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La musique arabo-andalouse sous les alaouites

La musique arabo-andalouse sous les alaouites

En 1666, Moulay Rachid rétablit l'ordre, relance le commerce et choisit à nouveau Fès comme capitale. Après une longue période d'agitation dans la première moitié du XVIIIe siècle, la ville retrouvera son calme et son prestige au XVIIIe siècle, grâce à l'alliance de l'armée et des dirigeants de la vieille université de la Qaraouiyne, siège d'une véritable force politique. Concurrencée par l'activité économique naissante de Casablanca, Fès maintient son rayonnement religieux, intellectuel et commercial.

Les successeurs des saadiens ont hérité de leurs illustres prédécesseurs leurs intérêts pour les arts et particulièrement pour la musique. Sous cette dynastie alaouite, la musique arabo-andalouse jouit d'un mécénat qui favorise de nouveau son épanouissement et permet l'éclosion de nombreux talents remarquables. Des recueils de chants andalous font leur apparition; le plus célèbre est celui de Mohammed El Haïk, paru en 1789, et qui est resté, jusqu'au début de ce siècle, la principale source de renseignements sur la musique andalouse.

Le sultan Ibn Aberrahman, a institutionnalisé l’enseignement de la musique en créant à Fès, la première école de musique instrumentale dite Al Ala.

Il a été imité par le sultan Moulay Al Hasan 1er qui créa une école similaire à Marrakech.

Cette musique ainsi que sa substance, le malhoun, connurent à cette époque une apogée qui s’enrichirent par les nouvelles possibilités de composition offerte par les rythmes du Darj et de Al Quoudam. Enfin, les grands maîtres de cet art jouissent de la protection des souverains alaouites et sont comblés par eux d'honneurs et de bienfaits.

Certains sultans alaouites étaient eux même adeptes de la musique Al Ala, notamment Sidi Mohamed Ibn Abdallah, fondateur de la ville d’Essaouira en 1764. Selon le diplomate danois George Host dans l’histoire de l’empereur du Maroc Sidi Mohamed Ibn Abdallah (1791), le sultan était un homme lettré. Il jouait lui-même de certains instruments de musique et écrivait de la poésie.

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Kunnash AL Haik (1789). manuscrit conservé à la bibliothèque de la famille Daoud de Tétouan

 

Selon Joseph Chetrit, le sultan Sidi Mohamed Ibn Abdellah alarmé par la disparition progressive de composantes progressives de la musique maroco-andalouse à cause de sa transmission essentiellement orale, fit appel dans les années 1780 à un grand maître Ibn Abdallah Mohammed ibn al-Hussein al-Haik (né à Tétouan, Maroc), pour qu’il fixe systématiquement par écrit les différents textes poétiques arabes qui servaient de support aux suites rythmiques et modales qui s’étaient conservées. Ce musicien réussit à réunir une anthologie de 11 noubat complète, classées selon leur cinq modes rythmiques en usage au Maroc, ainsi que des fragments subsistant d’autres noubat incomplètes, appelées de ce fait Noubat mortes. Il y consigna aussi les différentes couleurs modales de noubat et de modes rythmiques (mayazin) répertoriés indispensables à la conduite des séquences musicales rigoureusement organisées.

Mohammed al-Haik est un poète marocain et auteur d'un recueil de chansons (el-kunash) comprenant Noubas onze ans, qui a été transmis de génération en génération. Le recueil, écrit en 1789, comprend la notation musicale des chansons et est la plus importante source unique de la tradition primitive de l' Melhoun. Le livre a été réédité par Abdelkrim Rais en 1982.

 

musique arabo-andalouse (partie 1)

Le vingtième siècle donne une nouvelle impulsion à cette musique. Les Congrès de la Musique arabe du Caire (en 1932) et ceux de Fès (en 1939 et en 1969) ont été des occasions de rencontres très fructueuses entre les spécialistes de divers horizons. Ils ont surtout pour objectif de susciter des études comparatives à partir de différents répertoires et des publications d'enregistrements musicaux. Le travail des associations contribue lui aussi à faire connaître le répertoire de al-Âla. C'est sans aucun doute l'Association des mélomanes de la musique andalouse, fondée à Casablanca par Drîs Benjellún (1897 - 1982) en 1958, qui se révèle la plus féconde. En 1960, elle procède à l'enregistrement de huit noubat exécutées par les grands maîtres du Maroc commeMoulay Ahmed Loukili, Haj Abdelkrim Raïs et Mohamed Ben Larbi Temsamani, sous l'égide de l'UNESCO.

Par ailleurs, depuis la création d'un orchestre de musique andalouse, en 1952, la Radio Télévision Marocaine contribue activement à la diffusion du répertoire de al-Âla. Tout comme le Ministère de la Culture qui a réalisé une œuvre colossale en enregistrant de 1989 à 1992, l'Anthologie "al-Âla ".