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Proposer d'inscrire le malhoun dans la liste du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité de l'Unesco

Proposer d'inscrire le malhoun dans la liste du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité de l'Unesco

Le patrimoine immatériel du Maroc englobe les traditions orales, le savoir-faire artisanal, les langues, les arts du spectacle, les rituels et est danger si on considère qu'il peuvent se perdre très rapidement s'il n'est pas transmis à la génération suivante. Si des actions ne sont pas entreprises, ces traditions peuvent même complètement tomber dans l'oubli. Ce phénomène est d'autant plus rapide depuis qu'est apparue la mondialisationLe malhoun constitue un patrimoine vivant, dit immatériel, et donne à chacun de ceux qui en sont les dépositaires un sentiment d'identité et de continuité artistique.

Moteur de la diversité culturelle, ces patrimoines vivants sont d'autant d'éléments fragiles. Au cours des dernières années, il a acquis une véritable reconnaissance mondiale et sa sauvegarde est devenue l’une des priorités de la coopération internationale grâce au rôle phare joué par l’UNESCO avec l’adoption, en 2003, de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

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Considérant que le patrimoine immatériel mondial regroupe des pratiques, incorporant des connaissances ou des savoir-faire reconnus par des groupes ou des communautés, mais aussi des traditions et expressions orales, l'artisanat, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels ou les événements festifs reconnus comme faisant partie du patrimoine culturel du Maroc, nous insistons sur le fait que le malhoun est actuellement fragilisé, ou pire encore, menacé de dégradation et de disparition en tant que patrimoine immatériel. La proposition d'un plan d'action constitue donc une étape cruciale du projet.

Les arts populaires

Les questions inhérente au statut artistique et à la valeur culturelle de l’art populaire anime les débats sur l'esthétisme, l'art populaire continue à être apprécié du plus grand nombre dans les diverses sociétés du Maghreb en jouant un rôle important dans son utilité sociale dans la culture démocratique. Il n'est plus à prouver qu'il apparaît comme un  « moyen » de soutenir et d’améliorer la vie des gens et que les productions artistiques possèdente une « valeur intrinsèque et indépendante », « des choses qui existent indépendamment de toute référence utilitaire ou fonctionnelle, et dont la qualité demeure toujours semblable à elle-même ». Pour la philosophe Hannah Arendt, « la beauté [de l’art] est la manifestation même de la permanence », alors que « l’industrie des loisirs » constitue un danger qui menace de piller et de corrompre les beautés impérissables du grand art en les transformant en commodités jetables, en purs produits de consommation.(source). Elle dénonce ainsi dans son  essai sur  La crise de la culture (qui est une analyse éclairante de la modernité) la massification de la culture et la transformation de l'art en objets de consommationRappelons, à ce propos de massification culturelle, le  désintérêt porté par les labels discographiques marocain comme Fassiphone ou AMD Platinum, qui ne jouent pas leur rôle de passeurs d'art, mais qui sont plutôt préoccupés d'intérêts mercantilistes (comme la vente de chichas ou d'accessoires bas de gamme d'artisanat dans les boutiques). Les labels se désintéressent des enregistrements de malhoun comme la sauvegarde du Partimoine musical marocain en général. Mais contentons nous de constater que le don de voir, d'entendre, de ressentir ces oeuvres sont des cadeaux de la vie. Ils ne sont pas commercialisables car ils sont hors de prix.

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Projet de demander une initiative visant l'étude d'une proposition 

Diagnostiquer la réalité de l'art du Malhoun au Maroc, et mettre en place une stratégie homogène pour promouvoir cet art en tant que composante fondamentale de la culture marocaine, telles sont les questions et thèmes autour desquels les débats doivent plus que jamais être ouverts ! Nous souhaitons que les protagonistes et acteurs proposent à L'UNESCO de pouvoir inclure le malhoun parmi les biens culturels immatériels, eu égard au fait qu'il représente, encore de nos jours, un art ancestral authentiquement marocain, mais ne bénéficiant certes pas encore d'une renommée dans le monde entier. Nous nous efforcerons donc d'en inclure les éléments sur notre site web.

Nous proposons l'étude d'un projet visant à inclure le malhoun dans les listes du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

