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« Saba » : Moneim Adwan et la poésie mystique d’Ibn Arabi à Paris

« Saba » : Moneim Adwan et la poésie mystique d’Ibn Arabi à Paris

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De sa terre natale, Moneim Adwan garde en mémoire, dans une mélancolie inspirée, des couleurs, des senteurs, et un attachement profond aux respirations d’une terre nourricière. Il compose et chante une musique empreinte d’airs traditionnels et des maqâm de la musique classique arabe, contemplative et méditative, trouvant le chemin de l’âme et du cœur, porté par le souffle des vers du poète soufi Ibn 'Arabî. Considéré comme l’une de ses plus prestigieuses figures, Ibn 'Arabî domine la philosophie et la spiritualité soufie depuis le XIIIe siècle. Parti d’Andalousie où il assiste aux funérailles d’Averroès, médecin et philosophe arabe du XIIe siècle, son existence le rapproche du Levant et de la Syrie où il s’installe au soir de sa vie. De ses voyages et de ses rencontres, il construit une pensée universelle, à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident. 

Sous la haute nef du Pavillon Baltard, les voix du grand chœur accompagneront le chant de Moneim Adwan et deses musiciens, offrant une ampleur inédite à la poésie d’Ibn 'Arabî. Portés par un comédien en arabe et en français, les vers du poète, dans une osmose parfaite avec les soupirs de la voix humaine, nous enivreront et nous envoûteront par l’effet enchanteur d’une poésie extatique...Autour des saveurs et de l’ivresse, Moneim Adwan a concocté un spectacle aussi inattendu qu’ambitieux.

D’aucuns se souviennent peut-être avoir entendu Moneim à l’oud aux côtés de l’organiste Bernard Foccroulle ; d’autres encore l’auront entendu chanteur avec le Concerto Soave de Jean-Marc Aymes. Mais pour l’occasion de cette création au Pavillon Baltard, c’est en tant que oudiste, chanteur et compositeur que Moneim Adwan seprésentera au public. Son taht, autrement dit son ensemble instrumental, s’est lancé dans une entreprise sensationnelle : former à la langue arabe un choeur amateur de 100 chanteurs et leur faire chanter la poésie d’Ibn Arabi, ce grand mystique du XIIe siècle de notre ère. Parti d’Espagne jusqu’au Levant, Ibn Arabi est à la charnière de deux univers: "Je sus alors que ma parole atteindrait les deux horizons, celui d’Occident et celui d’Orient", et nous parle de cet endroit d’oscillation où les clivages politiques, religieux et humains sont transcendés. Pour faire chanter cet entre-deux, Moneim Adwan envisage Saba, comme un voyage, du chant choral à la récitation pour nous conduire jusqu’au vertige matérialisé ici par le danseur derviche Ziya Azazi. Étoiles parmi les étoiles de ce programme, les chœurs franciliens qui durant plusieurs mois se sont préparés afin de faire revivre le jardin des délices d’Ibn Arabi : le Choeur Arpeggione, le Choeur Jacques Ibert, la Chorale Attourath, les Ensembles vocaux E. Qui. Vox et Mélisande et Varia Voce. Le temps d’un concert, ils se réunissent pour faire entendre – en arabe – la voix puissante d’un des plus grands poètes universels.

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 lundi 4 octobre 2010 – Théâtre de l’Atelier – Paris 18° - 20h30