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Last night in Occident

Last night in Occident

Telle est en toute chose l'opposition constante de l'Orient et de l'Occident : l'Orient invente et conserve, l'Occident applique et perfectionne.  (Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d'Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8)

 

L'emploi du mot et du concept d'Occident repose le plus souvent sur l'idée sous-jacente d'une civilisation commune à cette zone et sur une opposition sémantique entre l'Occident et, soit le reste du monde, soit une ou plusieurs autres zones géographiques (notamment les oppositions Occident / Orient et Occident / Bloc communiste).

Un problème de repère se pose, lorsque l'on consulte une mappemonde. En effet, on est soit plus à l'est soit plus à l'ouest de ceux qui nous " entourent " : Par exemple, si on prend l'Europe au centre de la mappemonde, les USA sont à l'ouest et la Russie, la Chine et l'Inde sont à l'est. En revanche, si l'on prend les USA au centre de la mappemonde, les repères changent, en conséquence.

En effet, le terme d'Occident est un terme "piège" ou "singulier" concernant seulement la géographie. Pour cela, deux exemples sont éloquents :

  1. Le Maroc, situé à l'Ouest de l'Occident, ou le monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe.

    La première définition de l'Occident vient des Anciennes Civilisations : En effet, toutes les Anciennes Civilisations avaient déjà une définition métaphysique commune de l'Occident et de l'Orient. L'Orient avait pour connotation symbolique la Naissance ou la Génération pour vouloir montrer la levée du jour par le lever du Soleil à l'Est. En revanche, l'Occident était interprété comme la Mort, ou le crépuscule, de par le coucher du Soleil à l'Ouest. On retrouve cette définition aussi bien dans la Civilisation Egyptienne que Greco-latine ou Celte.

    Par la suite, la définition du terme « Occident » provient de la division de la chrétienté en deux, pendant le Moyen-Age : l'empire d'Occident, et l'empire d'orient de rite byzantin. Par rapport à l'époque précédente, la définition de l'Occident a complètement changé de sens, puisqu'elle a abandonné le caractère métaphysique initial, énoncé précédemment, et est devenue une définition plus politique et religieuse.

    Ces termes sont renforcés, lors de la Guerre froide, par les vocables Europe de l'Ouest ( USA ) et Europe de l'Est (URSS). Mais, du fait de l'effondrement du communisme, les Etat-nations « orientaux » mais européens ont rejoint l'Occident.

    L'extension de l'espace considéré a varié au cours de l'histoire de l'Humanité. Ainsi au tournant du XXIèmesiècle, on admet communément que l'Occident regroupe l'Europe et l'Amérique du Nord. On y adjoint aussi souvent l'Australie et la  Nouvelle-Zélande,  et dans certains cas l'Afrique du Sud.

    Etre occidental ou occidentalisé, c’est avant tout épouser une façon de penser qui ne correspond pas à un continent particulier, ni à une nation ou religion spécifique. L’erreur de Huntington, me semble-t-il, a été d’enfermer l’Occident dans des frontières nationales, alors qu’il n’existe pas de carte de l’Occident.

    Les sociétés occidentales se sont bâties en cherchant le contact avec autrui, en accueillant des immigrants, en laissant une large place au débat public, en laissant une assez bonne liberté aux gens et en faisant de l'éducation une priorité. Cette société à du s'adapter plus que d'autres sociétés en choisissant plus ou moins consciemment d'accepter les individus tels qu'ils étaient. Les immigrants, en venant vers nous, ont dû aussi s'adapter et ont ainsi permis à nos sociétés d'intégrer de nouveaux éléments et de rester en mouvement. Certes, il y a eu des abus, il y en a encore et il y en aura probablement toujours. Mais le bilan des sociétés occidentales est malgré cela largement positif.  

    Etre occidental, c'est d'abord est un état d’esprit que l’on pourrait définir par 3 caractéristiques fondamentales que l’on retrouve difficilement dans les civilisations orientales : lapassionpour l’innovation, lacapacité de l’autocritiqueet l’éga France et de l'Espagne, est pourtant un pays oriental, en raison de la continuité musulmane et maghrébine en Afrique du Nord.
  2. La Nouvelle Zélande et l'Australie, pourtant situés, en Asie du Sud Est, sont des pays occidentaux, en raison des liens avec la Grande-Bretagne, d'une part, de l'organisation politique et économique, d'autre part, et des influences culturelles et religieuses, en troisième lieu.

