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La musique arabo-andalouse sous les almoravides (1055-1147)

La musique arabo-andalouse sous les almoravides (1055-1147)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c2/Almoravides_Carte.png

L’Occident musulman était pour les historiens arabes toute cette aire géographique qui englobait l’Afrique du Nord (le Maghreb) et l’Al-Andalus ; ces deux rives ont connu une véritable symbiose culturelle que peuvent encore attester des œuvres et des lieux. 

Au IXe siècle, une rivalité entre deux solistes de Bagdad, Ishaq Mawsili et Ziryab, provoque le départ de Ziryab pour le Maghreb et l'Espagne musulmane, où il est accueilli à Cordoue par le calife omeyyade. Ziryab, muni d'un ud à cinq rangs et créateur d'une école rationnelle de musique, aurait ainsi favorisé l'essor de la musique arabo-andalouse, illustrée par vingt-quatre « suites » (nawba). Au XXe siècle, cette musique survit au Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie). Elle a conservé des aspects archaïques et ne module pas, restant dans un mode unique durant le déroulement de la « suite ». Afin de pallier les imprécisions dues aux périodes coloniales, il importe de bien restaurer son esprit et sa technique avant de la diffuser.

Également amorcée à Bagdad et développée en Andalousie au IXe siècle, une réforme de la prosodie conduit à une nouvelle forme poétique, le muwachchah, qui, supplantant l'ancienne qasda, est encore considéré au XXe siècle comme le symbole du classicisme arabe musico-poétique, sous forme de longues suites modulantes appelées fasil ou wasla, et présentant de nombreuses variantes locales.

 

Le règne des almoravides a été marqué d’une part, par l’unité politique entre le Maroc et l’Andalousie et d’autre part, par une période de stabilité sociale propice au brassage des cultures et leur interpénétrations, favorisant et stimulant la création artistique dans les deux rives.

Ainsi fut développée l’art du Tawshih considéré comme la base du chant et de la composition musicale. Les mouwshahat ou poèmes chantés étaient de véritables œuvres d’art panégyrique, dédiées aux gouverneurs almoravides de l’Andalousie.

On peut citer parmi ces célèbres ouashahines, Yahia Ibn Baqi, Al Aama Attoulaitili, Ibn Hazmoun Al Mourssi ou Abou Bakr Labied.

Si les gouverneurs almoravides étaient préoccupés, beaucoup plus par la stabilité politique et la sécurité dans les provinces andalouses, il n’en demeure pas moins qu’il ont favorablement accueilli les artistes et les musiciens dans leurs cours.

Ibn Baja, grand érudit et philosophe, était également musicien et compositeur. Il était un habitué des cours, notamment du prince almoravide de Séville, Abou Bakr Ibn Taflalout, qui s’attacha ses services. Ibn Baja quitta l’Andalousie pour s’installer à Fès pendant vingt ans avant de mourir assassiné.

Son passage au Maroc a contribué au développement de la musique marocaine. Cet effort se poursuivit avec un disciple de Ibn Baja Al Hassan Ali de Grenade, qui à l’instar de son maître, est venu s’installer au Maroc.

La densité culturelle de cette époque est peut-être sans commune mesure avec les sources écrites connues actuellement. Il nous faudrait d’autres méthodes d’investigation pour dépasser l’indigence des informations ; il est possible de questionner les lieux, les détails architectoniques, les sources chrétiennes et juives de l’époque et mener un travail collectif de restauration du passé almoravide.

L'euphorie de la symbiose judéo-arabe, sans pareille dans l'histoire, fut assombrie par les hordes des Almohades, présenté comme une secte de fanatiques issue de tribus berbères des plateaux de l'Atlas au Maroc au début du 12ème siècle. Sous la conduite d'un intégriste puritain nommé Mehdi Ibn Toumert, ils furent soutenus par les masses populaires misérables, exacerbées par les famines fréquentes qui ravageaient la région. 

La musique arabo-andalouse sous les almohades (1147-1269)