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Maroc : Petites bonnes, l’enfance volée par Fédoua Tounassi

Maroc : Petites bonnes, l’enfance volée par Fédoua Tounassi

Pour 30 euro par mois vous pouvez obtenir les services d'une enfant-esclave « Taillable et corvéable à merci » au pays du Roi des pauvres.

« Mon dieu, prête-moi vie, jusqu’à ce que je voie la chute du Pharaon, le fils de Pharaon ! Après, tu pourras m’emporter, me crever le cœur, ou les yeux, d’avoir vécu un tel bonheur ! Et si tu devais m’imposer de mourir dans cette indicible indignité, alors aie pitié de mon âme et de mes vieux os ! Épargne à mes pauvres enfants, ce sort injuste et cruel auquel tu m’as condamné, la viedurant ! »


Voici un article repris du site Maroc-Ecologie qui traite un témoignage qui est une réalité au Maroc qui arrange toutes les arcanes de la Monarchie et de ses  partis traditonels plus ou moins corrompus...Il est tabou de parler de ce phénomène d'esclavage des enfants au Maroc...La ministre en tutelle n'a aucune compétence pour faire cesser ce fléau. Depuis 2007, rien n'a changé...Le système féodal de Mohammed VI prônant l'esclavage comme quelque chose de normal dans la société marocaine. Le discours officiel étant, nous étudions le dossier....ou encore le dossier est titanesque...Aucun politicien n'ose se mouiller et appelle la mobilisation des contribuables, mais ce ne sont que des voeux pieux ! Ceux qui achètent ces jeunes filles étant de la classe dirigeante du Pays, cet esclavage convient au Régime du Makhzen.

Rejoignez le groupe Facebook pour se mobiliser contre ce fléau.https://www.facebook.com/groups/202434739819745/

 

«Tout ce qui m’importe, c’est de ne pas faire vivre à mes filles le calvaire que j’ai enduré pendant plus de 10 ans», l’aveu est celui de Nora, 24 ans, mère de deux fillettes de deux et quatre ans. Sa croix, Nora la porte depuis l’âge de 10 ans lorsque, petite fille jouant encore à la poupée dans le petit réduit qui servait de logement à sa famille, elle fut brutalement arrachée à sa mère. Son père, petit agriculteur de son état a été obligé de fuir la campagne où la sécheresse sévissait depuis quelques années déjà. Installée dans une bourgade en banlieue casablancaise, la capitale économique, il n’arrive pas à joindre les deux bouts. Il verra en sa petite fille une issue de secours à ses soucis financiers. Il l’emmène de force chez une semsara «intermédiaire» qui la placera dans une famille pour servir de bonne à tout faire moyennant une poignée de dirhams. «300 plus exactement», se souvient-t-elle. Depuis, Nora en a vu de toutes les couleurs, les coups de sa patronne, les brûlures sur les avants bras et le dos, le harcèlement sexuel du père de famille. Le calvaire durera trois ans. «Je ne voyais mon père que toutes les fins de mois. Il venait pour récupérer le salaire de misère (25 euros) dont je ne voyais pas un sous vaillant », se rappelle Nora, les yeux embués de larmes. Elle quitte ces employeurs et décide de trouver un autre boulot. Mais cette fois-ci, la petite fille, endurcie, prend sa destinée en main. Son salaire, elle sera la seule à en profiter. «Je choisissais moi-même mes patrons et mon père obtempérait moyennant une part de ma rétribution», explique la jeune femme. Depuis, grâce au concours l’Association de défense des droits de la femme et de l’enfant, basée à Casablanca, elle a appris à lire et écrire ainsi qu’un métier : la pâtisserie. Des destins comme celui de Nora, elles sont des milliers à le vivre au Maroc. Malheureusement, ça ne se finit pas toujours comme un conte de fée.

