Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LNO

LNO

Menu
Mais qui sont les incubes ?

Mais qui sont les incubes ?

incube10--1-.jpg

La croyance dans la possibilité de relations sexuelles entre un esprit et un mortel, homme ou femme, est très ancienne et présente dans toutes les civilisations. Dans la mythologie grecque, le fruit d'une telle union étrange était un demi-dieu. Avec l'avènement du christianisme, ces choses ont pris un aspect plus sombre. Les incubes et les succubes sont alors considérées comme des créatures démoniaques.

Un incube (du latin « incubus » signifiant « cauchemar » ; pluriel incubi) est un démon mâle qui est censé prendre corps pour abuser sexuellement d'une femme endormie. Velu, hirsute et souvent représenté comme possédant des pieds de bouc, l'incube peut toutefois s'en prendre également aux hommes. Le démon incube pèse sur la poitrine de sa victime endormie et peut même l'étouffer. Son équivalent féminin est le succube. La civilisation mésopotamienne le connaît sous le nom de « lilu » mais c'est dans la Grèce antique que l'« éphialtès » est perçu pour être un démon qui s'attaque au dormeur. Les médecins grecs en font un être indissociable du phénomène cauchemardesque. Au Moyen Âge, l'incube est assimilé au diable, qui passe pour s'unir sexuellement aux sorcièrestransportées au cours du sabbat. Alors que le Malleus Maleficarum en fait une figure diabolique de l'impureté, des théologiens et démonologues chrétiens, comme Saint Augustin, Jean Bodin ou Martín Antonio Delrío, débattent de sa réalité et de son pouvoir sur l'âme. Le terme est ainsi particulièrement en usage dans les écrits ecclésiastiques du Moyen Âge pour signifier l'hérésie du commerce sexuel avec le diable.

Les histoires d'incubes sont légions, d'autant plus que ces créatures préféraient s'en prendre aux nonnes et aux femmes mariées qui, chacun le sait, sont incapables de garder un secret. L'audace de ces démons ne connaissait pas de bornes: ils se déguisaient fréquemment en confesseurs et se glissaient jusque entre les draps du lit conjugal.

Il y avait, écrit le moine Ernauld, dans le pays de Nantes une malheureuse femme tourmentée par un démon. « Cet être lascif alluma en elle le feu de la passion, s'étendit sur elle et la traita comme une épouse après avoir passé l'une de ses mains sous son corps et l'autre sous sa tête. Adultère invisible, il venait la nuit, pendant que la femme était couchée près de son mari, qui ignorait tout, et il se livrait sur elle à la luxure. Pendant six ans, ce mal resta caché et la malheureuse ne découvrit sa honte à personne. Pourtant la septième année, le spectacle de ses crimes amoncelés et la pensée des jugements de Dieu l'effrayèrent. Elle alla trouver les prêtres et avoua son opprobre. Puis elle fit des pèlerinages et implorales saints. Mais confessions, pèlerinagesprières n'obtinrent aucun résultat. Le démon revenait chaque jour et était de plus en plus libertin. Le crime finit par être connu et le mari entra en fureur... »

Bibliographie

  • Dictionnaire du diable et de la démonologie de J. Tondriau et R. Villeneuve
  • Genèse (VI, 1-4)
  • St Augustin (De Civitate Dei, XV, 23)