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Qasida de malhoun « Lafjar » de Mohamed Ben Sghir

Qasida de malhoun « Lafjar » de Mohamed Ben Sghir

Le malhoun à Essaouira a connu des jours fastes au XIXème siècle avec son représentant le plus illustre Mohamed Ben Sghir. Selon le chercheur illustre du patrimoine du malhoun. Ahmed Souhoum, Mohamed Ben Sghir représente un chaînon fort du malhoun et de la tradition poétique souiri de ce siècle. Ce maître était un adepte de la confrérie des aissaoua pour laquelle il a composé plusieurs chants religieux (adkar). Sa poésie d'une extrême finesse épousait la culture de son époque. Néanmoins la richesse de ses textes et de son répertoire lui on valu une grande notoriété dans tout le Maroc et ce jusqu'à nos jours. Parmi ses célèbres qaçaïd on peut citer en particulier Lafjar (l'aube); achamâa (la bougie), al falaka (la punition), al kasbah et al warchane (la colombe). Al Warchane est un véritable hymne à l'amour de l'auteur pour sa ville natale, poésie dans laquelle la colombe d'Essaouira effectue une longue pérégrination, imaginaire jusqu'à Tlemcen en Algérie après avoir rendu visite aux sept saints des régraga dans l'arrière pays des chiadmas pour recueillir leur bénédiction. Cette oeuvre intéressa Georges Lapassade.

Cette qasida intitulée  « 
Lafjar » (aube) de Mohamed Ben Sghir avait retrouvée dans un cahier daté de 1920 - en voici la traduction :

Vois le ciel au-dessus de la terre, source de lumière

Les habitants de la terre ne peuvent l’atteindre

Vois Mars, toi qui es indifférent

Sa beauté apparaît au monde clairement

Vois Mercure qui vient à toi, ô voyageur

Au dessus du globe, de l’ignorance étonnante

Vois Neptune qui illumine les déserts

Il a mis dans la création, le riche qui a tout.

Vois Saturne qui vient visiblement vers toi

Au-dessus des sept du secret parfait

Guerre des hommes, ô toi qui dort,

Vois le mouvement des astres

Ils ont éclairé de leur lumière éclatante, les ignorants.

Et sache la vérité si tu veux être pur

Lafjar (l’aube) qui t’advient d’une science illuminée

Prends ô toi qui m’écoutes Yabriz et Nikir

Celui qui règne sur le plus rusé des loups

Celui qui répond très vite au défi

Doit protéger les fauves

Est-ce que le hérisson peut aller à la guerre contre l’ogre ?

On connaît l’aigle parmi les faucons

Il craint le moindre bruit et les fauves au sommet des montagnes

En passant par les grottes Bendir Telemsani et son beau cortège

Dites à celui qui n’est ni faible ni vantard

Que Mohamed Ben Sghir est une épée dégainée.