Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Quand "Tous les matins du monde" nous transpose vers l'âme et sa transcendance

Quand "Tous les matins du monde" nous transpose vers l'âme et sa transcendance

Baugin--le-dessert-de-gaufrettes--XVIe.jpg

Tous les matins du monde est un roman et une production cinématographique qui ont pour thème l'art musical. L'oeuvre est de Pascal Quignard publiée en 1991. Cet ouvrage rappelle un autre film La leçon de musique (1983) du même auteur, où apparaissent déjà les personnages du violiste Marin Marais et de Monsieur de Jean de Sainte-Colombe. L'ouvrage a également inspiré La main d'oublies de Sophie Nauleau, paru chez Galilée en 2007.

Un lien inébranlable entre la perte et l'art

Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanités des vanités, tout est vanité.

 

Le roman s'ouvre sur une perte en art qui peut conduire à une création, de même la perte de la voix qui confère au jeune Marin Marais la volonté de se surpasser en musique pour "se venger" en quelque sorte. On aborde également la perte de la virginité, la perte de l'amour (pour Madeleine), la perte de l'enfant mort-né... Et quelque part les "vanités" peintes par Lubin Baugin compense les "plaisirs qui s'en vont en nous disant adieu".

jean-pierre-Marielle--tous-les-matins-du-monde.jpg

Lors de son adaptation au cinéma par Alain Corneau supprimera tous les aspects politiques de l'œuvre (par exemple la destruction de l'abbaye de Port-Royal), pour se consacrer uniquement à sa demande initiale, la musique. Le livre et le film sont tous deux polyphoniques, jouent avec les sons et les silences, et créent ainsi ambiance et personnages. Par ailleurs, le film se distingue du livre par son début et sa fin, où Marin Marais fait la confession de son attitude égoïste passée aux côtés de son maître M. De Sainte Colombe. Il est alors la voix off durant toute l'œuvre. Tandis que le roman de Pascal Quignard s'ouvre davantage sur la mort de Madame de Sainte Colombe, et raconte de manière chronologique les événements de la vie de Monsieur de Sainte Colombe.

Au XVIIe siècle, dans le royaume de France, un musicien misanthrope, passionné par son art, prend sous sa protection un jeune élève ambitieux et doué.

tous-les-matins-du-monde-05-g.jpg

Depuis le décès de son épouse, monsieur de Sainte-Colombe, un musicien austère et passionné, vit retiré dans sa propriété, avec ses deux filles, Madeleine et Toinette. Il dédaigne les séductions de la cour et passe le plus clair de son temps à composer dans un cabanon isolé.

 

Cependant, lorsque le jeune Marin Marais lui demande avec insistance de le prendre pour élève, Sainte-Colombe accepte. Marais séduit Madeleine, qui s'abandonne dans ses bras. Mais l'ambition le tenaille. Il veut découvrir Versailles et conquérir la gloire. Son départ renforce la misanthropie de Sainte-Colombe et désespère Madeleine...

Jean de Sainte-Colombe : Tombeau Les regrets

Les rituels funéraires, l’évocation de la mort et l’ensemble des représentations qui y sont rattachées sont l’objet d’une très intense relation au sonore (vacarmes, tumultes) dont la codification est très élaborée.

Dans la musique occidentale savante, un tombeau est un genre musical en usage pendant la période baroque.

Le genre du tombeau a fleuri en terre catholique où la musique funèbre a une longue tradition, essentiellement en France et en Europe Centrale. Il tombe en désuétude vers la fin du xviiie siècle avant de retrouver quelques faveurs au début du xxe siècle avec des accents néo-baroques.

Il était composé en hommage à un grand personnage ou un collègue musicien (maître ou ami), aussi bien de son vivant qu'après sa mort, contrairement à ce que le nom de ce genre musical pourrait laisser penser.

Il s'agit généralement d'une pièce de rythme lent et de caractère méditatif, non dénué de fantaisie et d'audace harmonique ou rythmique dans certains cas. C'est le plus souvent une allemande lente et élégiaque ou une pavane, danse de la Renaissance depuis longtemps tombée en désuétude à l'époque de la mode des tombeaux. Contrairement au lamento italien, le tombeau n'est pas censé utiliser les modes expressifs du deuil et de la douleur qui sont alors vus avec scepticisme dans la tradition musicale classique française. Cependant certains éléments sont notables comme l'onomatopée d'une note répétitive symbolisant la Mort frappant à la porte ou l'utilisation de gammes diatoniques ou chromatiques montantes ou descendantes symbolisant les tribulations de l'âme et sa transcendance.

Distribution

 
 
  • Jean-Pierre Marielle : Monsieur de Sainte-Colombe
  • Gérard Depardieu : Marin Marais
  • Anne Brochet : Madeleine
  • Guillaume Depardieu : Marin Marais jeune
  • Carole Richert : Toinette
  • Michel Bouquet : Lubin Baugin, le peintre
  • Jean-Claude Dreyfus : L'abbé Mathieu
  • Yves Gasc : Caignet
  • Yves Lambrecht : Charbonnières
  • Jean-Marie Poirier : Monsieur de Bures
  • Myriam Boyer : Guignotte
  • Violaine Lacroix : Madeleine, jeune
  • Nadège Téron : Toinette, jeune
  • avec la participation de Caroline Sihol : Madame de Sainte-Colombe

Musiques

  • Musiques dirigées et interprétées par Jordi Savall :
    • Une jeune fillette : traditionnel, arrangement Jordi Savall
    • François Couperin : Troisième leçon de ténèbres à 2 voix
    • Jean-Baptiste Lully : Marche pour la cérémonie des turcs (issue de la comédie-ballet Le Bourgeois gentilhomme de Molière)
    • Marin Marais : le Badinagela Rêveusel'Arabesque du quatrième livre de pièces pour violes, les Folies d'Espagne et Tombeau pour M. de Sainte Colombe du second livre, Muzette I et Muzette II du troisième livre, la Sonnerie de Sainte Geneviève du Mont-de-Paris des pièces en trio
    • Jean de Sainte-Colombe : les Pleurs, concert à deux violes le RetourGavotte du Tendre
    • Monsieur de Sainte-Colombe, le fils : Prélude en sol mineur (plus improvisation de Jordi Savall), Fantaisie en mi mineur, arrangement Jordi Savall.

Musiques interprétées par Le Concert des Nations: Jordi Savall (basse de viole, direction), Montserrat Figueras (soprano), Maria Cristina Kiehr (soprano), Rolf Lislevand (théorbe),Christophe Coin (basse de viole), Pierre Hantaï (clavecin), Jérôme Hantaï (violon).

Liens internet

Voir aussi

  • Art en Chemin sur la Diagonale du Fou
  • Pédagogie musicale
  • Jordi Savall
  • Peinture
  • Relation entre la peinture et les autres arts
  • Musique et Beaux-Arts
  • Musique dans l'art
  • Art sur les Chemins de la Musique
  • Art sur les Chemins de la Peinture
  • Musique et Peinture
  • Nature et Culture dans l'Au-delà