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La musique arabo-andalouse sous les almohades (1147-1269)

La musique arabo-andalouse sous les almohades (1147-1269)

Il est communément établi que l’Etat almohade a été bâti sur des bases dogmatiques et religieuses faisant la part belle à l’abstinence et à la rationalité.

Aussi, n’est-il pas surprenant de constater que le fondateur de cette dynastie, Mehdi Ibn Toumert, avait banni la musique et passa à l’acte en ordonnant la destruction des instruments de musique existants. Avant son décès, le fondateur avait été rejoint par différentes tribus berbères de l'actuel Maroc; il avait organisé et structuré son armée afin de la préparer à un conflit ouvert et déclaré avec les Almoravides.

Cette politique destructrice a été malheureusement poursuivie par ses successeurs, sans pour autant que la prohibition exagérée ne mette en péril l’existence de la musique et du chant surtout en Andalousie qui couvait et protégeait ses artistes.

Au Maroc, le chant a emprunté la voie détournée du soufisme pour se consacrer aux incantations religieuses et au chant pieux (Madih), évoquant Dieu et son Prophète.

Cependant sous le règne de Al Mansour Adddahbi (le doré), une reprise artistique a été enregistrée essentiellement à Séville. Cette renaissance a eu raison de la censure pratiquée par les almohades pour amorcer à la normale et à la liberté de la pratique de la musique, à telle enseigne qu’une esclave chanteuse ou Qyna, n’avait de valeur marchande appréciable que si elle excellait dans le chant ou la danse. Cette valeur était rehaussée si, en plus, elle jouait d’un instrument, ce qui lui conférait le droit et le privilège de choisir ses accompagnatrices.

La venue des tribus hilaliennes en Afrique du Nord sous les Almohades a eu pour conséquence de féconder la musique, cela avait donné naissance à la poésie chantée dite «Chi’r al-Malhoun» laquelle devait sceller la communion arabo-berbère.

Le poème écrit en zajal (زجل) est enrichi de mélodies populaires, cette création va donner naissance au Malhoun.

L'art Almohade marquait l'apogée artistique du Maghreb. Il se caractérise par une épuration des formes traduisant la rigueur religieuse. C'est l'affirmation des formes géométriques qui se retrouvent également dans le domaine de l'architecture (les constructions de bâtiments sont massifs mais allégés par des décors. Le tout donne un effet de majesté). Ils sont les les bâtisseurs de villes comme Ribat el Fath (Rabat) et cette époque  constitue un point fort de l'union culturelle entre Maghreb et Andalousie. A une grande rigueur religieuse correspond également un déploiement des sciences. A cette époque, la différence entre culture citadine des élites et culture plus frustre des tribus s'affirmait de plus en plus.

La fin de règne des almohades coïncida avec le début de la fin pour la présence arabe en Andalousie et la prise successive des principales villes, Cordoue, Séville, Valence et Grenade, ce qui précipita la ruée en Afrique du Nord de centaines de musiciens, chanteurs, compositeurs, ou interprètes, juifs et arabes apportant avec eux une richesse artistique considérable.

La musique arabo-andalouse sous les almoravides (1055-1147)

La musique arabo-andalouse sous les mérinides (1269-1471) et les wattassides (1471-1554)