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Maroc : Driss el-Yazami le dodelineur

Maroc : Driss el-Yazami le dodelineur

On dit de l’âge qu’il apporte sagesse et sérénité. L’auteur d’une telle affirmation, ignorait qu’existait le Maroc, ce pays  d’exception, qui semble produire l’effet contraire, sur nos hommes politiques. 

Prenez l’exemple de nos gauchistes. Après s’être opposés à la dictature dans leur jeunesse, ils devraient être déterminés et endurcis, acculant celle-ci dans ses derniers retranchements. Que Nenni !

La proximité du palais les a, bien  au contraire, ramollis, « médiocrisés » et avilis.

Je vous fais grâce de l’anecdote de 1997  et d’un Youssoufi, qui pour se donner bonne conscience, et rassurer ceux dont les yeux s’arrondissaient de stupéfaction, à le voir se rallier à la dictature, avait évoqué un pacte secret entre lui et Hassan II.

Nul n’a jamais su ce que ce pacte supposait comme compromis, ou compromission, d’un côté comme de l’autre de cette ligne tranchée qui sépare les dictateurs  des démocrates.

Quatorze ans plus tard, le doute n’est plus permis. La nature du pacte est connue : La monarchie s’est payée, à moindres frais, des gauchistes repentis, en guise de bras séculier,  pendant qu’elle et son clan s’enrichissaient à milliards.

http://biladi.ma/sites/default/files/imagecache/400xY/driss_yazami-M_9153.JPG

 

Dans une autre vie, Driss el-Yazami était un gauchiste et un droit-de-l’hommiste convaincu. C’était il y a fort longtemps. Il y a mille ans.

Depuis, bien de l’eau aura coulé sous le pont. Tout le monde aura apprécié son talent raté de défenseur de la constitution mitonnée, à la va-vite,  avec quelques comparses, dans une arrière-cour du palais, pendant que le peuple s’époumonait à siffler la faute.

Le statut de repenti ne lui suffisait plus, il a endossé celui de l’ « affranchi », qui n’hésite plus à monter au créneau, à tout bout de champ, pour défendre le même système politique qu’il avait, pourtant,  combattu pendant plus de trois décennies.

Le voilà appelant « les électeurs et les électrices, à participer massivement au scrutin prévu le 25 novembre 2011. », puis prodiguant des leçons de logistique et d’organisation des élections !  De quoi surprendre, sinon révolter, particulièrement, lorsqu’il aborde la question de l’accessibilité des électeurs aux urnes, allant jusqu’à proposer de « faciliter, le jour du scrutin, le transport  des électeurs et des électrices vers les bureaux de vote, notamment dans les communes difficiles d’accès. »

Outre le fait que Yazami se fourvoie, en se départissant de la neutralité qui incombe à sa qualité, il  en oublie, de surcroît, que ces pratiques, maintes fois dénoncées, font partie de l’arsenal corrupteur, utilisé par le régime et ses thuriféraires, pour inciter les citoyens à aller aux urnes, moyennant récompense.

En démocratie, ce sont les urnes qui viennent aux citoyens, dans les écoles, les mairies, préfectures et autres bâtiments officiels,  et non les citoyens qu’on mène, tel du bétail à celles-ci.

Le conseil national, qui ne s’est jamais offusqué des conditions de vie de nos compatriotes, dans ce qu’il qualifie de « communes difficiles d’accès », s’aperçoit, soudain,  à l’orée des élections, de leur existence et des souffrances auxquelles elles ont à faire face. « Syndrome du TGV » oblige, on ne peut, en effet, à la fois,  faire dans les dépenses somptuaires et inutiles et financer les infrastructures vitales, pour le désenclavement de ses populations.

Le même conseil n’a jamais, non plus protesté de voir des enfants en bas âge,  parcourir plusieurs kilométres, dans des conditions abominables, pour puiser un ou deux seaux d’eau, à l’aube,  avant de prendre le chemin de l’école, elle-même à bonne distance de la misérable masure parentale.

Après avoir, un temps,  secoué la tête en signe de dénégation et de refus de la dictature, l’ex gauchiste opine, à présent du chef, à toute interpellation de Son Seigneur et Maître. Il dodeline de la tête. Il sera « Le » dodelineur, au service de la monarchie absolutiste,  comme ces petits ânes gris en plastique, sur la galerie arrière des voitures et qui dodelinent de la tête, à chaque mouvement du véhicule.

Morocco_Dirham_Bills.jpg

C’est à présent un fait avéré, Driss Yazami est passé à l’ennemi, avec armes et bagages. Il a décidé de troquer son honneur, contre les lambris de la dictature et de grosses coupures  de monnaie.

Et non content de débiter des inepties, voilà qu’il se prend à faire du zèle, en les transcrivant, sous forme de communiqués solennels ! Et il ne se trouve pas une âme charitable pour le faire taire.

Dommage ! Ca nous aurait fait des vacances !

 

Salah Elayoubi