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"Les Indes Galantes" - Jean-Philippe Rameau, danse des sauvages

"Les Indes Galantes" - Jean-Philippe Rameau, danse des sauvages

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C'était à l'Opéra Garnier à Paris ! Rameau exploite ici le thème de l'exotisme dans l'art en le transposant aux Indes très approximatives en ignorant ou en ne se préoccupant pas s'il se trouvaient en Turquie, en Perse, au Pérou ou encore chez les Indiens d’Amérique du Nord. On peut qualifier les Indes Galantes comme étant une œuvre d'art exotique (du grec exôtikos) non pas à cause de la seule présence d'éléments étrangers, mais lorsqu'elle est inspirée par les émotions provoquées par l'évocation de pays étrangers ou par leur contact, en particulier par certains pays comme ici avec les Indiens d'Amérique ! La gamme de ces émotions peut aller de la fascination pour des coutumes inusitées et bizarres (aspects qui ont frappé les premiers la fantaisie des Européens).  Cette vie, Rameau l'imagine dans un Orient (qui est en réalité un Occident que les rapports des voyageurs  de l'époque leur faisaient supposer plongé dans une atmosphère excitante.  Dans cette pièce, l’intrigue est tenue par des petits drames qui servent à introduire un « grand spectacle » où les costumes somptueux, les décors, les machineries, et surtout la danse doit tenir un rôle essentiel. Les Indes Galantes symbolisent une époque bercée dans l'insouciance, raffinée, vouée aux plaisirs et à la galanterie du monarque Louis XV et de sa cour. Cet opéra-ballet en un prologue et quatre entrées a été exécuté d'après le livret de Louis Fuzelier. 1ère entrée : le Turc généreux, 2e entrée : les Incas du Pérou, 3e entrée : les fleurs, fête persanne, 4e entrée : les Sauvages. Il existe également une transcription pour clavecin écrite par l'auteur en 1785.

« Il y a un côté très physique dans cette musique que j’aime beaucoup, avoue William Christie, la danse y est présente partout. Les Indes galantes est une œuvre qui procède du goût marqué pour l’exotisme dont témoignait toute cette époque. La Chine, le Japon, les Amériques, étaient des pays lointains, inconnus, dont la fascination était entretenue par de nombreux récits de voyages. On pouvait faire figurer dans cet imaginaire tout ce qui était défendu par la morale et la société occidentales. A travers cette œuvre, Rameau s’affiche comme un homme de son temps, répondant aux attentes d’un public avide de nouveauté. Grâce à ses quatre “entrées” différentes, l’œuvre nous fait voyager de Constantinople (Le Turc généreux) à Lima (Les Incas du Pérou), en passant par la Perse (Les fleurs) et la Louisiane (Les sauvages). Et, au-delà de ces évasions merveilleuses, chaque acte nous touche par l’humanité authentique qui habite les personnages. »
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Danse des sauvages, de l'opera-ballet Les Indes Galantes by Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
William Lincoln Christie - né le 19 décembre 1944 à Buffalo (État de New York)- dirige ici avec force et énergie  Les Indes galantes qui suscite toujours le même enthousiasme de la part du public. Il en rajoute, au moment des applaudissements, lorsque les artistes reprennent en choeur la fameuse danse des sauvages, emmenés par un William Christie déchaîné qui n’hésite pas à jouer lui-même aux indiens et à se plier aux exigences de la mise en scène. Ce petit jeu déclenche le délire du public, et à juste titre.
William Lincoln Christie est un claveciniste et chef d'orchestre d'origine américaine, naturalisé français en 1995. Il est considéré comme pionnier de la redécouverte de la musique baroque en France. La formation et l'insertion professionnelle des jeunes artistes sont également au cœur de ses préoccupations qui a révélé en vingt-cinq ans d'activités plusieurs générations de chanteurs et d'instrumentistes.