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Roman de Bayâd et Riyâd

Roman de Bayâd et Riyâd

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Dans le jardin intérieur d'un palais, Bayâd joue une pièce de musique à une Dame aristocratique et aux nobles demoiselles qui l'entourent, sur une version ancienne du luth arabe.

L' histoire de l'art hispano-mauresque du livre est une discipline peu connue parce qu'elle nous a été transmise que via de trop rares documents. Seuls, trois manuscrits illustrés, d'une iconographie assez pauvre, peuvent être attribués soit à l'Espagne, soit au Maghreb. L'un, cette oeuvre qui révèle un coloris caractérisant l'art hispano-mauresque, mais qui s'apparente davantage par ses sujets et son style aux manuscrits à peinture produit en Syrie et en Irāq. Citons aussi les enluminures de certains Corans, dont l'exemplaire rédigé à Valence en 1182 (Istanbul, Bibl. de l'université).

Le Roman de Bayâd et Riyâd, mieux connu des arabophone sous le nom de Hadîth Bayâd wa Riyâd (en arabe حديث بياض ورياض) est un manuscrit anonyme et malheureusement incomplet produit dans l'Espagne arabo-andalouse de la première moité du XIIIème siècle. Il est composé de trente folios et orné de miniatures. Il s'agit d'un document exceptionnel qui nous narre une romance (écrit en prose et en versification en langue arabe) d'amour platonique entre Bayâd, fils d’un marchand de Damas, et la belle Riyâd qui est une esclave chanteuse et favorite du vizir Hâjib. Interviennent d'autres protagonistes, parmi lesquels la « Vieille », qui tient un rôle similaire à celui de l’entremetteuse puisée dans la littérature du Bas Moyen Âge, et Sayyida, fille du vizir Hâjib. 

Les personnages aristocratiques évoluent sous l'ombre de luxuriants palais et jardins verdoyants.

Bayâd, s’en venant de Damas, apeçoit Riyâd près de la rivière et tombe amoureux d'elle. La « Vieille » le prend alors sous sa protection et permet aux deux jeunes gens de se rencontrer. Lors de cette rencontre, Riyâd tombe à son tour éperdument amoureuse. La jeune femme étant favorite du vizir, la « Vieille » tente de dissuader Bayâd de son amour. Celui-ci parvient tout de même à la convaincre d’organiser une seconde rencontre, durant laquelle Riyâd commet la folie de déclarer à Bayâd son amour. Sayyida, furieuse, enferme alors Riyâd. La « Vieille » parvient à cacher Bayâd chez elle. À partir de ce moment, les deux amants entament une correspondance.

Bien que la peinture hispano-mauresque fût hautement considérée, probablement sous l'influence chrétienne, l'Espagne musulmane n'en a conservé que peu de spécimens, dont les peintures de l'Alhambra de Grenade, seul palais du Moyen Âge espagnol qui nous soit parvenu en bon état. Ce manuscrit étant mutilé, il est difficile malheureusement de connaître le début et la fin de l'intrigue. 

Cet unique exemplaire demeure cependant  l'un des rares manuscrits à peintures conservés qui proviennent de l'Occident musulman.

Certains détails architecturaux de l'enluminure à représentations figurées permettent d'identifier qu'elle a été copiée en Espagne almohade.

Les quatorze miniatures se rapprochent quant à elles au niveau du style à la peinture pratiquée en Mésopotamie à la même époque et pourrait situer l'action de ce roman dans cette région. Le document est précieusement conservé à la Biblioteca Apostólica Vaticana.

Afin de réaliser cette enluminure au début de cette page, des pigments naturels à base de pierres semi-précieuses et précieuses et ocres naturels ont été utilisés et mélangés à la sève d'acacia.  Le vert émeraude véritable, le rouge de cadmium, la terre de sienne, la garance, le blanc de plomb, la malachite et l'os brûlé sont autant de bases de pigments utilisés pour réaliser cette enluminure au pinceau. 

Bibliographie

  • Robinson, C., « Bayad wa-Riyad, Hadit/Qissat », in Enciclopedia de al-Andalus. Diccionario de Autores y Obras Andalusíes, Fundación El Legado Andalusí, 2002, p. 111-117.
  • Al-Andalus : the Art of Islamic Spain, (cat. exp., Grenade, Alhambra / New York, The Metropolitan Museum of Art, 1992), 1992, p. 312-313.

Voir aussi