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Les sept saints juifs enterrés à Safi

Les sept saints juifs enterrés à Safi

Les juifs étaient intégrés au tissu culturel du Maroc rural, ils avaient des coutumes communes avec leurs voisins musulmans : l'habillement, la nourriture, la « vénération de saints hommes et, à l'occasion, de saintes femmes, ainsi que les rythmes et les modes de la vie quotidienne. Les liens sociaux et économiques entre les juifs et les musulmans dans les régions de culture berbère étaient très étroits, bien que chaque groupe ait aussi gardé des traits culturels distincts et des limites religieuses très strictes. Alors que dans toutes ces régions les juifs parlaient « berbère, car d'aussi loin que les gens se souviennent, ils parlaient l'arabe « vernaculaire (avec des tournures spécifiquement juives) dans la plupart des mellahs, comme leur langue maternelle. Ils écrivaient en judéo-arabe, employant « des caractères hébraïques pour transcrire leur parler marocain. Bien que la nourriture consommée par les juifs ressemblât beaucoup à celle des musulmans, leurs lois alimentaires leur interdisaient de consommer des repas préparés dans « des maisons non juives. Par ailleurs, ils pouvaient manger des œufs, des olives, du « miel, de l'huile ou des produits laitiers chez leurs voisins. Alors que les costumes des juifs et des musulmans paraissaient très semblables, un examen approfondi « révélait presque toujours des signes distinctifs chez les juifs, qu'il s'agisse de la « couleur du vêtement du dessus ou bien de la sorte de coiffe portée par les femmes « et par les hommes. La loi islamique stipulait que les dhimmis devaient porter un vêtement les distinguant des musulmans (et leur interdisait par exemple le port d'un turban), mais dans le pays berbère, les traits distinctifs permettant de reconnaître les juifs relevaient davantage de la coutume que de l'exigence légale   (Daniel Schroeter).

On s’accorde aujourd’hui à croire que les Juifs se sont installés au Maroc depuis l’Antiquité. Certains historiens pensent même que des départs eurent lieu avant la destruction du premier Temple. Une des légendes qui accrédite cette thèse soutient que Phéniciens et Hébreux se rendaient près de Sala (Chella) non loin de Salé, l’actuelle Rabat pour acheter de l’or. Mais le plus ancien témoignage épigraphique ne remonte qu’au IIe siècle de notre ère, s’agissant essentiellement d’inscriptions funéraires en hébreu et en grec trouvées dans les ruines de la Volubilis romaine, entre Fès et Meknès.

La conquête arabe du Maroc débutait au cours du VIIème Siècle. et la conversion à l’Islam disperse la présence juive parmi les tribus Berbères plutôt qu’elle ne l’éradique. Ainsi les oasis du désert et les montagnes du pays sont-elles habitées par de nombreuses tribus de Berbères juifs.

Le XVIIIe siècle correspond au début des interventions européennes. C'est l’époque où les Juifs de l'Atlas gagnent les grands centres urbains, venant grossir les mellah de Fès et de Meknès qui deviennent rapidement insalubres étant donné la surpopulation

La présence juive au Maroc est très ancienne et fut nourrie par diverses vagues de réfugiés suite aux vicissitudes et persécutions dont ont été victimes les Juifs au cours de l'Histoire, mais aussi des conversions parmi les populations berbères autochtones. Cette communauté compte deux sous-ensembles ethnico-culturels : les toshavim "autochtones" et les megorashim "expulsés (d'Andalousie)". Plusieurs associations comme, celle des Juifs de Safi et de Casablanca, ont été créées afin de faciliter les «retrouvailles» avec le Maroc.

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Safi possédait une importante communauté juive qui a émigré vers la France, le Canada ou Israël et qui représentait à l'époque plus de 20 % de la population. safiote Cette communauté n'était pas installée dans un mellah comme dans la plupart des villes du Maroc. L’existence de cultes mixtes, judéo-musulman, tel celui rendu jusqu’au milieu du XXème siècle aux Ouled Zmiro, les sept saints juifs enterrés à Safi, témoigne de l’entente cordiale qui a prévalu depuis plusieurs siècles entre les deux communautés du pays.

Si les juifs marocains ont en partie perdu leur appartenance et leurs attaches d'origine, ils ne doivent pas pour autant oublier leur mémoire...Dans la tradition des juifs du Maroc, le tombeau de Ouled Ben Zmirou renferme la dépouille mortelle de Abraham, en plus de ses frères et ses fils. Abraham Ben Zmirou, philosophe et poète du 15e siècle, serait originaire de la péninsule ibérique. Il aurait regagné le Maroc pour échapper à l’inquisition. Après avoir habité à Fès en 1944, il se serait installé à Safi. Grâce à ses connaissances approfondies dans la littérature et les lois arabes, Abraham aurait rapidement acquis une notoriété parmi les populations juives et musulmanes. Le terrain qui entoure le tombeau est parsemé de rochers. Les juifs les blanchissent à la chaux et y brûlent des cierges. Les pèlerins pensent que, dans le passé, ce lieu servait de cimetière.

Ce sanctuaire est un site qui s’étend sur 8.000 mètres carrés. L’ensemble comprend une porte antique, une synagogue et un espace rassemblant les 7 saints. Dans cet espace, 27 mémoriaux ont été placés. Chacun représentant un saint juif.

Même les membres de la communauté musulmane viennent se recueillir sur leurs tombeaux.

Sur les épitaphes de leurs tombeaux, on a relevé les noms suivants :

  • Rabbi Abraham SULTAN
  • Rabbi Youssef DALILI
  • Rabbi Messod MIMOUNA
  • Rabbi Mimoun BENOUAICH

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