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Le malhoun, art musical en déclin ?

Le malhoun, art musical en déclin ?

Le «Malhoun» a connu un déclin en raison du peu d’intérêt qui lui était accordé, mais surtout au manque d’études approfondies qui lui étaient consacrées. «La préservation du patrimoine au Maroc se limite à des débats sur des écrits traditionnels n’ayant aucun lien avec le Melhoun et la poésie populaire», aime à souligner le professeur et chercheur Khorchafi Azzedine de l’Université de Fès qui a précisé que des œuvres n’ont pu être sauvées «que grâce à leur conservation dans des manuscrits ou grâce à des amateurs qui ont pris l’habitude d’apprendre les textes pour les chanter». La perte de vitesse actuelle pourrait provenir des nombreux ajouts apportés aux textes et l’introduction d’instruments de musique modernes qui imposent des adaptations pour les besoins de la gamme. La pénurie de poètes ou de paroliers n’est pas le lot du seul malhoun, mais de la chanson marocaine en général, mais Majda El Yahyaoui soutient qu'il ne saurait en pâtir tant son répertoire se révèle inépuisable. Ce genre tente toutefois aujourd'hui de se renouveler. Après le travail de Nass El Ghiwane qui a révolutionné la musique marocaine, puis c'est au tour de Jil Jilala et plus récemment à travers le rap (Fnaïre). Toutes ces formations ont tenté de le rendre plus accessible, mais si peu authentique. Actuellement, il y a des jeunes qui apprennent par cœur les « qsaïd ». Toutefois, des craintes font croire que si jamais ils ne trouvent pas l'appui nécessaire et l'encouragement qu'ils méritent, ils pourront abandonner ce genre musical.

Said el Meftahti explique : que sa conservation ne doit pas consister à le placer dans un musée et à l’exposer comme s’il représentait tout ce qui nous reste du passé. Nous devons bien plutôt le considérer comme le point de départ d’un parcours intellectuel reliant les différentes époques, parcours caractéristique du Maroc. Il ne nous est pas permis d’arrêter la marche du Malhoun en ce début du XXIe siècle, il rajoute Le Melhoun est un genre littéraire poétique ancien et nouveau. Pourquoi nouveau ? Parce qu'à ce jour, des poètes bien de notre temps évoquent encore et encore des thèmes immémoriaux qu'ils se font un devoir de transmettre au genre humain. L'on distingue aussi bien les chantres du Melhoun dans les grandes écoles certes mais il en est d'autres qui ont appris aussi à l'Ecole de la Vie. Ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont vu a été mis en poésie pour servir à d'autres, pour servir l'Homme. Ils nous ont laissé un héritage fabuleux de beauté et de sagesse. C'est pourquoi je voudrais tant que cet Art soit connu de tous car il parle de tous et de chacun. C'est une forme musicale basée sur une qacida (poème) composée de vocabulaire mêlant l'arabe classique vulgarisé et le dialecte marocain. La musique du Melhoun inspirée de l'arabo-andalou, s'est fortement imprégnée de son identité marocaine.