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La musique arabo-andalouse sous les mérinides (1269-1471) et les wattassides (1471-1554)

La musique arabo-andalouse sous les mérinides (1269-1471) et les wattassides (1471-1554)

D’origine Zenata, les Mérinides vont mettre un terme à la dynastie Almohade à bout de souffle. Ils s’installent à Fès et constituent une véritable structure d’Etat qui va assurer la transition avec la monarchie marocaine à venir. Ils s’emparent de Marakech en 1269 puis de Sijilmassa en 1274. (source)

Ils fondent la ville jumelle de Fès en 1276. Fès la Blanche regroupe palais, mosquée, madrasa, bains maures, magasins et quartiers spécialisés. Les Juifs de Fès sont alors transférés dans le nouveau quartier de Mellah. Le Rwad al Qirtas (le Jardin des Pages) est le premier ouvrage relatant l’histoire de Fès en retissant un lien entre son premier fondateur, Idris II et les Mérinides. Cet ouvrage comprend de nombreux détails sur l'ensemble de l'empire du Maroc dans la péninsule ibérique et l'Algérie.

Idris II était malikite et descendant du Prophète. La nouvelle dynastie s’emploie à restaurer le malékisme qui s’implante durablement, de même que la langue arabe et le culte des saints.

Le sultan mérinide Abou Yâqoub Youssef avait instauré la tradition de célébration de la date anniversaire du Prophète de l’Islam (appelée Al Mouloudia), donnant ainsi l’opportunité aux compositeurs et musiciens de créer dans le domaine du chant religieux (Samaâ) qui est un principe soufi qui permet d’atteindre certains états spirituels à travers une cérémonie religieuse dans laquelle la musique sacrée est un moyen et non une fin en soi. C'est une expression sincère des états les plus purs du cœur. Ses thèmes tournent autour de l'amour de Dieu et de son Prophète et les grandes idées soufies. Ils véhiculent et communiquent à ceux qui les écoutent des significations subtiles et une aspiration spirituelle qui orientent les esprits vers la source divine. Ils suscitent chez celui qui se trouve en état d'ouverture et de réceptivité spirituelle (hâl), des états intérieur qui correspondent à ce que les soufis nomment émotions extatiques (ahwâl). Il est appelé samaâ pour son caractère psalmodique non instrumental, par opposition à la nouba andalouse appellée aussi al ala (l'instrument), cependant le samaâ suis les grandes tradition de la nouba andalouse. Il s'agit donc d'une tradition de concert mystique, d'écoute spirituelle de musique et de chants dans une forme plus ou moins ritualisée. Cette expérience musicale extatique, c’est le mystique persan Jalal Ud Din Rumi (Mevlana) qui dès le XIIIe siècle initia et encouragea cette pratique.

Ces célébrations ont permis l’éclosion de plusieurs auteurs et paroliers ou Jazaline, spécialisés dans la poésie et le Jazal conçu pour être chanté, notamment Malik Ibn Mourhal, Ibn Qazzam le maître de des jazaline, le parolier soufi Chechtari ou encore Ibn Zamrak, disciple du grand poète andalou Ibn Al Khattib.

Selon le musicologue Ahmed Aydoun, dans son ouvrage Musique du Maroc (édition EDDIF, page 30), Le Jazal est une forme de versification intermédiaire entre le mouwashah et le parler andalous. C’est un genre assis et développé par Ibn Qozman (mort en 1159), et depuis, il est en vogue en Andalousie et au Maroc.

A la fin du règne Mérinide et au début de l’ère Wattasside, la vie politique traversa, comme dans une transition, une période de trouble et  d’instabilité, aggravée par la propagation d’une terrible épidémie de peste.

Cette situation alarmante n’a pas manqué d’affaiblir l’élan artistique et culturel, d’autant plus que les préoccupations majeures étaient de défendre les côtes atlantiques du Maroc contre l’envahisseur portugais. Le jihad était organisé et dirigé à partir des zaouïa où les psalmodies et les incantations religieuses étaient pratiquées jour et nuit. Par ailleurs, la tradition musicale était également préservée par les ethnies juives du Maroc qui pratiquaient le chant et la musique pendant le shabbat hebdomadaire et à l’occasion de la célébration des fêtes religieuses juives.