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Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 20:10

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Compte tenu que la Tunisie doit toujours son image de nation musulmane moderne et tolérante grâce aux valeurs universelles du Soufisme, une tradition islamique spirituelle et tolérante qui remonte aux premières générations de musulmans en mettant l'accent sur les valeurs que l'islam partage avec le christianisme et le judaïsme (comme la quête du bonheur, l'amour des siens, la tolérance des différences raciales et religieuses voire la promotion de la paix), les rassemblements soufis ont de tout temps incité les jeunes à s'engager dans le dialogue inter-religieux au cours de l'histoire, les tunisiens comme d'autres Maghrébins sont restés fidèles à cette vision des choses. Leur production musicale a également marqué le pays. 

Le Soufisme tunisien a connu son époque de gloire au début au XIII siècle, (7ème siècle de l'Hégire). Par exemple, à cette époque, Sidi Bou Ali est venu du Maroc pour s’installer à Nefta où il instaura une confrérie soufie. Il y planta aussi les noyaux de dattes qu'il avait rapporté de Toughourt. Après sa mort, on lui fit construire un mausolée et on le surnomma “Le Sultan du Djérid”. Depuis, il existe toujours une grande activité soufie et Nefta est sans doute devenu le deuxième centre religieux de Tunisie après Kairouan.

Hadra ou hadhra (provient du mot hodour = présence, in extenso séance-réunion) est est un terme difficile à cerner en ce sens qu'il peut revêtir plusieurs réalités. Il peut approximativement signifier assistance ou assemblée de fidèles dans les rites soufis.

Peut également désigner la présence divine. Selon Bernard Moussali, hadra ou dhikr-al-hadhra est le rituel collectif du Dhikr (scansion répétitive du nom de Dieu sur un ostinato progressant par degrés). Certains le pratiquent avec des instruments de musique, d'autres avec claquements de mains ou de doigts. Le hadra public est ouvert, créatif, improvisé et peut être aussi “chaotique” que nos grandes messes rock. Les écoles de soufisme constituent une partie importante du patrimoine musical tunisien. l'ensemble des travaux soufis est un "travail sérieux", contrairement aux "travaux comiques", qui désignent la musique laïque ou le chant. La Hadra fascine aussi bien pour ses textes poétiques que pour la beauté plastique de ses mélodies. Débutant sur un tempo lent et majestueux, la Hadra intègre progressivement des mouvements rythmiques prenant de plus en plus de vivacité avec les percussions du daf (qui est un des plus anciens tambours sur cadre en Asie et en Afrique du Nord)  pour atteindre son apogée avec cette sorte d'extase et de transe, qui est la Hadarat elle même. 

De nos jours, et avec la disparition de ces turuq (pluriel de tarîqa), le sens premier du terme hadhra commence à disparaître. En effet, il ne signifie plus une séance mystique ou une cérémonie liturgique. Il est utilisé plutôt dans un contexte profane, pour désigner à la fois le répertoire musical, la firqa (la formation musicale qui en assure l'exécution), et le concert luimême, qui se tient pour animer les cérémonies de mariage ou autres. Les rassemblements soufis ont toujours prôné le dialogue inter-religieux au cours de l'histoire.

Il n'existe aucune statistique concernant le nombre de soufis en Tunisie. Les sources fiables signalent que beaucoup d'entre eux ont quitté le pays peu de temps après l'indépendance lorsque leurs bâtiments et leurs terres sont retournés aux mains du gouvernement (tout comme ceux des fondations islamiques orthodoxes).

Bien que la communauté soufie soit restreinte, sa tradition mystique imprègne la pratique de l'islam dans tout le pays. Ainsi, pendant le ramadan, elle divertit le public en exécutant des danses religieuses. Les Tunisiens ont hérité de cet état d'esprit, tant au niveau philosophique que dans la musique.

Si le soufisme à été quasiment réduit à néant par le régime dictatorial, on peut espérer qu'avec la révolution de jasmin, le soufisme trouvera toute sa place au coeur de la société. L a musique soufie attire toutes sortes de Tunisiens, jeunes ou non, habitués ou non à ce style musical ou aux artistes qu'il inspire. 

 

Par Last Night in Orient - Publié dans : Musique islamique - Communauté : musiques en Tunisie
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