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Nayda : la "contre-culture " ou "sous-culture de complaisance au Maroc?"

Nayda : la "contre-culture " ou "sous-culture de complaisance au Maroc?"

"La musique arabe est reconnue comme la musique de nos frères et comme celle du rêve d'une grande nation arabe, mais lorsque vous la comparez à la musique occidentale, de nombreux Marocains la trouve vieillotte, remplie de clichés et, musicalement parlant, pauvre. D'autres Marocains estiment tout simplement qu'ils ne sont pas arabes, la majorité d'entre eux étant d'origine mixte arabeberbère et africaine. Alors ils adoptent plus facilement les styles de vie occidentaux et, donc, les goûts musicaux."

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Un aphorisme de Erich Fried à la East Side Gallery (vestige du mur de Berlin) : "Vouloir que le monde reste tel qu'il est, c'est ne pas vouloir qu'il reste."
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Hoba Hoba Spirit - Mouvement du 20 Février -cha3b- la volonté de Vivre
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Originaire d’un quartier populaire de Casablanca, ancien magasinier, L7a9ed s'inscrit comme un artiste de chanson protestataire marocaine dont la saga remonte depuis l'époque des Nass El Ghiwane des années 1960. Musicalement, il est bien entendu davantage l'héritier des cultures des musiques urbaines de son pays avec un mot d'ordre« Vive le peuple. Grâce au rap, je suis engagé pour le peuple et pour ses problèmes » et est résolument rangé du côté de ceux qui combattent pour la justice et la fin de la corruption, contrairement à des artistes proches de l'apparatchik du Makhzen.
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La Nayda est un mouvement culturel né au Maroc qui se traduit approximativement de l'arabe par "l'éveil" ou "homme debout". Nayda est un terme utilisé par les adolescents et les jeunes marocains qui veulent exprimer une émotion lors de ce qu'on appelle le "bouillonnement de la musique urbaine au Maroc depuis 2003". Ce mouvement est resté jusqu'à aujourd'hui à un mouvement qui n'a rien à voir avec un quelconque movida comme à connu l'Espagne à la mort du dictateur Franco par exemple et reste essentiellement un évènement musical commercial, avec une grande dominante issue de la culture musicale du hip-hop et du rap qui se veut avant gardiste au Maroc. Une manière de faire une vitrine pour démontrer une quelconque modernité devant les "média officiels".

Depuis le Mouvement du 20 Février, les marocains ont un autre regard pour le renouvellement de cette tendance et se demandent qui prendra enfin le défi pour produire un art engagé au profit du peuple et plus à celui du Makhzen comme l'ont fait certains artistes !

Malheureusement, il est à constater jusqu'à l'avènement des Artistes marocains libres du Mouvement du 20 février, c'était plus une préoccupation de produire des musiques urbaines (« rap de palais » (par allusion au roi Mohammed VI »), un type d'activité qui, naturellement, devait recevoir tout le soutien nécessaire de la part des appareils du régime pour satisfaire à une certaine image de marque à l'étranger et canaliser la révolte urbaine. Des festivals ont été organisé pour satisfaire ce genre de besoin de contrôle social par la dictature.

Une de ses principales manifestations qui y est associée est le Festival annuel du L'boulevard se déroulant sous la forme d'une compétition à Casablanca. Sur fond de rap ou de fusion, la jeunesse marocaine réclame la liberté et le droit à la parole et pour les groupes marocains, c'est l'une des rares occasions de se produire sur scène ! Le cinéma marocain constitue également une autre forme artistique rattrapée par la fièvre du mouvement avec des jeunes cinéastes comme Khalid Benkirane ou encore Zakia Tahiri.

Ces mouvements aux apparences libertaires ne sont pas nouveaux au Maroc tout comme dans le cadre de la culture hippie de la fin des années 1960 et surtout dans les seventies, les jeunes urbains marocains de l'époque ressentaient déjà le besoin de s'exprimer et de se démarquer de la génération de leurs parents.

Une scène qui se voulait avant-gardiste pour démontrer ce qu'était le hip-hop a finalement démontré que ce phénomène n'était qu'un phénomène de courte durée, pour démontrer un mode de vie, un moyen d'expression branché, et marquait un nouveau souffle pour une génération de jeunes qui cherchent à s'affirmer artistiquement.

