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Maroc : Candeur et décadence

Maroc : Candeur et décadence

Une petite information distillée par le quotidien  "Akhbar al yaoum", voudrait que le roi ait admonesté ses ministres, lors du dernier conseil qui s'est tenu dans la ville de Nador.

La raison de cette colère, c'est la persistance des actions, des sit-in et des manifestations que conduisent le mouvement du 20 février, les associations citoyennes ou encore les groupements d'intérêts des chômeurs.

- "Si vous accomplissez les tâches qui vous incombent au mieux,  expliquez-moi pourquoi les manifestations continuent à prendre place dans le pays ?".  Aurait-il  demandé, en substance.

Le procédé n’aura dupé personne.

De deux choses, l’une :

Soit l'information a été soigneusement distillée par l’entourage royal.

Soit elle a été répercutée, volontairement ou involontairement,  par l'un des participants à cette réunion.

Dans les deux cas, il s'agit bien de la même mise en scène, que nous sert le régime depuis la nuit des temps et qui est destinée à  répandre le bruit que le chef de l’Etat serait dans l’ignorance des turpitudes de son  régime et qu’il serait innocent de tout ce que « les ennemis du plus beau pays du monde » lui imputent.

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Après un Mohammed V, prétendument sanctifié, par je ne sais quelle instance supérieure,  au point qu’on pouvait apercevoir, avec beaucoup d’imagination et de contorsions,  son effigie sur la face éclairée de la lune.

Après un Hassan II, somnolant dans la béatitude de ses délicieux jardins secrets, pendant que d’ignobles bourreaux torturaient et assassinaient, à l’insu de son propre gré, son « Cher Peuple ».

Voici un Mohammed VI qui joue le registre de la candeur.

Pour un peu, il accuserait cette assemblée de baiseurs de paluches et de béni-oui-ouistes, de tous les maux du pays, eux que le pouvoir a, à ce point, castrés, qu’ils en sont réduits au garde-à-vous, petit doigt, sur la couture du pantalon, pendant que s’exprime le responsable de tous nos malheurs.

Pas un seul des figurants de cette messe grotesque, n’aura eu le courage de dire ses quatre vérités à l’ex « roi des pauvres », devenu, entre-temps, par la grâce divine qui l’habiterait, « le roi des affairistes » et la énième fortune mondiale couronnée.

Il ne s’est pas trouvé une seule âme charitable, dans ce congrès de l’impotence, pour défendre ses confrères, en expliquant q’un minimum d’autonomie et d’indépendance des ministres s’impose, lorsqu’on veut dispenser une bonne gouvernance.

Pas une seule allusion à la curée qui fait enrager les honnêtes citoyens et à laquelle se livrent, impunément,  les complices du roi, depuis que celui-ci a sonné l’hallali, à son arrivée au pouvoir.

Pas un index ne s’est tendu, pour désigner le chef-d’orchestre de ce fiasco annoncé, qu’est devenue la nouvelle ère, comme,  par exemple, cette convocation des haut- fonctionnaires du pays à Nador avec armes et bagages, participant ainsi du pillage des deniers publics, en pure perte.

Le pire dans cette attitude est la lâcheté avec laquelle, le roi aborde le problème, en  tentant de se dédouaner de ses responsabilités, au détriment de ses compagnons de despotisme et de prédation, comme le garnement qui impute à ses camarades ses errements :

-« C’est pas moi, M’sieur, c’est lui ! »

Pendant qu’avait lieu cette séance de travail ubuesque, un autre dictateur, tout aussi autiste et candide, était déboulonné, sans pitié, par le peuple libyen qu’il avait tant méprisé.

Le bain de sang et la sauvagerie qui ont accompagné cette chute, trouvent, sans doute,  leurs origines, dans l’acharnement que cet homme et son clan, auront mis à ignorer tous les appels à la raison !