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Le ridicule m’a tuer ! - Salah Elayoubi (suite à l'Affaire Moncef Belkhayat)

Le ridicule m’a tuer ! - Salah Elayoubi (suite à l'Affaire Moncef Belkhayat)

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En politique, contrairement à ce que le proverbe avance, le ridicule tue ! La malhonnêteté, aussi !

Il n’y a qu’à voir le déluge d’attaques subies par Moncef Belkhayat,  qui a résolument décidé de scier la branche sur laquelle la transhumance politique,  l’opportunisme et le népotisme l’ont assis, pour s’en convaincre.

Suite à l’article du journal,  « Al Ittihad Al Ichtiraki » et à la pluie de posts sur la toile, à propos de la fameuse affaire de l’Audi A8 de location, le ministre s’est fendu d’une déclaration, pour dit-il, « couper court à toutes ces attaques malsaines, qui sont le fruit de manœuvres politiques, qui ont déjà commencé, et qui n’ont pour seul objectif que de nuire à mon image, ma respectabilité et mon honneur. »

Cette lamentable déclaration, une de plus, dont le ministre aurait pu faire l’économie, appelle une  réponse de  notre part. D’autant que lorsque ce dernier parle de manoeuvres politiques, il en oublie qu’il est, désormais,  passé en tête de liste, des amateurs de l’exercice.

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Lorsqu’on prétend à un minimum de respectabilité et d’honneur, on évite de parader dans une voiture à 1.300.000 dirhams,  lorsque le commun de ses compatriotes, y réfléchit à deux fois,  avant de contracter le crédit qui lui permettra de boucler ses fins de mois, de pourvoir à la panne de son frigo, à la rentrée scolaire de ses enfants ou à des soins de santé exceptionnels.

Sans aller jusqu’à l’inviter à imiter les ministres des démocraties du Nord,  qui empruntent les transports publics ou le vélo, je lui recommanderais, à tout le moins,  de prendre exemple sur  notre plus proche allié, la France, cinquième puissance économique mondiale, et dont les ministres utilisent des voitures françaises, dont le prix est jusqu’à trois fois moindre que celui des berlines allemandes, en usage auprès de nos ministres.

Quant à l’image de lui-même, et dont semble se soucier notre ministre, il  n’a jamais eu besoin d’aide pour l’écorner, tant son parcours, ses prises de position et ses déclarations qui ne sont  qu’incohérence, absurdité et bêtise, s’en sont chargées.

Comme lorsqu’après avoir cédé à la pression insoutenable, et résilié le contrat de bail du véhicule, il sonne la charge, au pied levé, contre ses confrères du gouvernement,  en les dénonçant, dans son fameux message :

-       « Je vous informe aussi à travers cette tribune que j’utilise dorénavant pour mes déplacements professionnels ma voiture personnelle et j’attends que les ministres socialistes fassent pareille. » (sic)

La puérilité de l’attaque n’aura échappé à personne. Elle nous renvoie l’image d’une cour de récréation enfantine, où le garnement, surpris en flagrant délit, dénonce ses camarades, dans l’espoir de faire oublier ses propres errements.

Mais non content de se limiter à cette mise au point,  où l’hypocrisie le dispute à l’outrecuidance,  notre ami, résolument réfractaire à toute logique, reprend du poil de la bête, quelques jours plus tard,  et  ordonne à ses services compétents, de commettre un communiqué, stipulant que le contrat, dont une copie circule sur Internet, serait un faux.

Encore quelques jours de patience et notre ministre niera jusqu’à l’existence de la fameuse Limousine.

Comme il a nié avoir un quelconque lien de parenté avec Mohamed Kettani, Directeur-Général de Bull Maroc et adjudicataire du marché informatique du ministère.

Comme il a nié tout lien de parenté avec Samia El Ghassal, épouse Benlemlih, l’architecte qui a engrangé, d’un seul tenant,  les projets de cinq centres socio-sportifs lancés par le ministère.

Comme il a nié toute responsabilité, dans le choix du sélectionneur de l’équipe nationale de football.

Notre ministre qui feint de s’offusquer d’être pris à parti, n’a, en réalité,  que ce qu’il mérite. Au lieu de rendre à ses compatriotes ce qu’ils lui consentent en salaire, notes de frais  et primes exorbitantes, notre ami passe le plus clair de son temps à surfer sur la toile, à se mettre en scène sur facebook, à se produire dans des conférences, où sa présence est sans intérêt, à sillonner les routes et les airs, à tenir tables ouvertes dans les restaurants et les palaces urbi et orbi.

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Le tout aux frais de l’Etat

Le cas de Moncef Belkhayat est loin de constituer une exception, tant une chape d’impunité semble s’être étendue à tous les niveaux de l’Etat marocain, qui, pendant que notre pays ressemble, de plus en plus, à une cour des miracles, prend, lui, des allures de foire d’empoigne, où nos élites, qui ont, depuis longtemps, pris leurs distances avec l’image respectable du responsable politique, se rapprochent plus de celle  du mafieux en goguette.

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