Sévices: morale et physique
Au Maroc, selon une étude récente de Human Rights Watch, environ 600.000 enfants de 7 à 14 ans sont brutalement jetés dans le monde du travail. Sur ce total, pas moins de 66.000 petites «cosettes» sont employées comme domestiques. Et pourtant à en croire les textes, le Maroc est un pays où le travail des enfants est interdit par la loi. Le royaume chérifien a d’ailleurs ratifié la convention des Droits de l’enfant, selon laquelle, “un enfant ne peut occuper un travail à partir de 12 ans, que dans un cadre familial et dans des conditions saines”.
Elles sont payées entre 300 et 500 dirhams par mois en moyenne et s’échinent à bosser entre 14 et 18 heures soit une moyenne de 50 misérables centimes l’heure. Elles sont les victimes de tout un système de samasarates «intermédiaires » qui gagnent entre 300 et 500 dirhams pour chaque «dossier ». De mèche avec les parents, ces profiteurs, dont le seul souci reste la commission, ne peuvent pas s’interposer contre la maltraitance des employeurs. « Même le système judiciaire défaillant ne leur permet pas de s’en sortir », déplore une militante associatif. «Lorsque des parents récupèrent une fille battue, brûlée et mal en point psychologiquement, ils ne vont pas porter plainte parce qu’ils considèrent cela comme une perte de temps”, relève le rapport de HRW. Et pourtant les violences subies par ces travailleuses de l’ombre sont dignes de plus grands centres de détention. Battues au fil électrique (Najat, 11 ans), la tête écrasée contre le mur (Saïda, 15 ans), les sévices peuvent même parfois conduire à la mort. «Ce n’est que dernièrement que l’Etat commence à prendre plus au sérieux les plaintes déposées contre les employeurs», explique notre source associatif. Certains employeurs ont même écopé de peine allant de 1 à 3 ans de prisons pour tortures. «Ce qui est une grande victoire pour le milieu associatif ». Le viol et les attouchements sexuels sont également le lot de ces jeunes domestiques. En 2002, un rapport des Nations Unis avait conclu qu’ «il y avait au Maroc un taux élevé de viols et de mauvais traitements des petites bonnes». Un tabou sur lequel on ne dispose malheureusement pas de statistiques: «Les petites bonnes n’osent pas se confier quant il s’agit de viols ou d’attouchement sexuels. D’abord parce qu’elles sont persuadées qu’on ne les croira pas mais aussi par peur des représailles également», souligne une militante associative de Bayti (association qui s’occupe des enfants des rues). D’ailleurs, 36% des bénéficiaires, de l’association Solidarité féminine qui se charge des mères célibataires, sont d’anciennes petites bonnes. Un constat que confirme une étude gouvernementale menée en 2002 sur la région de Casablanca : « la plupart des mères non mariées ont été domestiques dans une vie antérieure ». Pour sa part HRW estime, que « le statut de petite bonne mène soit à la rue, au mariage précoce, à la prostitution ou à un trouble psychologique insurmontable».

Et l’Etat dans tout ça?
Nouzha Skalli, ministre du développement social trouve inadmissible que ce phénomène ne soit pas encore éradiqué. «Il est honteux que le Maroc du 21esiècle connaisse toujours ce genre de phénomène; en contradiction avec les droits humains », déplore, cette socialiste en poste depuis une année. Elle vient de mettre en chantier toute une stratégie contre le travail des petites bonnes, une appellation qu’elle déteste et à laquelle elle préfère «petites filles en situation de travail». L’ambition de Mme la ministre est quelque peu démesurée: «Notre objectif est d’arriver à un Maroc sans petites bonnes d’ici 2010», explique-t-elle. Eradiquer le phénomène en si peu de temps relève pour certains milieux associatifs de la gageure. Mais qu’à cela ne tienne, Nouzha Skalli reste confiante et demande d’ailleurs à la société civile son soutien. «Il est possible d’y arriver, mais cela dépend étroitement de la collaboration d’un ensemble de partenaires».
Le plan d’action prévoit deux axes : mise en place d’un arsenal juridique adéquat. Il visera en priorité la protection des fillettes en situation de travail. « Un projet fixant le travail domestique des enfants à 15 révolus et sanctionnant l’emploi des enfants est d’ailleurs en cours d’étude auprès du secrétariat général du gouvernement », souligne une source gouvernementale.

Le deuxième axe consiste en la sensibilisation des citoyens, mais aussi des partenaires. Un programme baptisé «Inqad» a déjà été lancé en 2007 pour accélérer la lutte contre le travail domestique des petites filles. Des spots télévisés et des messages radiophoniques… le ministère du développement social a mis le paquet. Objectif : sensibiliser parents, employeurs et intermédiaires aux effets néfastes de ce phénomène. Et les résultats sont assez conséquents. «Des citoyens commencent à dénoncer les maltraitances dont sont victimes ces petites filles. Il s’agit de voisins et parfois même des membres de famille de certains employeurs. Ce qui était très rares auparavant», soutient une source policière. Une deuxième campagne de lutte contre le travail domestique sera organisée à partir de la semaine prochaine.
Le chantier de la lutte est titanesque, il demande l’adhésion de tous. «Nous sommes conscients que cela ne se fera pas sans mal, il faut juste y croire», confie Nouzha Skalli. Najat, Nora, Salima et les quelques 66000 «petites bonnes» y croient dur comme fer. Encore faut-il ne pas les décevoir!