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Lili Boniche, le crooner de la Casbah d'Alger

Lili Boniche, le crooner de la Casbah d'Alger

Lili Boniche (né Élie Boniche en 1921 à Alger - décédé le 6 mars 2008 à Paris) fut un célèbre chanteur juif d'Algérie. Initié à la musique arabo-andalouse, son répertoire comprend des styles variés comme le chaâbirumbas algéroises très appréciées à l'époque. Tout comme Reinette l'Oranaise, qu’il fréquenta, Lili Boniche l'Algérois incarna avant l’indépendance l'archétype d'un art musical judéo-maghrébin qu'il ne trahira jamais.


Biographie

Les parents du jeune Elie étaient originaires d'Akbou en Kabylie. Son père, mélomane et musicien convaincu a encouragé les dispositions musicales de son fils en l'envoyant comme élève dès son plus jeune âge chez le maître Saoud l'Oranais, maître de la musique classique arabo-andalouse. Il fréquente ensuite des écoles de musique réputées comme Moutribia et al-Moussilia.

À 15 ans, le directeur de Radio-Alger, lui confie l'animation d'une émission consacrée au répertoire hawzi.

Dès les années 1940, il popularise le style francarabe, symbole d’une Algérie coloniale et cosmopolite. Au terme d’une pause de 30 ans, le « Crooner de la Casbah », redevient à la mode dans les années 1990, porté par un Tout-Paris branché et métissé.

Lili Boniche a été un artiste un innovateur dans le sens où il avait modernisé son style pour satisfaire un public en quête de nouveautés et d'exotisme. Il se produisait pour se faire dans les cabarets où le style oriental se mêlait aux rythmes occidentaux, au jazz et aux musiques afro-latines qui étaient alors en vogue.

Parmi ses titres les plus fameux,  nous retenons Alger AlgerPedro le toreadorAlleche tu ne m'aimes pas. La chanson "Ana el warka" (je suis la feuille) fut utilisée pendant près de huit ans pour le générique de l'émission culturelle de France 2, Des mots de minuit. Ce dernier titre est une oeuvre des algérois Mustapha Kechekoul (pour les paroles) et Mustapha Skandrani (pour la musique).

La chanson "on m'appelle l'Oriental" a été composée par le juif tunisien Joseph Hadjedj dit "José de Souza".

On retiendra sa chanson, intitulée "Il n'y a qu'un seul Dieu" : « Tu n'es pas mieux que moi / Je ne suis pas mieux que toi / La plus belle des choses, c'est de garder la foi / Que tu portes la croix, le chadaï ou le voile / Nous finirons tous en haut dans les étoiles. ».

Lili boniche s'était lancé dans les affaires à Alger et s'était spécialisé dans l'exploitation des salles de cinéma. Lorsque l'indépendance de l'Algérie est proclamée, il quitte définitivement son pays natal et revient à Paris.

Redécouvert en 1990, il donne alors à nouveau des concerts, dont certains ont fait l'objet d'enregistrements en direct.

Il occupera à nouveau la cène après une longue période d'absence en 2003, avec un album intitulé, Oeuvres récentes produit par Jean Touiton, avec lequel il s'écarte de la chanson judéo arabo andalouse.

A ses côtés on retrouve dans cet opus des musiciens tels que Matthieu Chedid, Jean Pierre Smadja alias Smadj de DuOud, le batteur Manu Katché, l'ex bassiste d'Elliott Murphy et des Modern Lovers, Ernie Brooks ou encore du réalisateur de clips et un photographe français Jean-Baptiste Mondino qui signe les guitares d'une chanson et la pochette. A la même époque le spectacle les Orientales créé par le groupe marseillais Barrio Chino qui rend hommage à la chanson francarabe et reprend bien sûr quelques standards du "crooner de la casbah".

Lili boniche s'est éteint à l'âge de 86 ans en laissant le souvenir d'un artiste flamboyant et séducteur.

lili-boniche.jpg

  "Elli ghir" par Monsieur Lili Boniche ! Ne faites jamais confiance aux jalous