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Le Mahjouz, genre musical populaire de Constantine

Le Mahjouz, genre musical populaire de Constantine

Le "Mahjouz" est un genre musical populaire algérien qui dérive de la tradition musicale du Malouf constantinois en empruntant ses modes mais avec des rythmes différents accompagnés de textes chantés en arabe populaire algérien

Le mot mahjouz signifie « hajaza » « en français : retenir ». Ce genre de chant s'exécute sur un rythme vif (6/4 ou 6/8 à tempo allegro (112 - 160 pulsations/minute) au début, puis accéléré jusqu'à presto (140 - 200 pulsations/minute)) et généralement dans une tonique (qafla) aiguë. Il est fortement scandé. Il arrive souvent que l'orchestre du malouf interprète du " mahjouz" mais la seule différence réside dans le fait que généralement le "fhel" (la petite flûte) est remplacée par la "zorna"(instrument de musique de Turquie qui ressemble tant par la forme que par la sonorité puissante au haubois).

Presque tous les textes chantés dans Le mahjouz sont puisés dans le répertoire des poètes populaires du sud-est constantinois de l'époque. La poésie du mahjouz inspire le divertissement, très demandé lors des occasions festives.

D'après Mouats Hafid, musicien de Skikda, le dérivé du Mahjouz est le « Mahzoun » dont ses textes nous renvoient à la mélancolie et au chagrin « elhozn ». On peut classer par exemple le titre intitulé « galou laârab galou » (en français : les arabes ont dit)  dans le mahzoun, mais avec une structure différente que le mahjouz.  Ce texte célèbre dans le mahzoun est un thrène (chant funèbre) dont l'auteur est anonyme car il a été écrit durant la présence turque en Algérie. Ce texte est un hommage posthume dédié à Salah Bey ben Mostefa de Constantine (1771-1792) qui fut exécuté (étranglé) sur ordre du dey d'Alger en 1792. Ce texte décrit avec minutie étonnante les étapes qui ont précédé l'exécution de Salah Bey: de sa capture, jusqu'au moment où ils l'ont présenté publiquement avec les mains enchaînées.

Mohamed Tahar El Fergani, grand maître de la musique constantinoise a interprété d'une manière magistrale le mahjouz " galou laârab galou" dans le mode musical "zidane".

 

Autres textes 

  • "El achiq" qui signifie en français : l'amoureux
  • "El boughi" qui signifie en français: celui qui désire une femme.
  • "men djet fourgtou fi bali" : signifiant approximativement en français : celle dont la séparation occupe mon esprit. 

http://www.setif.com/photos/saadoun.jpg

Le zendali est un chant et un air de danse (destiné aux femmes) dans le genre mahjouz. 

La musique staïfi (genre populaire sétifien) emprunte également au rythme zendali, tout comme en Tunisie,  il existe un chant zendali (absent de la radio et de la télévision) est réputé comme le chant des taulards et est relégué aux oubliettes de la musique, comme le fut le mezwed.

 

Zjoul

"La poèsie des "zjoul " fait le plus souvent référence à la nature dans toute sa diversité et toute sa splendeur"Salah Masmoudi

Il existe à Constantine un autre genre majeur de la musique arabo-andalouse qu'on appelle les "zjoul" dont la pratique est aussi lointaine à constantine que la nouba. Les textes des zjoul sont soutenus par une musique andalouse au rythme monocorde et égal pour se terminer par une envolée élégante et rapide.

En plus des instruments de l'orchestre, le rythme est accentué par les frappes des mains qui accompagnent le chant. Les textes des "zjoul" sont en arabe dialectal très raffiné de la grande civilisation andalouse, bien que la majorité des textes sont d'origine maghrébine de l'époque. Les grands maîtres des "zjoul" du 20ème siècle ont pour noms: Cheïkh Hassouna (de son vrai nom: Ali Khoudja) et  Maâmmar Barrachi.

Les plus grands poètes algériens de l'époque dont les textes ont été chantés dans la musique arabo-andalouse ont pour noms: Ibn Qanfoud  le constantinois et Ibn Khamiss le tlemcenien. 

 

Voir aussi 


Source