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Maroc : Ni compromis, ni compromission

Maroc : Ni compromis, ni compromission

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Il n’y a pas que les élections que Benkirane aura gagnées. Dans la rubrique règlement de comptes tous azimuths, il aura également remporté la palme d’or.

Au cours de sa campagne haineuse, le théo-populiste, barbe et cheveux sel, mais regard noir et furibond, aura, tour à tour, critiqué les féministes, tempêté contre les déjeuneurs du ramadan, vociféré contre les laïcs, agoni les vingt-févriétistes, vitupéré contre les homosexuels, insulté El Himma, fustigé Mezzouar ou encore cloué Omari, au piloris.

A croire que notre homme hait une première moitié de l'humanité et voue aux gémonies la seconde.

Même lorsqu’il défend le roi ou la monarchie, il se fait tonitruant, éructant, et grimaçant jusqu'à la menace, comme lors de cette interview, à propos de la Commanderie des croyants ou de la poigne de fer de Hassan II.

Ou encore lors de cette  émission où le journaliste qui lui demande avec qui il compte gouverner s’il était nommé premier ministre, se voit gratifié  d’un index accusateur, et d’un sarcastique et rageur « hgartini ? », tu me sous-estimes ?

Curieusement, Benkirane qui semblait la proie d’une indicible souffrance, avant le résultat des élections, affiche, à présent, une surprenante sérénité. A croire que le cholestérol qu’il avait ombrageux était soluble dans les urnes, en même  temps que les doutes assassins qui le taraudaient.

Rasséréné sur son devenir, l’homme qui aura courtisé le roi au-delà du raisonnable, claironnant, à tout bout de champ, envers et contre tout, son amour et son attachement indéfectible à « cette dynastie qui préside aux destinées du pays depuis douze siècles », fait, à présent, assaut d’amabilités et de déclarations, rassurant les uns et courtisant les autres.

Tout et son contraire.

C’est que en réalité, l’homme n’ignore pas que le PJD ne sera jamais cette vague scélérate, née au milieu de nulle part, au plus profond de l’océan, pour nettoyer les écuries d’Augias, soigneusement mises en oeuvre, par le régime marocain, pour sa survie.

Il aura beau tendre la main au mouvement du vingt février, saluer le caractère "globalement transparent" des élections,  réaffirmer sa volonté de privilégier l'intégrité et la compétence, pour le choix de ses ministres ou encore celle d'entretenir des rapports respectueux, mais décomplexés avec le roi, rassurer qu'il n'a ni l'intention d'interdire la consommation d'alcool ni de s'en prendre à ses consommateurs, ni de se mêler de la façon dont les femmes s'habillent, ou encore laisser comprendre qu'il va offrir à l'USFP et à l’Istiqlal de rejoindre la coalition, il n’aura dupé quiconque, et encore moins sa propre personne,  sur la mission impossible qui l’attend et sa déconvenue annoncée.

Victoire à la Pyrrhus oblige, ce  qui a été acquis par les urnes, est pour le PJD, porteur des germes de sa propre destruction, comme ce fut le cas de ces gauchistes laminés pour avoir rallié la dictature de Hassan II. 

En convoquant le chef du PJD, à sa convenance, à Midelt, ville où le président PJD du conseil municipal, se trouve impliqué dans une sordide affaire de pots de vin,   le roi, par un machiavélique ressort, aura délivré un double message à l’intéressé : ôter toute solennité à la cérémonie de sa nomination, en éloignant celle-ci des lustres du palais de Rabat et lui rappeler les turpitudes de son propre camp.

Dans le camp du PJD, la bonne humeur est de mise et la prestation de serment achevée, L’islamo-royaliste a gratifié, à la fin de son « Allah ibarek fi omr Sidi », le roi d’un large sourire et d’un regard appuyé.

En face, sourires de circonstance et grincement des dents sont de mise. Celui qui, il n’y a pas si longtemps, dénonçait aux américains et aux chancelleries occidentales, les islamistes,  boit la ciguë, mais espère que cette victoire apportera un répit supplémentaire au régime, qui survit, depuis neuf longs mois, aux coups de boutoirs d’une jeunesse résolue et déterminée à en découdre,  avec des pratiques d’un autre temps.

Pendant que se déroulait cette cérémonie en demi-teinte, le journal « Demainonline », faisait part d’une révélation aussi fracassante que révoltante, en forme de gifle, pour le nouveau premier ministre. Celle de l’attribution à l’Emir du Qatar, d’une réserve de chasse à l’outarde, cet oiseau, de surcroît, protégé,  sur une superficie de quarante-cinq mille hectares, confisquées aux collectivités, à dix kilomètres de la ville  de Guelmim, quand nombre de citoyens peinent à acquérir un mouchoir de poche, en guise de lot économique,  pour y loger leur famille  

Alors le roi peut sourire. Il n’en pense pas moins.

-          «  Toi ! Je t’aurais ! » Semble-t-il grincer

C’est que les « Koualebs », ces suppositoires géants, façon makhzen, et pour lesquels aucun antidote n’a encore été expérimenté, sont, désormais, entrés en action, pour vider de sa substance, celui  qui a osé inscrire dans ses objectifs, la lutte contre les fondements mêmes, du régime marocain et dont on pourrait croire qu’ils en sont devenus des sacralités : la corruption, le népotisme, la prédation et le reste.

Alors les « Marcheur-à-reculons » pourront frayer autant qu’ils le voudront avec ce régime, il n’y aura, de notre part, ni compromis, ni compromission.  

 

En marocain,  cela porte un nom : MAMFAKINCH !

Salah Elayoubi