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Le Choc des civilisations

Depuis la fin du XVIIIème siècle, l’Occident a imposé son hégémonie sur le monde musulman et sur l’ensemble des Trois continents. Partant à la conquête du monde, afin d’exporter leurs capitaux et leurs idéaux, « les bourgeois conquérants » occidentaux ont assujetti les peuples d’Asie et d’Afrique. L’invasion de l’Egypte par les armées de Bonaparte, la colonisation de l’Inde par l’Angleterre, la conquête de l’Algérie puis de l’Afrique subsaharienne et de l’ensemble du Maghreb ont marqué l’avancée inexorable des armées occidentales. Le démantèlement de l’Empire Ottoman au lendemain de la guerre 1914-1918 a signifié la mise sous tutelle, directe ou indirecte, de l’ensemble du monde musulman.

L’opposition entre ces deux pôles qui représenteraient deux civilisations en conflit est une vue de l’esprit simpliste et dangereuse. Les deux entités sont parcourues par des dynamiques plurielles et l'on trouve, en Occident comme en Orient, des femmes et des hommes décidés à résister à la logique du rendement, de la productivité et du gain imposée par une « mondialisation » économiste et inhumaine. Les hommes de bonne volonté, juifs, chrétiens, humanistes et musulmans, doivent désormais faire face au périlleux défi de ne pas « se tromper d’ennemi » et agir ensemble pour défendre la dignité humaine.

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"L’Europe est parfois appelée le Vieux Continent, mais elle reste la mère de la civilisation moderne, le centre de la culture mondiale et l’incarnation de la conscience internationale. L’Europe, et surtout l’Europe occidentale, joue le rôle humaniste qui a fait sa réputation et combat le sous-développement en ouvrant grand les bras aux miséreux, aux maltraités et aux opposants pourchassés par des dictateurs.

Quand elle défend son identité et sa façon de vivre, nous n’avons pas le droit de nous en offusquer. Elle ne fait que défendre la démocratie et les libertés individuelles contre une pensée religieuse, celle de l’islamisme. Il faut être objectif pour comprendre les réactions de colère des Européens face à « l’assaut culturel et humain » musulman.

Au bout d’une ou deux générations, le monde entier, et le monde arabe en premier lieu, regrettera l’Europe telle qu’elle avait été jusque là. Celle-ci aura été transformée sous l’effet de l’immigration musulmane. Les Européens ont donc raison de s’inquiéter. Mettons-nous à leur place : dans les pays du Golfe, ne nous inquiétons-nous pas de l’influence exercée par les immigrés asiatiques sur nos propres modes de vie ?

Les ghettos musulmans prolifèrent autour des grandes villes européennes, le voile s’y est banalisé, le niqab y progresse jour après jour et les mosquées y attirent plus de monde que les églises. Il y aurait quarante cinq millions de musulmans en Europe, ce qui ne serait pas si grave s’ils voulaient vraiment s’intégrer. Or beaucoup soutiennent le principe des attentats, les crimes d’honneurs sont courants et les femmes se voient souvent traitées par leurs familles comme si elles étaient encore dans leur pays d’origine.

C’est effrayant de voir que ceux qui ont fui les dictatures politiques, militaires ou religieuses voudraient transformer l’Europe en quelque chose qui ressemblerait à ce à quoi ils cherchaient à échapper.

Nous écrivons cela simplement afin de nous élever contre la victimisation qui accompagne la défense du droit des musulmans à vivre conformément à leurs convictions. Cela est d’autant plus inacceptable que nous-mêmes, dans notre propre pays, nous refusons à toutes les minorités, y compris aux Européens, de simplement respirer et ne cessons de vouloir leur imposer nos choix."

Source : Ahmed Al-SarrafAl-Qabas, journal koweïtien, via Chrétienté.info, 24 juillet 2010 


Bibliographie

Pistes de lectures: