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Le Melhoun : Un grand témoin de la bataille entre l’Orient et l’Occident

Le Melhoun : Un grand témoin de la bataille entre l’Orient et l’Occident

Le Melhoun, expression du génie marocain. Tel a été le thème de la conférence organisée, le mercredi 1er septembre, à la Villa des Arts de  Casablanca. Fouad Guessous, un ancien cadre de la banque a animé cette rencontre. Passionné par cet art et ce patrimoine purement marocain, il était là pour évoquer l’histoire du Melhoun, sa genèse, mais aussi pour dévoiler jusqu’à quel point cet art représente le génie marocain. Cette conférence a été scindée en deux parties sur deux semaines, puisque le mardi 7 septembre, le même Fouad Guessous s’attellera à parler du Melhoun en tant que miroir de la société marocaine. Durant ce premier volet de la conférence, le public présent quoique peu nombreux apprendra que le Melhoun vient de Lahn traduisez «composition» et qu’il est né il y a cinq siècles dans le Tafilalet au Sud du Maroc. Son évolution s’est faite de manière progressive jusqu’à atteindre d’autres régions et villes du Maroc. Le Melhoun s’est réellement bien développé durant le règne des Almohades avant de connaître une période de léthargie. Fouad Guessous qui a traduit en français une centaine de textes de Melhoun, explique que cette léthargie est due à un conflit des siècles. «Le Melhoun a, pendant un moment, subi l’hostilité des érudits et la suspicion de savants orientalistes qui voyaient en cet art une voie vers le libertinage».

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Pour rassurer l’assistance, le conférencier déclare que le Melhoun a vite dépassé cette crise pour devenir une poésie purement marocaine et reconnue comme telle. «Le grand érudit Ibn Khaldoun avait lui-même dénoncé le peu d’intérêt envers le Melhoun et considérait que cet art devait être apprécié à sa juste valeur». Fouad Guessous témoigne cependant qu’il y a eu un regain d’intérêt a partir du 20e siècle. « Il y a eu des chercheurs qui à cette époque ont commencé à s’intéresser au Melhoun et même aujourd’hui je remarque que dans les universités, on retrouve de plus en plus de thèses qui sont rédigées sur les poètes du Melhoun». Fouad Guessous précise, à ce propos, qu’il y a souvent une confusion qui est faite entre les poètes et les chantres. «Hussein Toulali est un chantre du Melhoun et non pas un poète, il interprétait les textes des grands auteurs, mais souvent les gens ont tendance à le présenter comme un poète de Melhoun» souligne Fouad Guessous. Ce dernier regrette que plusieurs éditeurs de CD ne précisent pas le nom du poète, auteur du texte interprété par les chantres. Autre sujet évoqué durant cette conférence, c’est le fait que le Melhoun a été le témoin de la bataille et de les luttes intestines qu’il y a eu entre le Maghreb et le Machreq durant 12 siècles. «Cette lutte fratricide a favorisé l’essor de la poésie marocaine» rappelle-t-il. Le Melhoun a donc été le moyen d’assurer une place au Marocain qui a voulu s’éloigner de l’hégémonie orientale. Autre aspect qui a attiré l’attention de Fouad Guessous durant ses multiples recherches sur le Melhoun, c’est que contrairement aux autres cultures et autres légendes, l’amant finit toujours par retrouver sa bien-aimée dans les histoires relatées à travers les textes de Melhoun. «Dans le Harraz, l’amant finit par retrouver sa bien-aimée». Pour Fouad Guessous, quand on lit un poème de Melhoun où quand on  l’écoute on a l’impression d’être au théâtre.

Texte original Le Soir

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