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Mawazine, le festival de la honte par Dr Ouidad Doudi

Mawazine, le festival de la honte par Dr Ouidad Doudi

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(Un texte écrit par Dr Ouidad Azdad le 24/05/2012)

 

« Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui.  » - Martin Luther King.


Il était une fois au « plus beau pays du monde », un festival vous en conviendriez avec moi immonde. Présidé par un sultan de ses conseillers captif; et chapoté par un consultant, vrai khalife à la place du khalife.

C’est dans la capitale, ville phare de ce royaume, que d’une ancienne religion étaient rechantés les psaumes. Un culte destiné à endormir les plus vaillants; à coups de fanfares, spectacles, exhibitionnisme et chants. Du coup, les caisses d’argent ont été en toute générosité déployées. De même que Police, hospices et sécurité « si vile » ont été mis sur pied; alors que les immondices jonchaient les pavés dévastés de la citadelle, qui ne réclamaient pour leur entretien somme tout qu'une bagatelle. C’est que la chandelle en valait la peine et l’enjeu était grand : il fallait dorloter le peuple à force des frivolités dont il était friand. Aussi éloges et compliments drus pleuvaient, tenus par des vendeurs de sable par l'état convoqués.

Tenu à l'écart, se tenait le grand vizir, de sage qu'il se disait, il était devenu un satyre, se contentant de suivre son Dionysos: dieu du vin et de la tragédie intra-muros. Au grand silence il se savait réduit, et au lieu de s'insurger, sa révolte il avait enfoui. Faisant fi des dictats de ses sciences occultes, c'est à peine s'il n'accompagna pas les orchestres muni d'une flûte. Aux sans-emploi il fit donner la bastonnade, et d'un œil clément, il vit corriger les mécontents des lointaines bourgades. Tout allait pour le mieux, à quoi bon les questions ? Et puis si la populace manquait de travail, Dieu n'était-il pas grand ? Ses adjoints suivirent son exemple et ne tinrent pas parole. Non seulment ils manquèrent terriblement de vision, mais ils couvrirent en plus les bandits qui faisaient légion. Ainsi, après avoir joué longtemps aux râleurs, ils ne purent que chanter la mélodie du bonheur. 

Les feux d'artifice laissèrent place au vice; alors de bazar, la capitale devint un bordel, au nom de la diversité, de la culture et de la tolérance universelle. Des créatures mi-mâles mi-femelles prirent d'assaut les esplanades, et de toutes les demeures, les jeunes pour les voir firent des escapades. En toute quiétude, truands et meurtriers en profitèrent, pour semer le trouble sans risquer un passage aux galères. Pendant ce temps, des innocents se morfondaient dans leur trou. La vérité était leur crime, alors il a fallu les mettre sous les verrous. C'est que de justice dans ce pays il n'y en avait point, puisque magistrats et responsables avaient succombé à l'attrait du gain.

Je vous vois pantois et croyez-moi je vous comprends: comment une peuplade peut-elle tolérer de tels agissements ? Le constat est navrant mais la réponse est simple, l'ignorance de ce pays avait fait son temple. C'était le prix pour conserver l'hégémonie régnante, et préserver l'omerta contre toute révolution éminente. Le lavage de cerveau allait-il durer ? Je ne le sais point car la suite du conte ne m'a pas été dévoilée.

 

[Ouidad]