Les idoles des seventies étaient certes les artistes ghiwanesque comme Lemchaheb ou encore les Jil Jilala inspirés par le théâtre qui ont créé un moyen d'expression efficace. Au-delà des structures sonores, des recherches phonétiques, il y avait déjà les prémisses d'une affirmation d'une identité musicale propre à la jeunesse marocaine de leur époque.

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Parmi les principales figures de ce mouvement des groupes rap comme : Mafia C, H-KayneFnaïre, Zanka flow, Don Bigg, Darga, ou d'autres formations ou chanteurs tels que Hoba Hoba SpiritAhmed Soultan, Steph Ragga Man...

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Casanayda, 52 minutes, est un film sur le Maroc d'aujourd'hui. Il reflète avec vérité et à force de témoignages le bouillonnement culturel et sociétal du Maroc en ce début de troisième millénaire, qualifié un temps de "movida dans la presse nationale et internationale mais qui a pris aujourd'hui le nom de "Nayda, comme le souligne d'emblée l'auteur du scénario, Dominique Caubet. "Nayda" est un phénomène social urbain profond. Beaucoup plus qu'un mode de vie, c'est un mouvement dans lequel toute une partie de la société marocaine se reconnaissaient les jeunes jusqu'en 2011.

"Depuis la fin des années 1990, ce mouvement s'est progressivement amplifié passant d'une culture alternative issue du milieu underground pour acquérir une visibilité et prendre sa place sur la scène publique", a-t-elle souligné lors du débat organisé à l'issue de la séance de projection de ce film sorti en septembre 2007. Un mouvement porté à bras le corps par des jeunes qui ont décidé de se prendre en main en investissant les espaces culturels existants et en improvisant d'autres pour faire découvrir au public de nouvelles formes et expressions artistiques et culturelles.

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Ce qui a donné naissance à des groupes de musique qui comptent parmi les formations emblématiques de la "Nayda comme Mafia C, H-Kayne, Fnaïre, Zanka flow, Don Bigg, Darga ou encore Hoba Hoba Spirit. Mais au-delà des nouveaux styles de musiques sortis de l'underground grâce notamment au festival L'Boulevard des Jeunes Musiciens, ce mouvement se manifeste aussi dans le rapport des jeunes de cette vague à Internet, à la mode et même à la langue avec une prédilection des jeunes créateurs musiciens pour la Darija, érigée en une expression majeure de leur art. Casanayda brosse des portraits croisés d'un groupe de jeunes parmi les pionniers et les acteurs de ce mouvement et recueille leurs témoignages, leur exaltation et aussi leur frustration.

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Mouvement du 20 Février: Avec Hoba Hoba Spirit, le rock marocain est devenu un des moyens d'expressions idéal pour montrer le désaccord d'une large partie de lajeunesse marocaine contre une société figée, pleines de contractions et d'hypocrisies et où la parole d'un jeune est considérée avec mépris. Somme toute, ces jeunes dénoncent au Maroc des traits et d'hypocrysie perverses du Makhzen.

Maroc : Un artiste marocain arrêté par la milice

Le "phénomène" L7a9ed n'a d'équivalent dans l'histoire de la scène musicale marocaine que le Groupe Nass El Ghiwane dans les années 1970 et 1980 et/ou le 'Raïs El-Hajj Bel'aïd' dans les années 1930 et 1950. Symbole de la résistance de la chanson en Tashelhîtt à la colonisation ...

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Soutien au rappeur marocain L7a9ed
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Malheureusement tout comme dans la société marocaine, il existe des artistes « chmakrias » qui sont aujourd'hui les nouveaux protecteurs de la Monarchie marocaine, alors qu'ils auraient pu être des soldats d'un vrai changement contre un pouvoir non constitutionnel, non démocratique, non parlementaire et non social. Tout comme certains artistes inconscients, ils suivent la voie du Silence et de l'establishment face au Cri des Marocains

Contributions

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"La musique n'est pas une entreprise servile et mercantiliste, mais un art noble et suprême qui doit être entretenu et perfectionné par ses adeptes au nom de la civilisation universelle, pour adoucir les moeurs et apaiser les âmes" - Sayyed Darwich, (1919)

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