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Palestine à l'UNESCO. D'où viendra le salut ?

Palestine à l'UNESCO. D'où viendra le salut ?

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Les Etats Unis  ont suspendu leur participation financière à l'UNESCO.

Washington a, en effet, annulé  le versement des soixante millions de dollars, qu'elle devait effectuer, au titre de sa participation financière, à l'institution culturelle des Nations Unies.

Cette mesure coercitive, vient en conformité avec la stratégie adoptée par ce pays, allié traditionnel d'Israël, de geler tout financement  d'une agence de l'ONU,  qui admettrait la Palestine, en tant que membre, à part entière. 

Les Etats-Unis assurent 22% du budget de cette agence, avec une contribution d'environ 80 millions de dollars par an. 

Irina Bokova, Directrice générale de l'Unesco, a reconnu craindre  pour "la stabilité de son budget".

Le Canada devrait, sans doute, emboîter le pas aux USA, dans la journée. La contribution canadienne à cette agence de l'ONU avoisine, elle, les dix millions de dollars par an.

Il ne se trouvera pas un seul Etat arabe, parmi ceux du golfe, Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis, Koweit, Oman, Bahrein,  pour prendre, au pied levé,  le relais des ces deux Etats.

Soixante millions de dollars seraient en, effet, quantité négligeable, mais le geste serait plutôt risqué, politiquement, en ces temps de printemps arabe et de contestation de la rue.

Le soutien des pays arabes à la Palestine, qui n'a jamais dépassé les effets de manche,  se heurte, à nouveau, aux impératifs de la Realpolitik et à la crainte de déplaire au protecteur américain. Les soutiens manifestés lors de la demande de Mahmoud Abbas de création d'un Etat palestinien et l'enthousiasme qui a suivi, sont retombés comme soufflet. 

Pallier la défection américaine pourrait constituer un Casus Belli, au moment où les palestiniens tentent de convaincre la communauté internationale de la nécessité de la création d'un Etat palestinien. 

Les américains n'hésiteraient pas, alors, poussés par le lobby juif, à prendre des mesures de rétorsion contre l'un ou l'autre des pays  qui oserait cette périlleuse démarche.

Un autre raisonnement voudrait que,  défier la volonté de l'allié américain, aurait le mérite de faire naître dans les coulisses des instances internationales, une volonté de consolider un lobby arabe par trop complaisant, sinon inexistant.

Le geste purement financier, serait d'une grande habileté et d'une grande intelligence.

A moindre  frais, compte tenu des ressources des monarchies en moyens financiers, il n'aurait aucune influence sur la situation politique au Moyen-Orient. Mais il aurait, tout de même,  d'exprimer le raz-le-bol et souligner les limites de notre tolérance,  pour la situation injuste qui prévaut en Palestine, où l'Etat hébreux se comporte en terrain conquis, cumulant répression des populations arabes, discriminations, confiscation des terres et poursuite des colonies, au mépris des droits les plus élémentaires du peuple palestinien et de l'indignation de la communauté internationale.

Il pourrait préfigurer, ou à tout le moins laisser entrevoir qu'une riposte politique arabe forte, reste toujours possible au Moyen-Orient et que d'autres initiatives, de ce genre, pourraient renverser une situation devenue intenable. D’autant que le revirement turque à l’égard d’Israel, devrait, en principe, encourager  les pays de la région vers plus de hardiesse et d’intelligence politique, dans les coulisses des instances internationales, à l’instar de ce qu’y déploient les organisations juives soutenant Israël.   

Nos dirigeants, ont, une fois de plus, une occasion rêvée  de faire la démonstration qu'un sursaut de solidarité réelle, envers les palestiniens est possible. 

Franchiront-ils le pas  ou bien le Rubicon a-t-il, à ce point,  enflé, de tellement d’injustices et d’errements, accumulées en soixante ans,  qu’il en est devenu infranchissable ?

Les paris sont ouverts.