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Mohammed VI au cirque à Nador

Mohammed VI au cirque à Nador

Pur moment de délice que cette vidéo qui tourne sur Youtube, même si son titre semble inapproprié, et qui relate une inauguration par le roi de ce qui est supposé être une aire de jeux à Nador.
En fond sonore, le responsable de la vidéo a superposé rires d’un public virtuel et bruitages évoquant des pets sonores.  Résultat garanti ! 

Voilà Charlot et Mr Bean remisés au rebut ! Laurel et Hardy peuvent aller se rhabiller devant ce qu’il est convenu de qualifier de grand moment d’humour.

 

 

 
On y voit le « Roi des inaugurateurs », débouler littéralement, sur le tapis usuel et passer, au pas de charge, un détachement de la garde royale, en tenue de grande cérémonie, au garde-à-vous. 
Les mousquetons des soldats ont été dépourvus, auparavant de leur chargeur, des fois que l’un de ces militaires réduits à ce misérable rôle de pacotille à répétition, ne pique, en même temps qu’un coup de soleil, la mouche et se prenne à commettre l’irréparable.

http://www.indh.gov.ma/fr/imgs/Nador-180708.jpg

Toujours ce même commandant, qui a, depuis longtemps, renoncé à tout honneur et qui bat la campagne, d’inauguration ridicule en cérémonie imbécile, à la poursuite, sabre au clair, du « Roi des avilis », pour lui administrer un baiser de paluche, sévèrement appuyé, genoux fléchis et dos arrondi.
La scène qui suit, ressemble à ces films en accéléré. Le roi passe à la vitesse supérieure tellement il est rompu à cet exercice favori qui consiste à donner l’illusion qu’il travaille, tout en perdant son temps et celui des autres. 

Les personnages, appelons les comme ça, tant tout cela ressemble à un film comique, en sont, pour un grand moment de frustration. La vitesse de déplacement de l’objet de leur vénération, ne leur permet pas de lui délivrer un baiser appuyé, et encore moins de se présenter à lui. Ils doivent fléchir le tronc, à la vitesse de l’éclair et survoler de leurs lèvres asséchées par l’attente, le soleil et l’émotion, la main tendue.

Le « Roi des itinérants » s’est-il lavé les mains, avant d’en présenter une à ces braves gens ? 
Les a-t-il promenées sur quelque surface impure ? 
Est-il allé fourailler, dans quelque partie de son anatomie, avec cette main tant convoitée ? 
Peu importe à cette assemblée d’adorateurs inconditionnels. Ils ont inventé une nouvelle locution proverbiale digne de l’exception marocaine : 
« À main donnée de Sa Majesté, on ne regarde pas à la propreté ! » 

Derrière, trottine celui qui est supposé faire les introductions et qui n’a même pas le temps de commencer de décliner l’identité de l’embrasseur, que l’embrassé est déjà passé au suivant. 
Moins d’une seconde pour crier un nom, un prénom et une fonction ! 
Essaie, tu verras ! 
Tiens fume, c’est du belge ! Pardon du marocain ! 
Mais peu lui importe, il s’agit de faire bonne figure et de ne pas rater cette occasion de figurer, costume et brushing à l’appui, aux côtés du « Roi des photographiés ». 

Le clou du spectacle : l’objet de l’inauguration, qui ne manque pas de déclencher l’hilarité. Le « Roi des lecteurs » dévoile une plaque commémoratrice de cet événement de portée mondiale, et fait mine de lire, lui qui ne lit plus, depuis bien longtemps, le texte gravé et peinturluré, de facture bien médiocre.

Sans transition, le rire se fait hurlement, lorsque la caméra zoome sur les équipements indignes, que l’on destine aux fils du peuple : une double balançoire famélique, un ponton brinquebalant, à déconseiller à votre progéniture, un balancier à l’obsolescence programmée au bout d’une dizaine d’utilisation, une poubelle qui menace de rendre l’âme, à la moindre surcharge, deux troncs d’arbres desséchés, des parterres clairsemés d’un gazon rarissime ou naissant.
Pour cacher la misère des murs en parpaings, les responsables de ce fiasco ont fait apposer des tags ignobles, dignes de travaux de l’école enfantine. Une impression de malaise vous saisit devant tant de désolation. L’espace pourtant destiné à la petite enfance, manque cruellement d’ombre, d’humanité en même temps que d’arbres et de verdure. 
Un peu plus tard, deux toboggans bricolés par une quelconque grande surface de France et de Navarre, cloront le tour du propriétaire.

Le « Roi des sportifs » déambule au son de quelques pets bien sonnés, passant en revue des équipes sportives, aux tenues approximatives qui applaudissent chaleureusement comme recommandé.

Lorsque ce festival du pathétique et de l’humour aura achevé de faire son tour du monde de la toile, nous aurons, allégrement, plongé, un peu plus profondément, dans le classement de la risée des peuples.
Et ça, nous le devrons au « Roi des humoristes » et à l’équipe des clowns qui le secondent.

Salah Elayoubi