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Rami Chérif

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Rami Chérif (étudiant en musique):Rêve de violoncelliste

«J’étais épris de musique depuis mon jeune âge. C’est à neuf ans que j’ai fait mon entrée au conservatoire de Sfax. J’ai une préférence pour la musique turque et le jazz, avec un penchant pour le métissage des genres, et notamment entre la musique arabe et le jazz. La musique n’est pas un métier pour moi, c’est ma vie, tout simplement». Rami Chérif se présente ainsi. Il passe en troisième année musique, avec pour spécialité l’instrument violoncelle. Son choix s’explique peut-être par le fait qu’on dit souvent que c’est l’instrument le plus proche de la voix humaine. Et même si le violoncelle n’est pas très prisé par les étudiants en Tunisie, Rami souhaite devenir professeur spécialisé en cet instrument, tout en espérant être un jour un bon violoncelliste, car «être professeur universitaire ne suffit pas à mes ambitions», comme il dit. Son rêve est également de travailler dans les studios d’enregistrement de grands chanteurs, de participer à des soirées life, dans le maximum de manifestations musicales à l’échelle nationale et internationale. Avant, les artistes utilisaient le son du violoncelle enregistré mais, de nos jours, on n’enregistre qu’à l’aide d’un violoncelliste.

Il regrette qu’en Tunisie, il n’y ait que quatre ou cinq violoncellistes réellement virtuoses qui sont à prendre en exemple. «Ce que je souhaite, c’est de créer en Tunisie une académie musicale, comme celles qui existent en Europe, ou du moins, un grand institut de musique, autonome et indépendant. Un grand institut qui possède tous les moyens (instruments, grandes salles, possibilités de stages...). Les instituts du pays ont des locaux très petits qui ne répondent pas aux attentes des artistes et des créateurs du pays. Les stages à l’étranger manquent aussi parce que rares et très intermittents. Il existe quelques stages, mais ils sont insuffisants. A mon avis, le contact avec d’autres cultures, d’autres genres musicaux est beaucoup plus important que les dix-huit matières qu’on enseigne durant l’année universitaire. On passe tout notre temps à étudier, alors qu’on doit alterner stages et études, théorie et pratique. Ce que je souhaite aussi, c’est la création d’un opéra qui accueillerait les grandes manifestations de musique», insiste-t-il. Par ailleurs, il trouve que la production musicale en Tunisie est un peu limitée. Les étudiants comme les enseignants ne produisent pas en général. Ils se contentent de chanter et de reprendre des chansons, la plupart du temps de bas niveau, si courantes dans les fêtes, les mariages et les "soirées privées". Pour lui, les clubs n’encouragent pas les musiciens à se faire connaître. Il existe plusieurs artistes de talent, mais qui sont occultés. Il pense que les festivals ne donnent pas la chance à tous de participer. On retrouve presque les mêmes visages chaque année, alors que la scène a besoin de sang nouveau, côté instruments surtout. Il croit, d’ailleurs, qu’il est indispensable de promouvoir les récitals instrumentaux et d’accorder davantage d’écoute aux jeunes. «Le renouveau et le saut qualitatif ne viendront qu’à travers eux», conclut-il.  

Source: La Presse : Souhir.L.