contemporaine (source : Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, p.301 (ISBN 2-84597-188-5).). Ce premier mouvement de Fase sera dansé par la chorégraphe et accompagnée de diverses partenaires près de 200 fois dans le monde au cours de sa carrière et intégré au spectacle Steve Reich Evening composé en 2008 en hommage à la musique de Reich.


 

 

 

Voici la liste des oeuvres de Steve Reich disponibles sur CD (cette énumération ne peut bien entendu pas avoir la prétention d'être complète) :

  1. It's gonna rain ; Come out ; Piano Phase ; Clapping Music : 1 CD Elektra Nonesuch 7559-79169-2 ; It's gonna rain (1965) et Come out (1966) sont deux oeuvres expérimentales pour bande magnétique qui utilisent le procédé de mise en boucle de plus en plus resserrée ; il faut bien reconnaître que le résultat sonore peut engendrer assez rapidement une certaine lassitude (à recommander aux auditeurs avertis). Plus intéressantes sont les autres oeuvres figurant sur ce CD : Piano Phase (1967) par Nurit Tilles & Edmund Niemann, pianos, et Clapping Music (1972) par Russ Hartenberger & Steve Reich, illustrent fort bien le procédé de déphasage - particulièrement audible dans Piano Phase - cher au compositeur. Autre interprétation de Piano Phase disponible : 1 CD Hungaroton HCD 12855 (Amadinda Percussion Group ; version deux marimbas ; oeuvres de Istvan Marta, Laszlo Sary, John Cage & George Hamilton Green).
  2. Music for Pieces of Wood : 1 CD CPO 999 088-2 par le Cabaza Percussion Quartet ; cette pièce pour cinq claves accordés date de 1973 et développe le procédé utilisé dans Clapping Music (oeuvres pour percussion de Hans-Günter Brodmann, Bertold Hummel, Maurice Ohana et Werner Heider).
  3. Drumming ; Six Pianos ; Music for Mallet Instruments, Voice and Organ : 1 coffret de 2 CD Deutsche Grammophon 20th Century Classics 427 428-2 ; Drumming (1970 -1971) est une des plus longues oeuvres (une heure et demie) jamais composée par Reich ; en quatre sections, elle marque la fin de l'utilisation du déphasage graduel utilisé à partir de 1965. Les deux autres oeuvres datent de 1973 (Steve Reich and Musicians). Version plus récente de Drumming : 1 CD Elektra Nonesuch (Steve Reich and Musicians). Deux autres versions de Music for Mallet Instruments, Voice and Organ sont disponibles : 1) Amadinda Percussion Group sur 1 CD Hungaroton (avec le Sextet de Reich) ; 2) Steve Reich and Musicians (nouvel enregistrement couplé avec The Four Sections de Steve Reich) sur 1 CD Elektra Nonesuch 7559-79220-2. Six Pianos a également été enregistré par Piano Circus sur 1 CD Argo (avec une version de In C de Terry Riley).
  4. Variations for Winds, Strings and Keyboards : cette oeuvre date de 1979 et est interprétée par le San Francisco Symphony dirigé par Edo De Waart sur 1 CD Philips 412 214-2 (avec Shaker Loops de John Adams).
  5. Tehillim : Tehillim (1981) marque un tournant important dans l'écriture de Reich ; en effet, elle n'est pas construite sur la répétition de courts motifs qui se juxtaposent, mais sur de longues mélodies inspirées de la cantillation hébraïque avec des changements harmoniques beaucoup plus fréquents que dans les pièces précédentes (1 CD ECM New Series 1215 827 411-2).
  6. Music for 18 Musicians : écrite en 1976, cette oeuvre dure ± 57 minutes et est enregistrée sur 1 CD ECM New Series 821 417-2 (Steve Reich and Musicians).
  7. Octet ; Music for a Large Ensemble ; Violin Phase : Violin Phase (1967) est la plus ancienne des oeuvres de ce CD ECM New Series 827 287-2 ; sa construction est basée sur le déphasage déjà évoqué plus haut ; c'est le même violoniste (Shem Guibbory) qui a enregistré les différentes parties par re-recording. Music for a Large Ensemble (1978) constitue le développement de deux oeuvres antérieures (Music for Mallet Instruments, Voice and Organ et Music for 18 Musicians) ; Octet (1979) est écrit pour deux violons, alto, violoncelle, deux pianos, deux clarinettes (jouant également de la clarinette basse, de la flûte et du piccolo). Les interprètes sont Steve Reich and Musicians. Octet deviendra un peu plus tard Eight Lines (voir plus loin).
  8. Eight Lines ; Vermount Counterpoint : Eight Lines est le titre définitif de la pièce intitulée précédemment Octet : 1 CD EMI Angel CDC-7 47331 2 avec les Solisti New York dirigés par Ransom Wilson (lequel interprète également aux différentes flûtes le Vermont Counterpoint [1982] de Reich couplé avec Gran Pianola Music de John Adams). Autre version de Eight Lines : 1 CD Virgin Classics VC 7 91168-2 260 665-218 (The London Chamber Orchestra, Christopher Warren-Green ; oeuvres de John Adams, Philip Glass & Dave Heath). Vermount Counterpoint a également été enregistré par le flûtiste Pierre-André Valade sur 1 CD Adda (avec d'autres oeuvres du XXème siècle pour flûte seule).
  9. Sextet ; Six Marimbas : Sextet (1985) est une des plus belles oeuvres de Steve Reich (à découvrir de toute urgence) ; Six Marimbas (1973-86) est la transposition pour cette formation du Six Pianos de 1973 ; 1 CD Elektra Nonesuch 979 138-2 (Steve Reich and Musicians, des membres de Nexus et le Manhattan Marimba Quartet). Autre version du Sextet : Amadinda Percussion Group sur 1 CD Hungaroton.
  10. The Desert Music : oeuvre pour grand orchestre et choeur sur un texte de William Carlos Williams (1982-1984). Michael Tilson Thomas dirige les choeurs et le Brooklyn Philharmonic avec la participation de Steve Reich and Musicians (1 CD Elektra Nonesuch 979 101-2).
  11. The Four Sections ; Music for Mallet Instruments, Voice and Organ : Michael Tilson Thomas dirige le London Symphony Orchestra dans cet enregistrement de The Four Sections (1986-87) pour grand orchestre. Nouvelle version (déjà évoquée plus haut) de Music for Mallet Instruments, Voice and Organ par Steve Reich and Musicians sur 1 CD Elektra Nonesuch 7559-79220-2.
  12. Different Trains ; Electric Counterpoint : Different Trains (1988) est écrit en trois mouvements pour quatuor à cordes et bande magnétique ; cette pièce a été composée pour le Kronos Quartet qui l'interprète ici. Electric Counterpoint (1987) est écrit pour 10 guitares et 2 guitares basses pré-enregistrées tandis que la 11ème partie est jouée en direct par le soliste avec la bande magnétique. C'est Pat Metheny qui en est l'interprète (1 CD Elektra Nonesuch 979 176-2).

 

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