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Les rites bektachis

Les rites bektachis

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Archétype de Bektashi déviants, oisifs et anticonformistes (Turquie)

Hünkar Hajji Bektash Wali (Veli) est à l'origine de la confrérie bektachi (Babagan) fondée 3 siècles après sa mort par Balim Sultan ; les Tchelebi (Çelebi), quant à eux, revendiquent leur lignée directement de la descendance du Saint. 
Le système de croyances Alevi–Bektashi d’Anatolie a pu intégrer en elles toutes sortes de cultures, en sachant n’en mépriser aucune (bien au contraire en s’en enrichissant), qu’il s’agisse des cultures locales ou de celles des nomades. C’est pour cette raison que dans les rituels rattachés à cette mouvance, l’on rencontre des traces des cultures saman, romaine et grecque. Le côté la plus intéressant des «erenler» d’Anatolie est que leur soit confié une épée de bois par leur maître avant qu’ils ne quittent leur monastère pour devenir chef religieux dans une autre région. Ceci symbolise le fait que tout en étant un combat, la mission ne doit aucunement être sanglante car il s’agit uniquement d’un combat d’idées. Ainsi les “erenler” d’Anatolie ont-ils contribué à la création du droit administratif, droit commercial et droit civil pendant la période des Seljukides et au début de l’Empire Ottoman. (source)

Les rites bektachis sont proches du soufisme. Il y a une vraie recherche d'un cheikh spirituel (un "baba"). Chacun des membres de la communauté peut être initié jusqu'à devenir un derviche puis au final, un "baba".

Les bektachis affirment que le Coran doit être lu à deux niveaux : de l'extérieur (zahir ظاهر) et de l'intérieur (batin باطن). Ce qui laisse la place à une interprétation ésotérique des textes.

Les bektachis vénèrent l'Iman Ali au même titre que les chiites. Tout comme le mouvement soufi, on peut dire que les Bektachis se situent entre sunnisme et chiisme. Malgré les persécutions subie durant des siècles, les Alevis n’ont pas cédés à la haine. Ils ont accepté tout homme tel qu’il est, quels que soient leur sexe et leur couleur.

Le système de croyances des Alevi-Bektashi repose sur les principes d’égalité, de respect et de pluralisme.

“ Il n’y a pas de distinction de sexes dans les débats
Tout ce que Dieu a créé est là.
Il n’y a aucune distinction entre homme et femme
La lacune est dans tes opinions.”
(Hacı Bektaş-ı Veli (Xlllème siécle)

Il perpétuent également des rites et des traditions propres et ésotériques. Mais les traditions et les musiques des minoritaires sont méconnues ou sont assimilées à la culture dominante turque et sunnite.L’islam alévi a eu un impact fondamental dans l’histoire, la religion et la culture des peuples turcs du Turkestan aux Balkans, y compris en Anatolie et en Azerbaïdjan. Cette croyance était considérée comme hérétique par le pouvoir central sunnite ottoman. Oppressions, révoltes, persécutions furent le lot des alévis. Les alévis se plaignent d’être l’objet de pressions plus ou moins violentes de la part d’une mouvance sunnite radicale. Les alévis vivaient en milieu rural. Les pressions ottomanes sunnites les ont contraints à y rester et/ou s'y cacher. Dans les années 1960, avec l’exode rural, ils ont commencé à émigrer dans les grandes villes comme İstanbul, Ankara, İzmir, etc.

Aujourd’hui, les alévis seraient entre vingt et trente millions en Turquie. La majorité des alévis sont d’origine turque et turkmène mais il y a aussi des alevis zazas ou kurdes kurmandji. Dans les Balkans une partie importante des albanais et de petits groupes bosniaques sont Bektashis. Il existe également des communautés alévies en Bulgarie... Les Mevlevi-Shemsis, en Turquie, font aussi partie de l’islam alévi.

Il existe aussi en Azerbaidjan, en Iran et en Irak, d'autres groupes chiites hétérodoxes (ghulat) apparentés aux Alevis et Bektachis tels les Ehl-i Hakk (Kurdes/Turkmens) dits aussi Ali-Ilahi, les Kakaiyya (Kurdes/Turkmen), Shabak (Kurdes), Sarliyya (Kurdes), Ibrahimiyya, Kirklar ou Jahaltan (Turkmen)... Ils reconnaissent tous notamment Hadji Bektash mais à différents degrés... Les Nusayris arabes dans le sud de la Turquie et en Syrie sont théologiquement assez proches des alévis.

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Bibliographie

Cérémonie du djem Alevi, Jérôme CLER et Jean DURING. 
Baba Ilyas, Hadji Bektash et quelques autres, Claude CAHEN 
Le problème Kizilbash, Iréne MELIKOFF 
Sur les traces du soufisme turc, Iréne MELIKOFF 
L'autre Turquie Le mouvement aléviste et ses territoires, Elise MASSICARD, PUF, 2005.