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Éléments

  • Objectif : continuer l'effort de rendre visible ce patrimoine et de lui insuffler une nouvelle vie, telle est l’idée de départ suggérée par de nombreux acteurs associatifs du malhoun.
  • Pratiqué au Maroc, le malhoun conserve encore de nos jours son esprit communautaire mais avec aujourd'hui le souhait de s'ouvrir au monde afin de faire connaitre et partager ce trésor de l'humanité.
  • Il ne s'est pas altéré avec le temps et joue un rôle important pour la culture et l'éducation et fait l'objet de nombreuses études actuelles.
  • Ce patrimoine immatériel, parfois menacé de dégradation ou de disparition, regroupe des pratiques, des connaissances ou des savoir-faire reconnus par des groupes ou des communautés comme faisant partie de leur patrimoine culturel.
  • Le Malhoun se manifeste par exemple dans diverses formes de la tradition orale, l'artisanat marocain, les arts du spectacle, et plus important encore, dans les pratiques sociales, les rituels ou les événements festifs ou familiaux de la société marocaine. D'une manière universelle, il permet de relier les connaissances inhérentes à la nature et à l'univers.
  • L'idée s’impose donc, comme une première initiative de sensibilisation, de tenir compte, par exemple, des différents colloques qui ont été organisés au Maroc, à l'instar du Colloque tenu à Marrakech (8-9/01/2010 : Journées d'étude nationale sur l'art du Malhoun) afin de discuter de l'histoire et des faits de ce patrimoine marocain aux dimensions universelles, en vue de dessiner les contours sur le terrain pour déterminer ses continuités et ses renouvellements, ainsi que ses origines et ses impacts sur tout le patrimoine musical du royaume chérifien. Rappelon à ce propos que Monsieur Abbas Al Jirari soulignait la nécessité "de l'attachement au patrimoine marocain, notamment face aux défis que le Royaume et la Oumma arabe et islamique sont appelés, plus que jamais, à relever, et à leur tête celui de la mondialisation culturelle". Le conseilleur du Roi du Maroc rajoutait l'importance de ce genre de rencontre à même d'évoquer les différentes questions liées à l'art du Malhoun. Celui-ci étant l'un des arts les plus raffinés de ceux qui sont intimement liés à la description de la nature.
  • La littérature orale d'un peuple est l'une des multiples manifestations de la mémoire collective, mais, paradoxalement, si c’est l’une des expressions les plus éloquentes d’un patrimoine immatériel, elle reste la plus désavouée, voire la plus pervertie. Pourtant, cette poésie chantée a de tout temps été le terreau de l'imagination, et partant, de toutes les formes de créativité.
  • Projets de plans d'action de développements locaux existant et à développer.

Ceci implique bien entendu de faire appel à diverses compétences multidisciplinaires en fonction de la diversité des axes de syncrétisme et de symbiose et nécessite la tenue de colloques et de rencontres entre spécialistes et praticiens dans le domaine du malhoun (…) en préambule de mener une action transversale en vue d'élucider les conceptions qu'on a des différents types d’interférences et de syncrétisme qui marquent les structures de ce patrimoine artistique.

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Artisanat marocain et Malhoun, deux concepts indissociables

Deux concepts qui sont intimement liés. Le chercheur doit tenir compte du fait que, si la musique arabo-andalouse est celle pratiquée par l'élite marocaine, le Malhoun a, en revanche, trouvé son essor dans les milieux populaires et particulièrement dans celui des artisans. Le nom Malhoun dérive de « Lahana » qui signifie : ne pas se conformer à la règle. Pour ces artisans marocains, cette occupation est souvent le seul moyen de rompre avec la monotonie du travail et d'en atténuer la rigueur.

Les artisans marocains ont toujours été contents d'arriver sur leur lieu de travail, de pratiquer les métiers de leur choix, et manifesté la fierté de leur production artisanale. La journée est longue, le climat très rude (chaud ou froid, selon les saisons et régions) et les mouvements qui s'enchaînent sont pénibles à supporter au quotidien... Avoir un moyen de distraction, avant la création de la radio et de la télévision, apparaissait comme une nécessité. Le chant et les récits en ont été le moyen traditionnel chez ces artisans, créés selon les allures du travail, les rythmes des mains et des pieds mais aussi selon les pas des animaux dans les champs ou autour d'un moulin à huile ou à blé.

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Le rythme de sa musique est, au début, un mouvement naturel. Au début du malhoun, il n'y avait que le chant et particulièrement chez les artisans qui n'avaient pas les moyens d'acquérir les instruments de musique qui étaient pour la plupart fabriqués artisanalement en céramique locale peu chère comme le "Tarija". Aujourd'hui, l'artisanat marocain rassemble quelque 70 métiers différents et propose une diversité des créations et des matériaux utilisés : boiscuivrepierrefercuir...Cette activité ne cesse de se développer, répondant ainsi aux besoins quotidiens de la population, à ceux des étrangers grâce aux exportations, mais satisfait aussi de nombreux visiteurs. Des réflexions indiquent qu'il est indispensable de sauvegarder ce patrimoine qui fait partie de l'histoire du royaume chérifien. Sans cette activité, des milliers de familles seraient condamnées à lapauvreté, mais aussi s'initierait un déclin du tourisme qui signerait la fin de cette extraordinaire agitation des souks qui donne aux flâneurs, dont tous les sens sont en éveil, une sensation de vertige et cette impression de plonger dans le passé du Pays. A cet effet, des foires, salons et expositions sont régulièrement organisées.

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Voir aussi