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Moh Seghir Laama

Moh Seghir Laama

Moh Seghir Laama de son vrai nom Mohamed Seghir Aouali, d'origine Kabyle (né en 1910 à Sidi Daoud, une petite localité située à une vingtaine de kilomètres de Dellys de la wilaya de Tizi Ouzou - décédé le 7 avril 1973 à Bouzareah) fut un célèbre  musicien et interprète algérien.

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Biographie

Son père était Said Aouali et sa mère s'appelait Abrouche Fatima et formaient une petite famille de condition modeste, employée au début du XXeme siecle au service de colons français. La difficulté liée au contexte du déclenchement de la Première guerre mondiale ont fait que leur fils Moh Seghir (âgé de 4 ans) qui souffrait atrocement des deux yeux et était atteint de cécité totale n'a pu être soigné à temps.

Moh seghir n'avait que six ans lorsque ses parents sont contraints de quitter Sidi Daoud pour s'installer au numéro 7 de l'impasse Bologhine,au sein de la Casbah d'Alger.

Dès sa tendre enfance, le jeune Moh Seghir était à l'écoute de la musique qui se pratiquait en toutes occasions au sein de cette cite historique,qu'est la Casbah, celle-là même qui a enfante la plupart des grandes familles algeroise. Il prêtait à la mélodie traditionnelle une attention toute particulière reflétant celle produite par les cheikhs Mustapha Nador, Abderahmane, Saidi, Mohamed Zaouch, Said El Meddah, Said Derras, Mamad Benoubia ou encore Cheikha Yamna Bent el Hadj el Mahdi.

La tenacité et la passion de Moh Seghir Laama lui permettront de surpasser son handicap visuel en développant en particulier un sens artistique très pointu. Par ailleurs son jeu musical témoigna de l'admiration de ses proches qui lui témoignent beaucoup de respect et d'admiration.

Nonobstant, qu'il apprend très rapidement à maîtriser la guitare avec dextérité, il se distingue également parmi les meilleurs musiciens de son époque. La position verticale insolite de son instrument de musique qu'il inventa faisait de lui un virtuose. Il se familiarise également avec d'autres instruments comme le banjo et le luth qui deviendra son instrument de prédilection pendant toute une période de sa carrière artistique.

Aidé par une mémoire prodigieuse, il apprend les longues poésies populaires du Malhoun des grands poètes Sidi Lakhdar Benkhlouf, le barde Kaddour el AlamiBen Msayeb ou encore El Maghraoui. La poésie populaire joue un rôle important dans la puissance du verbe et lui donnait une dimension socio-historique. Il fallait l'assimiler pour mieux la transmettre. Tel fut sa préoccupation majeure. Moh Seghir l'avait compris en apprenant les pièce poétique au contenu et à la longueur variable. On raconte qu'après seulement une ou deux lectures faites par ses amis (qui prenaient beaucoup de plaisir à le faire pour lui) qu'il était en mesure de restituer le texte avec un très grande fidélité et assiduité. En plus d'être un musicien exceptionnel aux prouesses inégalables, il détient la richesse d'une grande partie du patrimoine poétique des grands maîtres.

Dans sa vie privée, Moh Seghir jouissait d'une grande estime au sein de la société algérienne. Au sourire ineffaçable et aux qualites de coeur incomparables, il avait toujours au bout des levres, un mot de sympathie pour ses interlocuteurs qu'il reconnaissait en palpant uniquement le lobe de l'oreille. Autrement dit,c'est aussi son sens du toucher,qui s'est developpe d'une maniere extraordinaire.

Moh Seghir était sollicité comme musicien auprès des grands chioukh de l'époque, pour ne citer que les célèbre : El Hadj Abdelghani BouchibaKhélifa Belkacem, EL Hadj M'hamed EL Anka et El Hadj Menouar.

En 1947,il est musicien titulaire au sein de l'orchestre populaire de la radio d'Alger sous la houlette de Cheikh El Hadj M'hamed El Anka et participa aux travaux de l'ensemble andalou dirigé par Mohamed Fekhardji.

Moh Seghir se marie en 1951 et un seul enfant naitra de cette union.

De la Casbah qui l'a adopté et découvert, et soutenu,il decide de s'installer en 1960 à Bouzareah, situé sur les hauteurs à l'ouest d'Alger.

A L'independance,il deviendra un element de base de l'orchestre de la RTA dirigé à partir de 1964 par Mustapha Skandrani au piano, dont l'ensemble était constitué par es plus grands musiciens de l'époque, tels que El Hadj Abdelkrim Dali et Mahboub Bati au oud, Abdelkrim M'Hamsadji et Mustapha Bahar à la mandoline, Belkaid Abdelghani au violon, Ali Metidji, Mokdad Zerouk, Mustapha Kasdali, Mohamed Mezghena et EL Hadj Medjbeur et Abderahmane Zemirli à la guitare,Moh Akli, Ahmed Gherbi dit Mouhouch et EL Hadj Rachid aux percussions, Rahma Mabrouk à la flûte.

Moh Seghir,n'a exercé que son métier de musicien et d'interprète et a transmis la passion de ce patrimoine à beaucoup d'autres.

Ce musicien légendaire décède le 7 avril 1973, à l'âge de 63 ans, en son domicile à Bouzareah.

En plus de toutes ses interventions en qualité de soliste au sein des orchestres traditionnels qui sont succedés de 1947 à 1972, la Discotheque Centrale de la Radio algérienne ont gardé de lui une série d'enregistrement exécutée en solo sur différents modes, à la guitare et au oud.